CHAPITRE PREMIER
Notions modernes sur l’hérédité
Les conceptions actuelles de l’hérédité et de ses modalités ont leur origine dans les travaux simultanés mais indépendants de deux botanistes : Ch. Naudin en France, et Grégor Mendel en Moravie, à Brno en 1865. Le premier étudiait l’hybridation, sur un certain nombre de plantes, soit entre espèces, soit entre variétés. Le second, au contraire, s'était limité à une seule plante «le pois » (Pisum sativum). Tous deux ont abouti aux mêmes conclusions, dont la plus importante est la disjonction de la nature mixte d’un hybride dans ses gamètes. Les diverstissus sont hybrides, les gamètes sont purs. Mais Mendel, grâce au matériel plus limité qu’il utilisait, grâce surtout à sa méthode de culture pure, et à une étude statistique approfondie des produits de ses croisements, a pu donner à ses résultats les mêmes que ceux de Naudin, une forme mathématique beaucoup plus démonstrative.
Il a pu également établir d’une manière rigoureuse
que, si les variétés qu’on croise, diffèrent par plusieurs caractères, chacun de ceux-ci se comporte dans le croisement d’une façon indépendante des autres, et comme s'il était seul.
Rappelons ces lois sur le cas le plus simple. Les pois sont un exemple excellent parce qu’ils se reproduisent par auto-fécondation ; le pollen est déposé sur le style avant l’éclosion. Pour expérimenter, on pollinise des fleurs encore fermées, avant la maturité de leurs propres étamines :
Soient deux variétés de pois, différant par un seul caractère, (couleur des fleurs, nature de l’albumem, amylacée, ou sucrée, hauteur des plantes etc...), et qui, cultivées séparément, pendant deux ans, comme Mendel avait eu la précaution de le faire se sont montrées rigoureusement constantes. Nous appellerons A et a les deux formes de caractère différentiel, et P la génération sur laquelle on opère le croisement. F1 et F2, Fp, les générations successives qui en sont issues (les graines de la génération P appartiennent donc à la génération F1).
19 On constate, dans la plupart des croisements que la génération F1 est uniforme et, en général, semblable à l’un des parents. Un des deux caractères différentiels A est dit dominant dans l’hybride (loi de dominance).
20 En laissant l’auto-fécondation se produire sur
les plantes F1, on obtient la génération F2, qui présente 75 % d'individus du type dominant À et 25 % chez lesquels reparaît l’autre caractère a qui est dit récessif (loi de disjonction).
Si, dans la génération F2, on croise entre eux les individus semblables, on voit que les récessifs a donnent indéfiniment 100 %, de récessifs, qu’un tiers des F2 dominants A donnent de même indéfiniment 100 % de dominants, tandis que les deux autres tiers se disjoignent de nouveau en F3 en 75 % de dominants et 25% de récessifs. La génération F3 traitée de même donnerait les mêmes résultats en F4. Tout cela s’explique parfaitement en supposant qué dans une plante hybride, il y a disjonction de l’hybridité lors de la formation des gamètes, et que, pour l’un et pour l’autre sexe, il se forme, en nombres égaux, des gamètes du type paternel ou du type maternel, À ou a, (loi de pureté des gamètes). Dès lors, les combinaisons de gamèêtes se faisant au hasard, il doit se produire 25 %, de combinaisons AA (dominants purs ou homozygotes) 25% de combinaisons aa (récessifs purs, aussi homozygotes) et 50 % de combinaisons Aa (hyÿdrides, hétérozygotes). Ces dernières en vertu de la loi de dominance, auront l’aspect A. Ce sont ces plantés qui, à la génération suivante, (par auto-fécondation) se disjoiÿnent de la même façon,
parce que les combinaisons de gamètes sont les mêmes