‹ Etude Sur L'Hygiene De La Chaussure MilitaireChapitre 9 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La chaussure a connu bien des modifications au cours des siècles, mais dès l'antiquité on a fabriqué des modèles relativement bien adaptés à l'usage militaire.

Les Grecs utilisèrent longtemps des sandales. La crépide avait une semelle très épaisse, présentait en arrière un rebord pour protéger le talon, et se fixait par des lanières partant des bords ét du talon pour s'entrecroiser sur une languette au niveau du cou de pied. La cnémide était un peu plus couverte, on y ajoutait des lames d’étain ou de cuivre, elle était complétée par une jambière en cuir également surchargée de lames métalliques.

On attribue à ALCIBIADE l'invention du brodequin. Frappé par les inconvénients de la crépide, qui ne pouvait maintenir solidement le pied du guerrier ni.bien le protéger, il aurait imaginé cette nouvelle forme de chaussure, constituée d'une semelle épaisse et d'une tige d’une seule pièce, recouvrant tout le pied et fermée par un lacet sur le cou de pied.

Les Romains portèrent aussi une sandale, la solea : puis ils furent pourvus d'une chaussure plus perfectionnée, la caliga. Celle-ci était constituée d'une semelle épaisse et de larges courroies (ligulae) dont quelques-unes remontaient au-dessus de la cheville. Certaines avaient une forte semelle garnie de clous à tête pyramidale, procurant aux fantassins un appui solide sur le sol, et dont les cavaliers se servaient comme d'éperons ou pour blesser au passage les fantassins ennemis. La jambe droite des

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fantassins munis du bouclier était protégée par une grévière de métal. |

Les Germains portèrent des sandales d'écorce, puis des sortes de brodequins en peau crue garnie de son poil. Les Huns, les Goths eurent aussi des chaussures de ce genre.

Les Gaulois utilisaient une sandale de bois qu'ils complétèrent ensuite avec une tige en peau, ce fut la gallica (galoche). Les Francs ont des espèces de souliers fixés par de longs rubans se croisant sur la jambe.

Au moyen âge, le fantassin, peu estimé, est plus ou moins mal équipé. C'est au xl° siècle qu'apparaissent des chaussures métalliques, surtout à l'usage des cavaliers, en mailles de fer d'abord, puis en lames articulées vers le xiv° siècle. Ensuite l'armure perd de son importance, les cavaliers se mettent à porter la botte. À la fin du xv° siècle apparaissent les premières chaussures à talons.

Les souliers avec hautes guêtres s'emploient de plus en plus dans l'infanterie et deviennent chaussures d’uniforme sous le ministère Louvois. Jusqu'à la fin de l'époque napoléonienne nos soldats portent encore la guêtre en étoffe de laine montant au-dessus du genou dans l'infanterie de ligne, plus courte dans l'infanterie légère. À partir de 1812, toute l'infanterie porte la guêtre courte. L'usage du pantalon au lieu de la culotte fit adopter la guêtre, de cuir ou de toile, dépassant peu la cheville. Nos soldats sont ainsi équipés en 1870.

Le dernier modèle de soulier était fabriqué en partie mécaniquement par la maison GobDiILLOT, d'où son nom. Son empeigne est unie aux quartiers par une couture qui embrasse tout l'avant pied. Le bout est large, arrondi, la semelle, épaisse de 8 mm, dépasse légèrement l'empeigne, elle porte de 50 à 57 petits clous « becquets ». Le talon fait 15 mm de hauteur au bord antérieur, il est garni de 31 à 34 chevilles de fer. Les quartiers portent chacun deux œillets à l'avant pour le laçage. Les guêtres, indis-

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