‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'Inde (volume 2)Chapitre 25 sur 92 · Cf. plus haut, p. 98, note · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 98, note

Nous abordons enfin les images assises et plus qu'humaines de cette divinité. Nous avons dit qu'elles étaient au nombre de trois : toutes sont spéciales au Ms. A. 15. L'une d'elles, à quatre bras, n’est pas inscrite‘. Celle qui vient ensuite est le € Seigneur au Parasol blanc ». Elle n'a pas moins de onze têtes disposées dans l’ordre habituel, par trois rangées de trois, surmontées de deux têtes superposées : elle est assise à l’indienne et ses douze bras sont armés pour la plupart d'attributs guerriers (pl. V, 5)°. La dernière enfin est toujours populaire au Népal et au Tibet sous le même nom et la même forme: c'est celle du &« Halähala Lokecvara* ». Comme sur notre figure, 1l a gardé ses trois faces, ses six bras, ses attributs belliqueux ou macabres de l'arc et de la flèche, du crâne qui lui sert de coupe et du serpent; détail plus typique encore et unique dans nos miniatures, 1l tient tendrement embrassée sa çakli dans le premier de ses bras gauches, tandis que celui de droite fait le geste de charité (v. pl. V, 6). Nous aurons à revenir sur ces images d’un caractère nettement tantrique.

1. Cf. la min. IT, 22. Comparez avec les Avalokiteçvaras assis à quatre bras de l'Inde, du Népäl, du Tibet et du Japon publiés par M. L. Waddell, J. R. A.S., 1894, pl. IT, 2 ; Bhagv. Indräji, loc. laud., pl. XXVIT, n° 22 ; L. Waddell, Lamaism, p. 228; Von Siebold, Loc. laud., pl. XIV, n° 94.

2. Of. la min. II, 371 (v. pl. V, 4). Pour la disposition de ces‘têtes on peut comparer les « Sahasrabhujas » cités plus haut, p. 106, note 2. Pour un exemple de statue d'Avalokiteçvara à onze têtes, v. Burgess et Fergusson, Cavetemples, pl. LV (cf. p. 357).

3. Cf. la min. II, 36 (v. pl. V, 6). Comparez les deux formes de « Halähala Lokeçvara » de Bhagv. Indräji, l’une à huit bras (pl. XXVI, n° 20) et l’autre à six (pl. XXVII, n° 21), comme notre miniature. V. également la description du « Halahala » tibétain dans M. L. Waddell, J. R. A. S., 1894, p. 80, n° 15. Plusieurs groupes tantriques très analogues existent au musée de Calcutta. Un d'eux, entre autres, a été décrit par Anderson (Catalogue, part Il, p. 272) qui, trompé par l’extrème ressemblance des attitudes et des attributs, l’a rangé parmi les sculptures brahmaniques et a cru y reconnaître une représentation de Civa en compagnie de Pärvati (Cf. un de ces groupes çaivas sur le bas-relief du Xauläsa

reproduit par J. Burgess, Ælurä Cave-temples, pl. XXVIT, fig. 3).

AVALOKITEGVARA (suite) PI. V

1 HE Ms. Add. 1643, n° 44

5 Ms. À, 15, n°31 3 sc = ” MN LA me Le IS, NE

6 À Ms. À.

LES BODHISATTVAS (SUITE)

Outre Avalokitecvara, nous trouvons encore dans nos miniatures des représentations identifiées de cinq autres Bodhisattvas, à savoir deux de Maitreya, quatre de Mañjuçri, une de Samantabhadra, une de Vajrapäni et deux de Vajrasattva. On les croirait choisis tout exprès parmi ceux que les textes nous ont le mieux appris à connaître. Nous revenons ayec eux au type purement humain.

Sr. — Mailreya.

Maitreya nous est représenté de couleur d'or, ainsi qu'il sied au futur Buddha de notre âge. On sait qu'il est tenu en universelle vénération par les bouddhistes, et qu'il accomplit en ce moment un dernier stage dans le ciel Tusita. C'est justement dans ce bienheureux séjour que nos deux images le montrent, s'il faut en croire les deux inscriptions”.

Les pèlerins chinois ont vu également de ces statues, dont la plus célèbre était au pays d’Udyäna, dans la vallée du Svât. La dévotion des fidèles tenait beaucoup à ce que la ressemblance fût garantie : la légende, qui a réponse à tout, contait comment l’arbiste, grâce à la puissance surnaturelle d'un

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