‹ Etude Sur L'Hygiene De La Chaussure MilitaireChapitre 13 sur 17 · OURS · texte numérisé non relu

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Le modèle 1912, modifié en 1917 pour quelques détails de fabrication, diffère assez peu du précédent. Tout le monde connaît ce brodequin à bout carré et aplati, avec quartier peu élevé, d'une seule pièce pour les deux côtés, sans baguette à l'arrière, à contrefort bas et allongé allant en avant jusqu'à l'empeigne. Les bandes molletières, adoptées depuis 1905 par les chasseurs alpins, voient leur emploi se généraliser pendant la Grande Guerre et contribuent à donner à nos fantassins leur allure caractéristique. On dit qu'avec de bons brodequins elles donnent un ensemble préférable aux bottes, n'alourdissant pas la marche et s'opposant parfaitement à la pénétration de la pluie. Mais elles sont d'un emploi mal commode : il faut longtemps pour les mettre, il est difficile de bien les appliquer et parfois elles se détachent. Elles équipent encore la plupart de nos troupes en 1939-1940.

Le modèle actuellement utilisé date de 1941. Les formes de montage sont celles du modèle 1912, mais la tige est du type Derby courant. Les quartiers sont en deux pièces, un pour chaque côté, de hauteur plus grande (il y a 8 œillets au lieu de 6) et renforcés à l'arrière par un contrefort formant baguette. L'empeigne est doublée et renforcée en avant par un bout dur. Dans le semelage l'entre-deux est remplacé par un patin fixé sous la semelle seconde, le cloutage, plus léger, est complété par des plaques vissées au bout de la semelle et au talon. La modification 1945 est une mesure d'économie : on revient au semelage 1912 en gardant le nouveau cloutage. Le brodequin est complété par une quêtre de modèle non fixé.

Parmi les modèles étrangers, le brodequin américain, dont la forme a été déterminée en 1912 par le médécincolonel MuNsON, se distingue par l'utilisation du caoutchouc dans son semelage, et aussi par la forme même de sa semelle qui présente un bord interne rectiligne (à peu près suivant la conception de MEYER) mais est très arron-

ont

die du bout. Ce modèle était complété par une guêtre en toile, assez peu commode, qui a été remplacée maintenant par une courte quêtre en cuir cousue aux quartiers, dont la hauteur a été diminuée (7 œillets au lieu de 9), l'ensemble prend le nom de « rangers ». La forme de la chaussure a été un peu modifiée en 1948, on lui reprochait surtout de serrer trop le pied au niveau du cinquième orteil.

Des recherches ont été faites en vue de l'établissement de modèles nouveaux au Fort Knox (Army Medical Research Laboratory) et surtout par le Service Quarter Master. Un effort immense a été accompli par ce service d'étude scientifique de l'habillement : entre 1942 et 1945, on y a étudié 75 modèles de chaussures. Un des derniers modèles mesure 10 1/2 pouces de haut avec la guêtre de 5 pouces, fermant par deux brides passant dans des boucles fixées en arrière, du côté externe. La chaussure ellemême ne mesure que 5 1/2 pouces (14 cm) et ne porte que 5 paires d'œillets : elle se pose et s'enlève très rapidement.

Depuis la dernière guerre, on voit se répandre l'usage de chaussures spécialement adaptées à des emplois déterminés. £

Le shoe pac des Américains est une chaussure très étanche, sorte de demi-botte en cuir avec revêtement caoutchouté à la partie inférieure et lacée sur le devant. Les overshoes ou snow-botts, à revêtement caoutchouté continu et fermées par 5 attaches métalliques, se chaussent par-dessus les brodequins. Par les grands froids, des rangers en toile blanche imperméable et avec semelle première en feutre, ont été utilisés en Corée, etc.

Les Allemands ont utilisé en hiver des bottes à tige en feutre et même pour les sentinelles, d'énormes bottes à semelle de bois avec tige en feutre très épais.

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