‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'Inde (volume 2)Chapitre 11 sur 92 · DES TC · texte numérisé non relu

DES TC

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Fig. 2. — ParAsor DE STupA.

(Provenant de Mathurä. Musée de Lakhnau. Diamètre 1,45).

pyramidal aigu (cüdä) qui représente les parasols de cérémonie (chattra). On dirait une série de rondelles enfilées par le milieu et qui vont en diminuant de diamètre. On compte cinq, neuf ou même treize de ces disques superposés: les originaux étaient de pierre (v. fig. 2 et 6), de bois ou de

1. Cf. pl. VIT, 3. — Un exemple typique est fourni par les alentours du temple de Mahäbodhi (V. Cunningham, WMahäbodhi, pl. XVII-XXD. 2. Cf. pl 1, 2-5, — On peut rapprocher de nos miniatures les représentations gravées sur roc de stüpas «of an elaborate pattern » reproduites par M. L. A. Waddell, Discovery of buddhist remains at Mount Uren in Mungu district, J. B. À. S., 1892, pl. II.

métal”. Au-dessus s’élargit encore un véritable parasol ou bien le sommet est orné de banderoles flottantes. D'autres fois l'espèce de cénotaphe ou de reliquaire du sommet porte simplement comme une lueur blanche (cûdämant ?) au bout d’une sorte de lampadaire. Signalons encore l'existence de niches ménagées dans le dôme pour les statues, ete.*. Mais le trait le plus curieux à relever est la façon même dont sont réprésentés les stüpas: nous les voyons de profil, en élévaon, tandis que leur balustrade, s'ils en ont une, est représentée en plan comme une sorte de large anneau où les portes se marquent par des angles sortants. Dans un cas même, de peur qu'on ne se rendiît pas bien compte du procédé, on aperçoit de petits personnages entre le stüpa et les quatre ouvertures de la balustrade. [ls sont maladroitement représentés comme couchés sur le sol, mais le fait que leurs pieds sont uniformément tournés vers le stüpa ne laisse aucun doute sur les intentions du dessinateur : chacun d’eux est censé entrer par une des portes’. Une seule fois nous avons peutêtre l'élévation d'un bout de balustrade; ce spécimen, où

1. Une de ces ombrelles de pierres, encore intacte, mais celle-ci tout à fait fruste, que nous avons mesurée dans la vallée du Svât au stüpa de Chakpat, près de Chakdarra, a 3m,50 de diamètre sur o®%,20 d’épaisseur. Le spécimen de la fig. 2, beaucoup plus petit, est en revanche très élégamment travaillé. Nous en avons tout naturellement reproduit la face inférieure, la seule qui fût décorée et la seule d’ailleurs qui se püt apercevoir quand le parasol était en place au faite du stüpa. — Song Yun (au début du vie siècle) a compté sur le grand stüpa de Kaniska treize de ces disques dorés enfilés sur un pilier de fer (Beal, Buddhist Records, t. 1, p. arv). C’est le nombre ordinaire au Népäl: on y verrait le symbole des treize cieux bouddhiques (Hodgson, Essays, p. 30). Cf. Fergusson, Loc. laud., p. 126, etc.

2. Vous en trouverez un exemple pl. I, 1. Cf. dans Hiuen-tsang la description de ce stüpa de Ceylan, au sommet duquel il y avait une pierre précieuse d’un éclat si resplendissant qu’on était censé en apercevoir la lueur depuis l'Orissa (trad. Stan. Julien, t. IIL, p. 90).

BANDE Li.

4. Cf. la min. I, 50 (non reproduite). Une représentation de stüpa à balustrade est donnée par la pl. I, 1.

les traverses, au lieu d'être horizontales, se croisent diagonalement en forme de croix de saint André, serait d’un dessin différent de toutes celles qui ont été découvertes jusqu'ici”.

Les monastères. — Dans les deux exemples de couvents que nous possédons, nous ne voyons sur la miniature qu'un angle du bâtiment”. La vue est sans doute prise du côté de la cour intérieure. On reconnait les toits plats et surplombants, formant terrasse et abritant une véranda, dont parle la description qu'I-tsing nous a laissée du monastère de Nâlanda : € Des quatre côtés, dit-1l, le bord droit et saillant du toit forme de longues galeries couvertes qui font tout le tour de l'édifice...» Et un peu plus loin: @En haut tous les bâtiments ont une terrasse plane et on peut y passer...» A Nâlanda chacun des huits couvents se composait € de trois élages superposés, chaque étage étant haut de plus de dix pieds* ». L'un de nos spécimens n’a qu'un étage, l'autre en a deux. On aperçoit encore les fenêtres qui éclairaient chaque cellule: elles sont garnies d'un écran de bois découpé en damier à la vieille mode indienne‘. Sous la véranda, munie d’un auvent et d'une balustrade, se tient toujours un moine, sans doute pour mieux spécifier la destination de lédifice représenté. Sur une des images, d’autres moines encore se promènent dans la cour du couvent où se pressent, comme à l'habitude, plusieurs édicules sacrés, ex-votos élevés par la piété des fidèles.

1. CF. la min. 1, 45 (non reproduite). En d'autres termes les traverses ou sûcts, placées entre les stambhas ou piliers verticaux, se croisent en forme d'X au lieu de former la barre horizontale d’un H.

ND I bot.

3. [-tsing, Les Religieux éminents, trad. Ed, Chavannes, p. 85-85. Il est très regrettable que le dessin dont I-tsing avait accompagné sa description ait été perdu (v. cbid., p. 93.)

h. Pour un de ces treillages en damier, v. par ex. les fenêtres d'un vieux monastère bouddhique de Pathan reproduit par M. C. Bendall, À Journey in Nepäl, pl. V.

Les &lâls ». — Parmi ces derniers, deux Qlâts » ou jayaslambhas méritent une mention spéciale. Nous reconnaissons aussitôt ces piliers isolés, dont le chapiteau servait de piédestal à une figure d'animal, assez analogues en somme à cette colonne des Naxiens, surmontée d'un lion ailé, qu'ont

fait découvrir les fouilles de Delphes. L'un d'eux (pl. E, 6)

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Fic. 2. — SuPARNA.

(Provenant de Mathurä. Musée de Lakhnau. Hauteur 0",54.)

porte un éléphant debout, comme le spécimen conservé de Sankissa'. Sur l’autre (pl. 1, 5) est posé un de ces êtres fabuleux à buste d'homme, avec un corps et des pattes d'oiseau, qui rappellent les harpies grecques et que les Indiens appellent des suparnas (cf. fig. 3). Selon toute apparence 1l s’agit même du roi des suparnas, c'est-à-dire de Garuda°. On

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