‹ Etude Sur L'Hygiene De La Chaussure MilitaireChapitre 10 sur 17 · LEO YA · texte numérisé non relu

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pensables pour le maintien de la chaussure, se fixent sur le côté externe par un lacet passant dans 19 œillets (la guêtre de toile, pour l'été, porte deux rangées de boutons). Le soldat porte une deuxième paire de souliers, non pas « dans l'sac », comme dit la chanson, mais fixés sur les côtés du sac, semelle en dehors, d'où nécessité de cirer celle-ci et de veiller au remplacement des clous. Les godillots ne sont pas très lourds : la paire pèse 900 g environ.

L'ensemble se prête à bien des critiques. LÈQUES signale les écorchures « pouvant amener des affections plus graves telles que phlegmons et engorgement des extrémités inférieures » et que le soldat ancien sait éviter par quelques retouches : il amincit le bord libre des quartiers, l’échancre sous la malléole externe et coupe les deux angles des quartiers en avant ; il ne met pas de lacet, car celui-ci faisant relief en dedans le blesserait. La couture qui joint les quartiers à l'empeigne provoque aussi des écorchures car elle s'applique sur les saillies des premier et cinquième métatarsiens. La guêtre doit prendre la forme du pied au prix de douleurs et d’écorchures, elle forme des plis, et finit par bâiller, ne maintenant plus le cou de pied et ne protégeant plus contre l'eau et les poussières. Si le sous-pied se détache, le soldat perd son soulier. Enfin la mise en place est si longue que souvent le soldat n'ose pas quitter ses chaussures le soir, de peur de ne pouvoir les remettre en cas d'alerte.

TouURAINNE estime que dans les premiers jours d'une marche, une colonne ainsi chaussée avait 25 à 30 % de l'effectif blessé aux pieds, 10 % réclamant les soins du médecin.

À cette époque, le soldat met réglementairement ses pieds nus dans ses chaussures. Il se protège parfois les pieds avec des « chaussettes russes », bandelettes de linge suiffées qu'il est difficile de bien appliquer sans qu'elles fassent de plis. LE BASTARD signale que certains vieux soldats cassent un œuf dans leur soulier pour obte-

Pa. ne

nir une bonne fixation du pied à la chaussure, qu'ils n'enlèvent qu'au terme de leur voyage, alors le pied apparaît blanc, sec, sans odeur, contrairement à ce qu'on pourrait supposer. Tout homme qui en a les moyens se fournit lui-même de chaussettes. TOURAINNE considère que celles-ci se percent vite et blessent le pied quand elles sont raccommodées, donner des chaussettes à la troupe ne serait qu'une occasion de dépenses considérables, d’embarras inutiles, qui ne serviraient qu'à multiplier les blessures aux pieds. SALQUIN, au- contraire, signale que dans l'armée allémande; où le soldat touche deux paires de chaussettes de laine en hiver, les gelures ont été beaucoup moins nombreuses que chez nous pendant la guerre de 1870. Il faut attendre une époque toute récente pour voir l'armée française équipée régulièrement en chaussettes.

Par décision du 4 juillet 1881, le soulier doit être remplacé par le brodequin napolitain, qui a beaucoup de points communs avec lui. Les quartiers sont allongés jusqu'à une hauteur de 16 cm, ils portent 5 œillets, l'empeigne est prolongée par une languette. La quêtre est supprimée, on a ainsi une chaussure qui tient bien au pied tout en étant facile à mettre et à enlever. Mais ceux qui s'intéressent à l'hygiène de la chaussure ne sont pas encore satisfaits. On commence en effet à s'inquiéter beaucoup des déformations de l'avant-pied, causant parfois de véritables infirmités, dues à la forme vicieuse des chaussures. Aussi on discute d'une forme rationnelle à donner à celles-ci.

Au siècle précédent, le professeur hollandais CAMPER avait déjà publié une « Dissertation sur la meilleure forme des souliers » (1781). Mais c'est en 1858 que paraît à Zurich la publication fondamentale de MEYER : « Die richtige Gestalt der Schühe » où il insiste sur les déformations provoquées par les chaussures étroites et pointues et en particulier sur l'abduction forcée du gros orteil. Il indique les principes du tracé d’une semelle « ration-

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