‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'Inde (volume 2)Chapitre 10 sur 92 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

$ 1. — Classification

Nous rencontrons en feuilletant nos manuscrits des spécimens de tous les genres de monuments que nous savons par ailleurs être familiers au Bouddhisme. Les miniatures nous montrent en effet des s{üpas ou tumuli, des monastères, des colonnes isolées, des temples et même de ces cryptes que les archéologues anglais appellent « cavetemples ». C’est dire qu'elles sont d'accord avec ce que nous a déjà appris, au sujet des sanctuaires bouddhiques, l'examen direct des ruines et des sculptures découvertes jusqu'à ce jour : cette première constatation valait la peine d'être faite.

Les temples. — Les images de temples sont les plus nombreuses ; dans le seul Ms. Add. 1645 on n’en compte pas moins de trente-deux. Malheureusement 1ls n'apparaissent jamais que pour servir de cadres à des statues. IT s'ensuit

1. Comparez le classification des monuments bouddhiques donnée par J. Fergusson dans son Æistory of Indian and Eastern Architecture, p. 50. Elle ne diffère de celle que nous fournissent les miniatures qu'en ce qu'elle fait une place à part aux rails ou balustrades de stüpas, et ne s'occupe guère, en fait de temples, que des spécimens creusés dans le roc. |

qu'ils sont représentés d'une façon très conventionnelle et, pour ainsi dire, en coupe verticale: c'est comme si la secion passat en arrière de la façade et nous faisait apercevoir directement le sanctuaire intérieur. D’ordinaire la statue se üent sous une arche trilobée qui rappelle d'une façon frappante celles des temples du Kachmir'. Cette arche est surmontée tantôt d'un cikhara, sorte de tour ou de haute coupole dans le style de l'Inde septentrionale — exactement comme sur les sceaux de terre cuite de Bodh-Gayà — et tantôt de terrasses étagées en pyramide à la façon des temples du Dekhan. D'autres fois le toit est simplement arrondi et supporté par des colonnes qui ménagent tout à l’entour une véranda ?. L'espace intérieur, d'une couleur uniforme, rouge ou bleue, est toujours rempli par la statue, debout ou assise, avec ou sans Q assistants ». Le temple Tui-même se détache sur un fond d’une autre couleur, bleu ou rouge selon les cas. Il est souvent peint en or ou encore en blanc avec des enjolivements dessinés à l'encre rouge. Quant aux temples souterrains, tantôt ils se présentent comme une simple caverne creusée à même le roc, tantôt ils sont pourvus d’une façade architecturale *.

Les slûpas. — Si nous laissons de côté quantité de stüpas

1. Pour ne citer que les reproductions les plus aisément accessibles, comparez les fig. 161 à 169 du même ouvrage de J. Fergusson.

2. Pour des reproductions de sceaux de terre cuite de Bodh-Gayä, v. Cunningham, Mahäbodhi, pl. XXIV, ou A. Grünwedel, loc. laud., fig. 47. Comparez les temples de nos pl. VI, 5 et VIT, 3, par exemple. Pour les temples à terrasses superposées v. pl. IV, 2 et pl. V, 1, et avec acrotères pl. VIT, 4 (Cf. la min. I, 56, non reproduite). Le temple de la pl. V, 3, a un dôme élevé, mais sans arche trilobée. Un spécimen de toit arrondi, mais sans véranda, se trouve sur la pl. IV, 6: l'exemple complet serait donné par les min. À, 19, 36, 42 (non reproduites). Le temple de la pl. HT, 4, cumule l'arche trilobée, la coupole et la vérandah. — Nous rappelons une dernière fois que les chiffres des min. renvoient aux catalogues placés en appendice.

3. Pour des spécimens des premiers v. pl. VI, 3 et pl. VII, 2. La min. I, 48

(non reproduite) serait un spécimen des seconds,

représentés çà et là dans le voisinage immédiat des temples, comme nous savons qu'il en existait dans la réalité", ces édifices sont au nombre de dix-huit, dont quinze dans le Ms. Add. 1643 et trois dans le Ms. A. 15. La plupart sont très ornementés”. Leur dôme est élevé sur plusieurs terrasses plus ou moins décorées et coiffé de ce couronnement

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