‹ Étude sur l'hydropneumopéricardeChapitre 31 sur 40 · OBSERVATION XXXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXIII

Muller (Archives de Cliniques médicales 1870, 24° vol. p. 158. — Analysées dans la revue de Hayem.

Jean Helzinger, 34 ans, entre le 19 mai 1876 à la clinique. Pas d’antécédents pathologiques. Il y a quatre semaines

pneumonie gauche. Le malade se remettant lentement, se décide à rentrer, se plaignant entre autre chose d’une dyspnée assez intense et de palpitations.

On note l'existence d’un épanchement pleurétique à gauche. A l’auscultation du cœur, ni frottements péricardiques. ni souffles d’endocardite. Pas d’albumine dans les urines.

Le 20 mai à midi, température élevée, vomique ; le malade est transporté le 23 dans la clinique de Huguenin. La matité précordiale est augmentée, et on entend un frottement péricardique. On porte le diagnostic de : péricardite, empyème du côté gauche, avec passage à travers le poumon. Pas de signes de pneumothorax. Traitement : repos, quinine.

Le 29, amélioration des symptômes subjectifs et objectifs, On commence à douter de la pleurésie purulente.

Le 8 juin, à ma visite du matin, je trouvai au cœur un tel changement à l’auscultation, des phénomènes si significatifs, si évidents, que lorsque le professeur Huguenin fit sa visite, je lui affirmai que le malade avait un pneumopéricarde. Le professeur Huguenin confirma mon diagnostic, et le malade fut encore transporté, le matin même, à la clinique.

La veille au soir, le malade ne présentait rien de bien extraordinaire. Mais plus tard, survint une céphalalgie et une oppression telle que le malade n’avait jamais autant souffert. La nuit fut pénible, le sommeil très agité. Ce matin, le facies du malade est visiblement plus pâle que jusqu’à présent. La respiration et les mouvements du cœur sont accélérés. Pouls plus petit encore que la veille.

Le patient est inquiet, anxieux. Celui qui a encore vu,la veille, le malade, reconnaît, au premier coup d’œil, que son état a empiré. Le malade n'accuse pas de douleurs thoraciques, mais ilest oppresséet se plaint d’une sensation deresserrement,dont il n’a pas parlé à la visite du soir. L'examen donne ce qui suit : La matité relative du cœur est plus petite qu’'hier. Pointe du cœur vers la septième côte. Bruits reten-

tissants; on entend comme un bruit de flot, de gargouillement hydroaérique. Tous les attachés à la clinique furent invités à examiner le malade ; ils sont étonnés de la sonorité des bruits trouvés à l’auscultation. Ces phénomènes sont tellement significatifs, qu’à aucun point {de vue, on ne peut douter de l'existence d’une cavité dans laquelle des gaz et des liquides sont agités par le cœur. L’amas gazeux n’est pas énorme, car l'étendue de la. matité du cœur n’a que peu diminué depuis la veille, et les phénomènes subjectifs n’ont pas été bien loin. Traitement : ‘repos absolu, arrêt de la toux par les narcotiques, application de glace sur le péricarde.

Dans le cours de la journée, j’auscultai de nouveau le malade, et spécialement le cœur. Les phénomènes de la percussion restent les mêmes. Pas de nouvelles complications. Le soir, température 37°5. Pouls, 104, petit et rapide. État général non empiré. Pas de signe de pneumothorax.

Le 9 juin, au matin, on ne distingue plus de bruits métalliques au cœur ; le patient n’a pas de fièvre. Son état général est aussi bon qu’à l'ordinaire. es

Le 13 et le r4, on put retrouver, dans toute leur netteté, les phénomènes métalliques ; seulement le bruit de flot n’est plus aussi net. La fissure pulmo-péricardiale s'était, en effet, ouverte de nouveau, et l’air avait pu encore pénétrer dans le péricarde.

24 juin. — Ponction explorative de l'épanchement pleurétique. Le liquide retiré n'est formé que par de la sérosité claire. Il n’y avait donc pas eu pleurésie purulente, mais épanchement purulent du péricarde dans les bronches; on pouvait affirmer l'existence d’une fistule pneumo - péricardique. »

Depuis, le malade alla de mieux en mieux, et il sortit complètement guéri, le 25 juillet. Un an plus tard, quelques palpitations seules persistaient, et il ne lui restait plus aucun signe de sa blessure du péricarde.

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