‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'IndeChapitre 10 sur 53 · Entendez qu'il est jaune · texte numérisé non relu

Entendez qu'il est jaune

10. Var.: ce serait un lotus (vamakaksavasaktakamalikah, dans B2 et B3, ibid. ; Br n’a que omalikah). É

28 | LES BODHISATTVAS

« À l'Ouest est Bhrkuti, Hayagriva au Nord. Sur les deux, Bhrkuti a quatre bras, la couleur de l'or, un gros chignon ! ; à gauche, elle tient d'une de ses mains le triple bâton et de l’autre le vase à eau ? (des ascètes) ; à droite, elle fait de l’une le geste de l’adoration et tient de l’autre le rosaire ; elle a trois yeux. Hayagriva est rouge, nain, obèse ; ses cheveux hérissés sont d’un jaune flamboyant ; un serpent lui sert de cordon brahmanique *; un collier de barbe rousse entoure l’orbe de son visage ; ses trois yeux sont rouges et ronds; il a les sourcils froncés d’un froncement (ou comme Bhrkuti); il est vêtu d’une peau de tigre, armé d’un bâton, et fait de la main droite le geste de l’adoration.

« IT faut concevoir tous ces personnages les yeux fixés sur le visage de leur chef et disposés autour de lui au mieux de l'eflet à produire... » |

Avalokileçvara blanc à quatre bras. — Nous connaissions par les miniatures des formes blanches « extra-humaines » d'Avalokiteçvara : les sadhana lui en prêtent de toutes pareilles. L'un d'eux, dit Arya-sadaksari-mahavidya®, V'associe à une personmification du fameux mantra en six syllabes: Om mani padme ham. On peut en rapprocher celui qui le suit, bien qu'il n'ait d'autre titre que le nom ou plutôt la désignation de son auteur : Karandavyuhamnayena racilam, il est apparemment l’œuvre de quelqu'un qui suivait la tradition du Karandavyuha, c’est-à-dire d'un ouvrage que nous savons uniquement consacré à célébrer la grandeur d’Avalokiteçvara et l'efficacité de cette même formule hexasylla-

1. Var. : elle porterait sur la tête, en guise d'ornement, l’image d’un édifice sacré (murdhni caityalankrta). L

2. Sur ces attributs emblématiques de la vie religieuse, cf. Yajñavalkyasmrti, IIL, 58.

3. Var. : il aurait pour ornements des serpents (nagabharanah).

h. Que ce ne soient que de simples émanations de sa personne, une variante le prouve assez clairement : « C’est ainsi qu'il faut réaliser le Bienheureux (Avalokiteçvara) en cinq personnes, lui et son entourage : evam pañcatmako Bhagavan bhävaniyah saparivärah. » On comprend dès lors pourquoi Târanâtha nous parle constamment des « cinq divinités Khasarpana » (trad. Scuigrner, p. 143-5).

AVALOKITECÇVARA 2 9

bique'. L'un et l’autre donnent à leur héros quatre bras: la première paire de mains est réunie devant la poitrine; la seconde porte les attributs habituels, à droite le rosaire et à gauche le lotus rose”. Là se borne toute leur nouveauté.

Hälähala-Lokecvara. — Une autre conjuration d'un Avalokiteçvara à trois yeux, trois faces et six bras mérite de nous arrêter plus longtemps: elle porte, en ellet, le même nom qu'une de nos miniatures” et celle-c1 est d'autre part la seule qui nous présente un Bodhisattva en compagnie de sa çakli. Nous donnons in exlenso le texte d’une des trois versions pour en faciliter la comparaison avec l'image (P. E.,

gun IT 30;pl. V::6):

Namo Halahalaya !

Pürvavac chünyatäparyantam bhävayitva :

Hrih-kärabijanispannam Halähala(m) mahakrpam, Trinetram trimukham caiva jatämukutamanditam :

Prathamaäsyam sitam nilam daksinam vämalohitam ; Caçañkärdhadharam mürdhni kapäalakrtaçekharam,

Jatäntahsthajinam samyak sarväbharanabhüsitam. Sitaravindanirbhäsam çrügararasasundaram,

Sadbhujam smeravaktram ca vyäghracarmambarapriyam, Varadam daksine panau dvitiye cäksamalinam,

1. Cf. Ras. Mira, Sanskrit Buddhist Literature of Nepäl, p. 101 et 95. De son côlé Bhagv. Indräji a publié un Avalokiteçvara à quatre bras du même modèle sous le vocable de Kärandavyuha-Lokeçvara (B. Myth. Nep., pl. XXVIL, fig. 22 et p. 102). …

2. Caturbhujam, vamatah padmadharam, daksinato ’ksasutradharam, aparabhyam hastabhyam hrdi samputäñjalinisthitam (Aryasadaksarimo Lo so: Mss. B1, fol ro v°; B2, fol. 6 vw; B5, fol. g v°). — Caturbhujam, daksine kare ’ksamaladharam, vamakare padmamanivibhusitam, dvau hastau samyuktau, etc. (Karandavyuhas : Mss. Br, fol. xx v° et 12 r° ; Bo, fol. 8 ro; B3, fol. ro vo.)

3. Le nom est tiré de celui du poison halähala, ce qui est d’ailleurs l’ortho-

graphe de l'inscription de la miniature II, 56; cf. plus bas, p. 30. |

50 LES BODHISATTVYAS

Trtiye çaranartanam väme ksepadharam tatha, Dvitiye sitapadmam ca trttye stanam eva ca :

Vämajanuna sitäm devim dadhänam, vamena kamaladharäm, daksinena bhujena Bhagavadäliñganaparam, kusumaçobhitajatakaläpam ; daksinaparçve, sarpavestitam triçülam ; vamaparçve padmasthakapalam nanasugandhikusumaih sampürnam ; raktapadmacandre Hlaksepasthitam vibhävayed Bhagavantam. Tato mantram japet : Om

Vajradharma brih.

(Halahala-Lokeçvara-sadhana : Mss. Br, fol. 22 v° et 23 r°: Bo, fol. obirret v-B3;Moler 0 miser Aloe tar)

« Hommage à Hälähala ! Qu'on procède comme ci-dessus jusques et y compris la méditation sur le vide: de la syllabe « Hrih! » comme germe naît Hälähala, le grand compatissant! ; il a trois yeux et trois faces : il est paré d’un chignon en forme de tiare ; son premier visage est blanc, celui de droite bleu, celui de gauche rouge; 1l porte sur la tête une moitié de lune, un crâne lui sert d’aigrette, et dans l’intérieur de son chignon se tient le glorieux (Amitäbha) ; il est orné de toutes les parures, il est blanc comme un lotus blanc; une amoureuse émoüon l’embellit encore ; il a six bras : son visage est souriant ; il se complait dans son vêtement de peau de tigre: de ses mains droites (en commençant par en bas), 1°1l épand ses faveurs; 2° il porte le rosaire ; 3° 1l fait danser une flèche; de ses mains gauches (en continuant de haut en bas) ?, il tient : 1° l'arc ; 2° un lotus blanc; 3° le sein (de sa Cakli).

« Il porte sur son genou gauche la déesse ; celle-ci, blanche, a un lotus dans la main gauche et de la droite tient embrassé le Bienheureux : des fleurs parent la masse de son chignon. Du côté droit, il y a un trident enveloppé d’un serpent ; du côté gauche, sur un lotus, un crâne rempli de diverses fleurs parfumées. Le Bienheureux se tient sur une lune au-dessus d’un lotus rouge ?, assis à l’indienne, la jambe droite allongée * : c’est ainsi qu'il faut le réaliser. Qu'on prononce ensuite la formule: € Om! Vajradharma ! Hrih ! >

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