‹ Étude sur l'hérédité des tumeurs malignesChapitre 15 sur 17 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Interprétation génétique

Nous avons vu au deuxième chapitre que, malgré les difficultés signalées, on est cependant parvenu à mettre en évidence chez l’homme la transmission directe ou indirecte, d’un grand nombre de caractères pathologiques.

Dans le cas des tumeurs, ces difficultés sont sensiblement accrues, et viennent rendre encore beaucoup plus délicate l’interprétation des résultats. Le public admet généralement l’hérédité du cancer, le plus souvent sans connaître les faits, qui, entre certaines limites, permettent de l’envisager, mais pour des raisons purement psychologiques et subjectives, parce que l'association de ces deux termes, Hérédité et Cancer, réalise un complexe lourd de mystère, qui frappe les imaginations, et assoupit les facultés critiques.

C’est là un état d’esprit contre lequel il importe de

Girard 4

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réagir très énergiquement, car, comme lefait judicieusement remarquer le Pr. Roussy, « accepter l’hérédité du cancer, c’est s’incliner devant un mal inévitable, et saper à la base toutes les mesures de prophylaxie anticancéreuse «.

Accréditer cette notion parmiun public qui n’est déjà que trop enclin à la négligence, serait éliminer d’office un moyen ‘de’ dépistage’ précoce, non seulement du cancer, mais de beaucoup d’autres affections chroniques, chez ceux qui ne sont pas encore acquis à la pratique des examens médicaux périodiques et complets.

Nous avons cité plus haut un certain nombre de statistiques, que leurs auteurs semblent trouver irréfutables. Hamonnet à déjà fait le procès des statistiques, montrant qu'il y a également des statistiques inverses. Brauwann, dans une analyse de 2.000 décès représentant l’expérience de la Washington Life Insurance Cy, montre que parmi100sujetsquiavaientun carcinome dans l’histoire de leur famille, 1,79 % est mort de cancer, tandis que parmi 100 qui n’avaient pas de cancer dans leur familles, 3, 45 % seraient morts de cancer. Cette statistique serait donc nettement défavorable à l’hérédité. |

Collomb a observé 16 % de cas héréditaires, ce qui est un chiffre très fort.

De même, Wesselink donne un chiffre très élevé

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