‹ Etude sur l'hémimélieChapitre 20 sur 22 · DISSECTION DU MEMBRE · texte numérisé non relu

DISSECTION DU MEMBRE

Description des os.

A. — Bras. - L’humérus a sa conformation normale.

B. — Avant-bras. — Le radius et le cubitus ont la même gros seur que ceux de l’autre côté, leur longueur est diminuée, le cubitus mesure 3 centim. 1/2, le radius 2 centimètres. L’articulation du coude est normale.

Le corps du cubitus présente trois faces, il est renflé à son extrémité inférieure qui présente une petite apophyse à sa partie interne.

Le radius est situé en avant du cubitus, dans la position de pronation forcée. 11 offre une courbure dont la concavité regarde en dedans et en arrière, de sorte que son extrémité inférieure est relevée vers le cubitus qui se trouve situé un peu plus haut et sur un plan postérieur. Cette extrémité inférieure du radius est très épaisse et rappelle la forme normale de l’os.

Le radius et le cubitus sont très rapprochés l’un de l’autre leurs extrémités inférieures sont rattachées par un fort ligament qui représente le ligament triangulaire. Il existe une articulation radio-cubitale inférieure.

Description des parties molles.

Le biceps s’insère à la tubérosité occipitale. Le brachial anté> rieur s’insère à l’apophyse coronoïde du cubitus. Le triceps s’insère à l’olécrane.

Muscles de Vavant-bras. Les muscles de la région antérieure sont représentés par des masses musculaires qu’on peut diviser en deux groupes : l’un, superficiel, qui s’étend du bord interne de l’humérus et de l’épitrochlée à une tubérosité située sur la face externe du radius ; cette insertion se fait par un tendon ; l’autre, profond, qui s’étend de l’épitrochlée, de la partie supérieure des os de l’avant-bras et des vestiges de la membrane inter-osseuse à l’extrémité inférieure du radius et à la peau. Cette masse remplit tout l’espace situé entre le radius et le cubitus. Région externe : le long supinateur et les radiaux sont représentés par une masse musculaire, qui s’étend du bord externe de l’humérus et de l’épicondyle à la peau du moignon-

Le court supinateur s’étend de l’épicondyle à la tubérosité située sur la face externe du radius (insertions normales).

Les muscles de la région postérieure se confondent en par-

lie avec ceux de là région externe. Le tissu musculaire offre sa structure normale.

L’artère humérale se divise, au pli du coude, en cinq ou six petits rameaux qui se distribuent aux muscles et au tissu cellulaire.

Les nerfs étaient bien développés à l’avant-bras.

Le tubercule cutané ne recevait pas de filets nerveux apparents.

Examen de la moelle épinière.

A l’état frais rien à noter dans sa conformation extérieure. On constate la présence du renflement cervical, dont les deux moitiés paraissent également développées.

Les racines antérieures et postérieures des nerfs ne présent tent pas d’altération appréciable à l’œil nu, et il ne paraît pas y avoir de différence de grosseur entre celles du côté gauche et celles du côté droit.

Lorsque la moelle fut suffisamment durcie, on fit des coupes perpendicu'airement à son axe.

A un faible grossissement, la moitié droite est à la gauche comme 49 est à 52. Cette différence s’atténue de bas en haut ; elle se retrouve encore sur des coupes faites au-dessus du renflement. C’est surtout la substance grise qui est atteinte. Les cordons de Goll présentent la même largeur.

C’est principalement à l’union des trois quart supérieurs avec le quart terminal du renflement, que cet amoindrissement du côté droit est le plus évident.

Dans la partie moyenne du renflement les deux moitiés étant dans le rapport de 45 à 51, dans la partie terminale ce rapport devient 48 à 58, la différence réelle est de près d’un millimètre.

Il y a atrophie de la substance grise, les cornes antérieures

et postérieures sont, moins longues que du côté gauche, l.e faisceau latéral est aussi diminué de volume ; le faisceau postérieur l’est également, et la différence est surtout appréciable au niveau de la portion périphérique, qui s’étend du sillon médian à l’émergence des racines.

On a encore trouvé de l’asymétrie à la région lombaire. Le bulbe offre une asymétrie en sens inverse, qui tient surtout à la présence d’une petite masse caséeuse sphérique, oflrant à sa périphérie une zône formée de tissu conjonctif.

La présence de cette production tuberculeuse ou gommeuse ne peut avoir eu aucune influence sur l’apparition des modifications de la moelle cervicale. Une dégénération secondaire n’aurait pas cette distribution, et serait de nature toute différente.

Les cellules nerveuses ne sont pas diminuées de volume, les espaces qui les séparent sont les mêmes des deux côtés, la différence réside dans le nombre de ces cellules ; au milieu du renflement on en compte 140 à gauche et 97 à droite, cet examen a été fait au niveau des cornes antérieures.

On n’a pu faire le dénombrement au niveau des cornes postérieures.

En aucun point il n’existe de foyer de désintégration.

Les vaisseaux n’ont offert rien de particulier.

Le canal central de la moelle n’est pas dilaté.

Observation 11

(Isidor).

Revue d'orthopédie, 1873.

Louise M..., née le 31 mai 1872, décédée le 13 novembre 1892. Amputation congénitale de Vavant-bras droit. — A la dissec-

lion on remarque que le biceps se coaLiuue inférieurement par une bandelette aponévrotique qui se confond avec la cloison aponévrotique intermusculaire externe et se termine en s’enroulant autour de la face externe du radius, au-dessus du long supinateur.

De cette cloison aponévrotique s’en dégage une seconde au côté interne qui va comme à l’ordinaire se fusionner avec l’aponévrbse recouvrant les muscles de la région externe de l’avanl-bras. Du biceps se détache au tiers supérieur du bras un faisceau charnu compris entre le brachial antérieur et le triceps, faisceau qui semble correspondre à la courte portion du biceps et se terminer sur la cloison intermusculaire interne. Les tractions exercées sur lui ne semblent imprimer aucun mouvement au moignon de l’avant-bras.

A l’avant-bras nous constatons un faisceau charnu qui, par sa situation et sa direction, correspond exactement au long supinateur. Au-dessous, les faisceaux charnus atrophiés se perdent inférieurement dans le tissu de la cicatrice et semblent répondre aux radiaux.

Ectrodactylie de la main gauche. — Le bras tant en apparence qu’à la dissection est normal. La configuration extérieure de l’avant-bras semble également normale. La main qui lui succède est formée de trois doigts; deux internes conformés d’une façon normale semblant au premier aspect correspondre aux deux doigts internes de la main, un troisième externe formé de deux parties et semblant correspondre, soit à un pouce bifide, soit à la fusion de l’index et du pouce. En disséquant la face antérieure de l’avant-bras et de la main, et après avoir enlevé les muscles, rond pronaleur et grand palmaire, l’étude des fléchisseurs nous apprend :

Que du côté du doigt externe, bifide, le fléchisseur profond existe seul envoyant là un tendon allant s’insérer à l’extrémité ^

supérieure de la deuxième phalange. Dans ce parcours, de la ; partie externe du tendon part à l’union de la première avec la deuxième phalange, une petite expansion tendineuse destinée à la portion externe de ce doigt bifide.

Dans les deux autres doigts les tendons fléchisseurs et pro- • fonds sont normaux,

Le fléchisseur propre du pouce n’est pas nettement différencié du fléchisseur profond. Peut-être le tendon que nous avons décrit comme appartenant au fléchisseur profond et se rendant \ au pouce provient-il du fléchisseur propre du pouce dont le | corps charnu serait alors assez peu distinct de celui du fléchis- ! seur commun profond.

Le carré pronateur existe normal au-dessous des fléchisseurs.

Si nous passons de la face antérieure de l’avant-bras, à l’étude « de la face antérieure de la main, nous constaterons l’existence à la partie externe de muscles analogues à ceux de l’éminence thénar. L’opposant, le court fléchisseur et le court abducteur (ces deux muscles étant mal différenciés), l’adducteur du pouce existe allant s’insérer suivant la règle au métacarpien ou à la première phalange du doigt bifide. Nous pouvons donc considérer ce doigt externe comme un pouce bifide.

A la partie interne on peut constater l’existence des muscles de l’éminence hypothénar attestant la présence de l’auriculaire comme doigt le plus interne.

L’examen des muscles des autres régions, c’est-à-dire des parties externes et postérieures de l’avant-bras, permet de constater l’existence normale du muscle long supinateur et d’un muscle radial dont l’insertion intérieure se fait à l’extrémité supérieure du métacarpien du doigt médian ; le deuxième mus de radial semble ne pas exister.

L’extenseur commun des doigts, l’extenseur propre du petit

doigt, le long abducteur et le court extenseur ilii pouce sont nor:naux.

Nous n’avons pu trouver trace de l’extenseur propre de l’index, quant au long extenseur du pouce, il était probablement intimement fusionné avec le court extenseur et ne formait pas un muscle bien distinct.

Examende squelette. — Les os étant dépouillés on peut constater l’existence normale du radius et du cubitus.

Au carpe nous constatons le scaphoïde et le semi-lunaire, le pyramidal; le pisiforme a dû être enlevé lors de la section du cubital antérieur.

La deuxième rangée n’est pas complète. Le trapèze à la parti^ externe l’os crochu à la partie interne semblent seuls exister. Il n’a en tous cas pas été possible de distinguer dans le squelette de cette portion carpienne un seul os qui put être comparé au grand os. Le trapézoïde semble également manquer.

Le squelette des doigts pour les deux doigts internes formés chacun de trois phalanges est normal. Il n’en est pas de même pour le doigt externe. Ici la première phalange unique à la partie supérieure pour s’articuler avec le métacarpien se divise nettement à la partie inférieure, s’aplatissant et donnant naissance à deux articulations bien distinctes pour chacune des parties du doigt bifide. A chacune des dernières phalanges se trouve un ongle.

En résumé il semble prouvé par la dissection que les deux doigts manquant sont l’index et le médius. Le pouce est bifide, les deux doigts internes existent normaux.

Créhattge

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