‹ Étude sur l'hydropneumopéricardeChapitre 7 sur 40 · SV · texte numérisé non relu

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Enfin, das le manuel de Pathologie spéciale et de Thérapeutique de Ziemssem, on trouve quelques détails sur l’anatomie pathologique de l'affection.

En France, Bricheteau avait été le premier à décrire le bruit de moulin, dans une observation bien connue, et souvent citée, qui parut dans les Archives générales de médecine. Le bruit de moulin était pour lui pathognomonique de la nouvelle maladie.

Aran publia, quelque temps après, un cas de ponction du péricarde, avec injection iodée, à la suite de laquelle on observa le bruit de moulin de Bricheteau. Le malade avait été présenté, dans la séance du 6 novembre 1855, à l’Académie de Médecine. Trousseau parle du même cas dans ses cliniques, mais sans insister sur la pneumopéricarde.

On ne trouve rien dans les œuvres chirurgicales de la première moitié du siècle, qui puisse se rapporter à notre sujet. Sanson, Dupuytren, Boyer,puis Vidal de Cassis et Nélaton sont restés muets sur cette complication des plaies de poitrine.

Bouillaud, dans son traité des maladies du cœur, consacre quelques lignes au pneumopéricarde et à l’'hydropneumopéricarde. Il réfute les idées de Laennec, ne parle que de l'observation de Bricheteau. Pour lui, il faut prendre soin de différencier l'hydropneumopéricarde vrai, des hydropneumopéricardes cadavériques, en quelque sorte posthumes, où on a trouvé du gaz dans le péricarde, comme dans beaucoup d’autres parties du corps. Il admet comme symptômes de l'affection, la résonnance tympanique et le bruit de moulin.

Cependant Bouillaud aurait assuré à Demarquay avoir noté des cas assez nombreux de pneumopéricarde. Demarquay lui-même, dans son traité de la Pneumatologie médicale (1866), consacre plusieurs pages à cette lésion. Son chapitre contient, en somme, peu de faits instructifs, et l'étude qu'il fait de la maladie repose sur quelques cas peu nombreux.

Sur ces entrefaites, Jaccoud donnait sa traduction de Graves, et, dans une note additionnelle, publiait une revue critique fort intéressante des quelques cas de pneumopéricardes alors connus.

Peu après Morel-Lavallée publiait un travail important dans la Gazette médicale de 1864. Il donnait trois nouveaux cas de pneumopericardes d’origine traumatique, dont deux avec autopsie. Il concluait : l

« Le bruit de roue hydraulique, ou bruit de moulin, est un signe élégant et sûr, un signe pathognomonique de la rupture simultanée du poumon et du péricarde, avec un épanchement de liquide et d’air dans ce dernier. Pour qu’il y ait bruit de moulin hydroaérique, 1l faut absolument que l’'épanchement gazeux soit dans le péricarde, et non en dehors. »

La symptomatologie du pneumopéricarde était, dès lors, admise par tous comme telle : sonorité de la région cardiaque, quelquefois pot fêlé ; bruits métalliques, bruit de moulin ne persistant jamais au delà de quelques jours. En même temps, le bruit de moulin était bien définitivement un signe pathognomonique. C’est ainsi que le pneumopéricarde est décrit dans tous les livres (Barth et Roger, Follin,

Te Jaccoud), et dans l’article que M. Raynaud lui a consacré dans Îe dictionnaire de médecine. Le pronostic était toujours très sombre ; cependant on admettait une guérison possible dans les cas traumatiques.

L'article de M. Raynaud était déjà publié quand parurent, dans la France médicale et dans la Revue mensuelle, deux nouveaux cas de pneumopéricarde, publiés par MM. Schwartz et Chevallereau. On avait entendu dans les deux cas le bruit de moulin; mais les auteurs se demandaient déjà si la collection d’air anormale résidait bien au dedans du péricarde.

C’est alors que parurent successivement la thèse de M. Reynier et son travail dans les archives de médecine, travail dans lequel, s'inspirant des idées de Tillaux, s'appuyant sur la clinique (plusieurs observations), et quelques expériences, il ne considérait plus le bruit de moulin comme un signe pathognomonique de l’épanchement gazeux intra-péricardique. Il concluait : « Le bruit de moulin est l'indice sûr d’un épanchement d’air et de gaz, et on ne peut le méconnaitre. Cet épanchement peut être en dedans, ou en dehors du péricarde. Quand il est extra péricardique, il ne s'entend que dans la position couchée, ou tout au moins se modifie d’une façon très notable, quand on fait asseoir le malade. Si l’'épanchement est intra-péricardique, il s'entend dans le decubitus dorsal et dans la position assise. »

Il faisait remarquer en outre, que, lorsque l'épanchement est extra-péricardique, à peine y a-t-il quelques troubles fonctionnels, et la guérison s’observe

mr souvent. C’est le contraire pour l’épanchement intrapéricardique.

Ces idées, fort bien exposées, ont eu l'approbation de M. Raynaud lui-même.

M. Raynaud a, en effet, fait une leçon, qui a été publiée par Variot dans la Gazette médicale de Parts du 12 Février 1881. Il s'agissait d’un malade, chez lequel on entendait le bruit de moulin, et qui guérit. Il conclut, en disant qu’il admet absolument l’hypothèse de Reynier, et que la valeur pronostique du bruit de moulin a été fort exagérée. |

Enfin dans les deux livres récents de Corstantin Paul et de Peter, nous n'avons trouvé que quelques indications très brèves, touchant le pneumopéricarde.

Constantin Paul dit simplement que c’est une affection excessivement rare. Il énumère quelques symptômes, mais semble faire erreur sur quelques points. C’est ainsi qu'il dit: « Les symptômes du pneumopéricarde sont ceux de l’hydropéricarde avec de la fièvre et du délire. » et plus loin: «les seuls cas où la guérison soit survenue, sont des cas traumatiques où l’air était venu de l'extérieur » La rareté de l'affection, qui fait en somme du pneumopéricarde presqu'un objet de curiosité scientifique, explique suffisamment ces lignes.

Peter ne consacre incidemment que trois ou quatre lignes au pneumopéricarde.

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