‹ Etude Sur L'Hygiene De La Chaussure MilitaireChapitre 11 sur 17 · CRE ARS · texte numérisé non relu

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nelle » : il considère que dans un pied non déformé le premier orteil et le premier métatarsien sont sur le même axe, et que celui-ci passe par le milieu du talon (ligne de Meyer). La plus grande largeur du pied se trouve sur une perpendiculaire à cet axe le coupant aux 2/5° de sa longueur en partant de l'avant. À l’aide de ces deux axes, on construit une semelle à bout carré dont le bord interne est rectiligne et parallèle au grand axe le long de la partie portante : quand on joint les pieds, les deux semelles se touchent sur tout lé bord interne. D'autre part l'empeigne doit être asymétrique, sa partie la plus élevée étant au-dessus du prolongement du gros orteil, pour ne pas comprimer le bord interne du pied, plus élevé que le bord externe.

Les théories de MEYER eurent un grand retentissement, elles sont à l'origine de nombreuses publications. Des chaussures « rationnelles » sont même fabriquées en Angleterre, en Suisse, en Allemagne, en Amérique surtout, d'où elles nous reviennent sous le nom de « souliers américains ». Le major SALQUIN, de l'armée suisse, va même jusqu'à préconiser l'usage de chaussettes de forme « rationnelle », différentes pour chaque pied. Mme SaL- QUIN écrit une « Instruction sur la confection des bas et chaussettes de forme normale ». D'autres auteurs apportent des correctifs aux conceptions de MEYER Pour STARKE (Der Militärstiefel auf Gründ anatomisch-physiologischer Betrachtungen), le deuxième axe doit se diriger en arrière et en dehors, la tête du cinquième métatarsien étant plus en arrière que celle du premier. Pour BRANDT von Linpau (Des Deutschen Soldaten Fuss und Fussbekleidung), l'axe du pied passe par le deuxième orteil, pour VALLIN il passe entre les deux premiers. Discussion d'ailleurs un peu stérile.

C'est à BERTHIER, médecin militaire français, que revient le mérite d’avoir fait une bonne synthèse de toutes les critiques applicables aux théories de MEYER. Il montre que la ligne de Meyer doit être considérée comme un

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axe physiologique, résultant de l'abduction normale du pied, alors que l'axe anatomique passe nettement plus en dehors. Il affirme qu’il existe une légère abduction normale physiologique du gros orteil. Enfin, il démontre que la projection de l'axe anatomique du pied se fait suivant le milieu de l’'empeigne, celle-ci doit donc être taillée symétriquement. Il reconnaît que les travaux de MEYER ont amené une réelle amélioration dans l'hygiène de la chaussure, mais il pense que ses exagérations flagrantes peuvent compromettre le résultat cherché.

On discute encore du meilleur type de chaussure à donner à la trompe. La demi-botte a des partisans : elle se chausse facilement, protège bien le pied contre l'eau et les poussières, on peut y mettre le bas du pantalon. On lui reproche d'être lourde, pénible à porter en été. Elle est difficile à enlever, surtout si elle est étroite ou mouillée ; elle est d'ailleurs difficile à choisir, d'après BERTHIER les Allemands n'en ont pas moins de 133 pointures. Enfin elle coûte cher. Il faut reconnaître aussi qu'elle se porte peu chez nous, mais surtout dans les pays froids. On en propose sans succès plusieurs modèles.

Le brodequin est plus apprécié chez nous. Assez léger, facile à mettre et à enlever, son laçage relativement rapide lui permet de bien s'adapter au pied. On peut lui reprocher sa tige trop basse pour empêcher toujours la pénétration de l'eau et des poussières, et dans laquelle on ne peut placer le bas du pantalon. On en présente de nombreux modèles,

Le brodequin Salquin a une semelle type Meyer qui présente en plus une dépression pour loger le gros orteil. Il présente une fermeture à soufflet et il est complété par une jambière se fixant avec le même lacet.

Le brodequin Bernais est conçu de manière à se mouler exactement sur tous les reliefs du pied. STARKE fait remarquer que la cambrure exagérée de sa semelle ne peut que neutraliser l'élasticité de la voûte plantaire et

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