‹ Étude sur l'hydropneumopéricardeChapitre 10 sur 40 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Graves. Cliniques médicales, t. II, p. 338 (traduction de Jaccoud 1862)

Il s’agit d’un abcès du foie, ouvert dans l’estomac par trois points différents, puis dans le péricarde.

« 9 Octobre. — La malade a été prise hier d’une douleur aiguë dans la région cardiaque ; pendant la nuit elle a eu des palpitations violentes et elle a éprouvé une chaleur brûlante au dessous du sein gauche... La percussion de la poitrine donne un son normal, excepté au niveau de la partie moyenne et inférieure du côté gauche. Dans ces points, le bruit respiratoire est peu marqué ; partout ailleurs il est pur et éclatant. Le choc du cœur est faible. À un demi pouce du bord inférieur du sein les deux bruits sont confus, et on entend un léger bruit de soufflet; lorsqu'on s’avance vers la droite, ce bruit augmente d’intensitéet, au dessous du sein, il se transforme en un véritable bruit de craquement qui accompagne les deux tons du cœur et qui présente son maximum d'intensité entre le sternum et la mamelle. La pression en ce point augmente peu à peu la force de ce bruit,et lorsqu’on comprime avec uné certaine force, on obtient un frotte-

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ment éclatant qui voile les deux bruits normaux, mais surtout le premier. Tous ces phénomènes sont plus nets encore lorsque la malade retient sa respiration.

Pouls à 130, petit et dépressible. re

10 Octobre. — Les phénomènes. stéthoscopiques sont perceptibles jusqu'au milieu du sternum, dans toute la région précordiale et un peu sur le côté; ils ont partout le même caractère. Le bruit anormal tient le milieu entre le bruit de soufflet et le bruit de scie, il masque en grande partie le premier bruit, et accompagne aussi le second qui conserve cependant sa netteté. Immédiatement au dessous du sein, on perçoit en outre, mais seulement par intervalles, un cliquetis métallique tout particulier; ce bruit donne l'idée d’un liquide qui coulerait goutte à goutte sur Le péricarde ou dans son intérieur. Ce cliquetis disparaît lorsqu'on exerce une certaine pression au ‘niveau du cœur, tandis que les autres phénomènes deviennent alors beaucoup plus prononcés.

11 Octobre. — Impulsion du cœur plus faible. La palpation fait percevoir une sensation de frottement. Aujourd’hui le bruit de craquement présente le caractère d'une crépitation emphysémateuse très fine; il masque les deux bruits normaux; il est surtout distinct vers la partie moyenne et inférieure du sternum, mais on l’entend aussi à gauche du mamelon. Le cliquetis métallique ou ce bruit de liquide qu’on entendait hier est plus net aujourd’hui, mais il est irrégulier dans son apparition.

12 Octobre. — Le cliquetis irrégulier qu’on ne percevait hier que par intervalles est devenu aujourd’hui un tintement métallique éclatant qui accompagne chaque battement du cœur dans les points où existait la crépitation emphysémateuse; ce tintement masque tous les phénomènes notés jusqu'ici, sauf un léger bruit de soufflet au niveau du mamelon gauche. Le choc du cœur ne peut être senti.

13 Octobre. — Mort.

Autopsie 24 heures après la mort. Graves signale d’abord l'abcès du foie communiquant avec l'estomac puis il note:

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« La percussion du cœur donne un son clair ; la cavité du péricarde paraît distendue, on peut y sentir une petite quantité de liquide. Dans le point où le diaphragme est uni au péricarde, existe une perforation assez large pour admettre le medius ou l’annulaire, elle met l’abcès en communication directe avec le péricarde ; les bords de cette perforation sont ulcérés et inégaux. » Suit la description de la péricardite.

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