ENS ENFIN
S 1V. — Vasudhärd.
Il semble que les bouddhistes népàlais près desquels Bhagvanlàl Indräji a pris ses informations confondaient ensemble Vasudhârà et Mârict. De cette dernière ils ne lui ont d'ailleurs fourni aucune image. En revanche la représentation de Vasudhärà reproduite par le pandit paraît fort correcte, étant
d'accord non seulement avec les textes, mais encore avec la figure centrale d’un vieux mandala de la collecuüon B.-I. Hodgson et enfin avec nos miniatures". Nous ne saurions mieux faire que de traduire la notice détaillée en sanskrit qui accompagne l'image de B.-H. Hodgson : € Vasudhàärà n'a qu'une face: elle est couleur d’or: elle a six bras. À droite, la première main, posée sur le genou, accorde sa faveur, la seconde lient un joyau et la troisième fait le salut dit Buddhasmarana ; à gauche la première lient un vase d’or, la seconde un épi et la troisième un exemplaure de la Prajñäpäramila. Elle porte un riche diadème, etc. ». Toule cette description s'applique trait pour trait à nos deux miniatures. Toutefois, sur la min. I, 61, la figure centrale tient dans sa première main gauche un lotus rose et ce sont deux assistantes qui sont chargées du kalaça d’or ou, comme on l'appelle encore, du bhadraghata(v. pl. IX, 1). L'accord général serait d’au-
mrCte lens Es O1 Cv pl. IX, 1), et IE, 29 (non inscrite). V. Bhagrv. Indraji, loc. laud., pl. XXVIIT, n° 28, et p. 102 (où les statues de Màrici à trois faces, trainées par les sept sangliers, sont regardées comme des images de Vasudhärà) ; Räj. Mitra, Buddh. Sansk. Lit., p. 272, où il analyse un passage caractéristique du Vasundhardvratotpatty-avadäna ; collection B.-H. Hodgson (Népäl, n° 8), etc.
tant plus remarquable si notre image était bien celle de & la ville de Käñcipura (orth. angl. Conjeeveram) dans le Dekhan ». Quant à Vasudhârâ, en sa qualité de déesse de l'abondance, et de la richesse, elle n’est autre que le pendant féminin et la çakti de Kuvera où Jambhala. Nous la voyons dans Târänâtha apparaître à ses côlés et mêler ses dons aux siens. Quand Jambhala donne tous les soirs à un docteur charitable sept cents pièces d’or, Vasudhärà lui fait en même temps présent pour ses pauvres de trois cents ligatures de perles. Plusieurs autres légendes sont encore là pour nous prouver la valeur sonnante et trébuchante de ses bénédic- Uüons !. |
$ v. — Prajñäpäramila.
Ce livre que nous venons d'apercevoir dans la main supérieure gauche de Vasudhärà, nous allons le retrouver dans celle d’une autre divinité dont il est le symbole et qui, de son côté, est sa personmficalion. Chez les bouddhistes la « science transcendantale » a en effet ses idoles comme elle a ses recueils définifs. De même qu'elle s'écrit en diverses rédactions de cent vingt-cinq çlokas à cent mille, elle s’incarne en deux sortes de statues, à deux ou quatre bras. Ses images sont couleur d’or. Quand elle a quatre mains, la paire supérieure lient le rosaire etun exemplaire manuscrit d'elle-même: la paire inférieure est dans la pose de l'enseignement et c’est le geste que garde encore la forme purement humaine. Nous donnons de la première un gracieux exemple, de facture probablement bengalie, emprunté à l’une des tablettes du Ms. Add.
1643 (v. pl. IX, 4). Dans le corps du même manusenit et du
1. V. Târänâtha, trad. Schiefner, p. 220 et passim ; le Sucandra-asadaäna (Ràj. Mitra, Buddh. Sansk. Lit, p. 232), etc. — Sur l'emplacement exact de Käñci, v. R. Sewell. On some new discoveries in Southern India, J. R.A.S., 188/, p. 31.
Ms. A. 15 nous trouvons un spécimen de l'autre. Ce serait la Prajñäpäramità de la fameuse colline du € Grdhraküta » dans le Magadha. Or le «pic des Vautours » nous est justement donné, par le texte même du sütra, comme le site de sa prédication supposée : 11 ÿ a tout lieu de croire que cet emplacement traditionnel était effectivement marqué par une statue du genre de celle que nous trouvons deux fois reproduite dans nos documents". Au Népàl, nous dit Bhagvänlàl Indrâji, «les personnes désireuses de connaître la vraie religion rendent à la Prajñäpâramità un culte. » C'est exactement ce que Fa-hien, 11 y a quinze cents ans, a déjà vu faure dans l'Inde aux sectateurs du Mahäväna.
1. Cf. les min. EI, 5, et IE, 3 (v. pl. IX, 3) : l'inscription plus qu'à demi effacée du Ms. Add. 1643 se restitue aisément à l’aide de celle du Ms: A. 15. Pour les tablettes du Ms. Add. 1643, v. plus haut, p. 38. Cf. Bhagv. Indräji, pl. XXVIIE, n° 26 (image à quatre bras), et p. 102, et Fa-hien, trad. Beal, t. E, p. XXXIX.
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