OBSERVATION I
Jonhston, medico chir. Review t. VI, p. 465. — 1825, reproduite dans Demarquay, cité par Guttmann; on le retrouve aussi dans les archives médicales de Horn. 1825, mai et juin, 527.
Un homme âgé de 47 ans, voit sa santé se détériorer depuis trois où quatre ans. Perte successive des forces et de l'appétit. Souffrances causées surtout par une agitation, un battement etune sensation d’anxiété dans la région du cœur avec difficulté de dormir et des rêves effrayants.
Jonhstonle voit dans un grand marasme, avec des symptômes d’adynamie cardiaque. Il note : une sonorité plus grande au niveau du cœur que partout ailleurs. Mouvements du cœur à peine perceptibles et irréguliers comme le pouls. Mort subite.
Autopsie.—Péricarde séparant les poumons formant un sac membraneux, translucide,distendu par un fluideélastique dont l'accumulation considérable avait aminci les parois, Le cœur était très petit, remplissait à peine la moitié du sac fibreux.
HO ire
Les fibres charnues avaient l'aspect d'un muscle passé au gras. Toute la masse de l'organe était on ne peut plus molle et ne pouvait être prise entre les mains sans se déchirer. Les parois des ventricules avaient trois lignes d'épaisseur au plus.
OBSERVATION II Bricheteau. Arch. Gen. de Médecine 1844 p. 334.
Jean-Michel Pieper, 59 ans, bottier. Quelques années auparavant il avait été grièvement blessé par un timon de voiture qui l'avait frappé à la poitrine. Depuis, il avait souffert à ce niveau ; quelque temps avant son entrée à Necker il aurait souvent ressenti un mouvement de reptation, de pulsation au même endroit, et sa femme aurait même entendu la nuit comme une sorte de bouillonnement qui se passait dans la poitrine de Pieper. Peu après il eut l’imprudence de passer vingt nuits sans dormir, et il fut obligé d’entrer à Necker le 27 mars 1835, où il mourut le 3 avril.
Bricheteau note comme symptômes une dyspnée modérée, un pouls qui à la fin était petit et irrégulier. À l’auscultation du cœur, bruit distinct coïncidant avec chaque battement de l'organe ; — c'était un bruit de fluctuation, dû à un flot de liquide, comparable à celui que produirait une aile de moulin qui frappe successivement l'eau, ou à celui qu'on produit en soufflant fortement avec un tube dans un vase contenant du liquide. La région du cœur paraissait plus sonore que de coutume. Ce bruit de fluctuation fut constaté pendant les deux derniers jours.
A l’autopsie, le péricarde avait des dimensions considérables, était étendu et rendait un son clair à la percussion ; on le ponctionna et il en sortit un fluide gazeux d’une odeur très fétide. Il ÿ avait environ 250 gr. de sérosité purulente dans la cavité de la séreuse; plus des traces de péricardite ancienne. Le tissu du cœur était d'une consistance molle.