‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'IndeChapitre 13 sur 53 · Min., I, 6et II, 4; cf. P. E., p · texte numérisé non relu

Min., I, 6et II, 4; cf. P. E., p

3. Var.: Udyayanao, Uddiyanao, Udiyana-kramena, etc. Cf. P. E., p. 127,

etc.

AVALOKITEGVARA 37

sattva est de forme humaine (sauf Le troisième œ1l frontal), du plus beau rouge, assis à l’indienne sur un lotus rouge, et | ses attributs redoutables sont le lacet terminé en guise de poignées par des foudres et le croc à conduire les éléphants”.

Rakta-Lokeçvara. — Cet Avalokiteçvara rouge, à quatre bras, se tient sous un arbre açoka couvert de ses fleurs rouges et ajoute aux deux précédents attributs l'arc et la flèche : il a Tara (verte) à sa droite et à sa gauche Bhrkuti”.

Padmanartecvara- Lokeçvara. — Ce « prince de la danse » de forme seulement humaine, tient embrassée de la main gauche sa çakti, Paändaravasinï, et fait de la droite le « geste de la danse » : 1l est d’ailleurs assis sur le cœur d’un lotus et tout autour de lui huit divinités occupent les huit pétales : ce sont d'abord aux quatre points cardinaux Vilokini (blanche), Tara (verte), Bhürini (jaune) et Bhrkutï (blanche), puis aux points collatéraux Padmaväsini (jaune), Vajrapadmeçvart (couleur de l’espace), Viçvapadma (blanche), Viçvavayra (de toute couleur !)". Une autre version immédiatement suivante lui donne dix-huit bras, mais seulement les quatre assistants ordinaires, Tara, Sudhanakumära, Bhrkuti et Hayagriva.

Nilakanthäryavalokitecvara. — C’est un Bodhisattva jaune : son chignon, où siège Amitabha, est orné d’un croissant: sa gorge, comme son nom l'indique, est bleue: 1l est assis,

1. Lokecvaram sarvängamahärägaraktam, ekamukham, dvibhujam, trinetram, ... vajrankitapaçankuçahastam, raktapadme vajraparyankanisannam ... atmäanam vicintya... (Mss. À, fol. 47 ro; Br, fol. 26 ro; B2, fol. 29 ro et wo; B3, fol. 24 ro et vo). — D'après le Svayambhu-purana c’est ce Lokeçvara (the subduer of the three regions, cf. R. Mrrra, loc. laud., p. 258) que le Népäl honorerait sous le nom civaïte de Paçupati.

2. Daksinottaraparçve Tara-Bhrkutidevidvayasahitam, ... paçankuçadhanurbanacaturbhujam ... raktakusumäcitäçokataror adhastad avasthitam ätmänam vicintayet (Mss..A, fol. 49 a, ro ; Br, fol. 27 vo ; Ba, fol. 31 ro ; B3, fol. 25 ro).

3. Il serait inutile de répéter ces énumérations : cf. Mss. À, fol. 44 a, vo et h5,a, r° ;:Br, fol, 24 re etv° ; Ba, fol. 27 ro et vo; B3, fol. 23 re,

38 LES BODHISATTVAS

au-dessus d’un lotus rouge, sur une peau d’antilope tachetée ; ses jambes sont étroitement croisées à l’indienne; ses mains sont posées l’une sur l’autre dans son giron, selon le geste de la méditation, et, par-dessus, 1l porte un crâne rempli de divers joyaux; son cordon brahmanique est fait en peau d'antilope noire et son vêtement en peau de ügre; il n’a pas de bijoux”. | Mayajalakramaäryävalokitecvara. — Ce Bodhisattva, dont le nom signifie apparemment « celui qui passe au travers du filet de l'illusion » est & de couleur noire »: par suite, il faut s'attendre à le trouver peint en bleu sur les images. Il est debout dans la position inverse de celle du tireur à l'arc : en ahdha, celui-ci tend, en effet, la jambe droite et plie la gauche ; en praly-älidha, notre personnage, tendant la gauche et pliant la droite, se trouve fendu dans la position du üreur à l'épée (cf. fig. 4 et 7). Un disque solaire lui prête une plate-forme rouge au-dessus d’un lotus rouge: 1l a cinq faces à trois yeux et à dents proéminentes ; les deux faces de droite sont blanche et rouge, les deux de gauche jaune et verte; le visage central est naturellement noir comme le reste du corps. Ses douze mains tiennent à droite le tambourin, le sceptre magique, le croc à éléphant, le lacet, le foudre et ‘la flèche: et, à gauche, en recommençant par en bas, l'index levé, le crâne, le lotus rouge, le joyau “le disque et l'arc. Une guirlande de têtes fraîchement coupées le pare: 1l est nu *.

y. Pitavarnam, ardhacandrañkitajatamukutinam, Amitabhopalaksitacirahpradeçam, raktapadmopari sthitam, krsnasäraharinacarmani vajraparyankinam, samadhimudropari nänäratnaparipurnakapaladhärinam, aineyacarmakrtayajñopavitam, vyaghracarmambaradharam, nirabharanam, nilakantham... (Mss. Br, fol.:28 ro et vw; Ba; fol) 31 ro Bä;Mol,,26 r$).

2. Krsnavarnam, pratyalidhastham, suryamandalasthitam, pañcamukham, trinetram, dvadaçabhujam, sitaraktadaksinamukhadvayam, tathä pitaharitavamamukhadvayam ; daksinabhujair damarukhatvañgankuçapaçavajraçaradharam, vamabhujais tarjanikapalaraktakamalamanicakracapadharam, -damstrakaralavadanam, sardramundamälalankrtaçariram, nagnam... (Mss. A, fol. 4g v° et 5o 05 Ba; tol.,38 005. B2, 101: 82 PSM OP 2070 et ve) |

MANJUGRI 39

Ces multiples transformations d'Avalokiteçvara nous font ainsi passer des formes les plus gracieuses aux plus horribles : mais, à travers ces divergences, toutes témoignent d'une commune préoccupation. Nous avons déjà fait observer le rapport frappant qu’elles présentent avec les figures du Civa brahmanique”. Ici même le lecteur aura noté au passage, dans les pages qui précèdent, le friçula, le croissant de lune, le crâne, la dholi tigrée de Simhanäda et de Halähala, la pose de la çakli de ce dernier et de Narteçvara, la peau d’antilope noire et le vase à eau de Harihariharivahanodbhava, la gorge bleue et l’attirail ascétique de Nilakantha, les cinq faces de Mäyajalakrama, ete. : ce sont là autant de traits ou d’attributs çivaïtes. Mais les sädhana ne se bornent pas à confirmer l'impression que nous avaient laissée les miniatures : ils nous permettent encore d'ajouter que, dans l'esprit des fidèles, la ressemblance était consciente et volontaire. Les titres, à eux seuls, en font foi. Le Aalähala est le poison mortel qui sortit du barattement de l'océan ; c'est pour avoir sauvé le monde en le buvant que Giva a gardé la gorge noire (ou bleue) et le surnom de Nilakantha; quant au vocable de Narteçvara, il est assez clarement calqué sur celui de Nateçvara. Bien aveugle qui ne voudrait voir que ces épithètes ont été choisies à dessein pour insister sur le rapprochement des deux divinités et favoriser un de ces essais de syncrétisme auxquels la dévotion indienne s'est toujours montrée enchine.

$S 1. — Mañjucri.

Les sädhana consacrés dans notre collection à Mañjuçri sont au nombre d'une quarantaine, c'est-à-dire plus nom-

1. P.E., p. 172 et sqq.; M. Grünwedel est du même avis dans Myth., p. 134, et l’idée a déjà été émise par M. J: Burgess.

1o LES BODHISATTVAS

breux, mais en revanche moins variés que ceux d’Avalokiteçvara. Nous renverrons cette fois encore à la fin les images monstrueuses. Parmi les types purement humains, nous distinguerons aussitôt deux classes distinctes: dans la première l’attribut essentiel est le lotus bleu, dans la seconde l'épée. Nous aurons, en outre, la surprise de constater que la couleur de safran, qui est foncièrement celle de Mañjucçri, n'est pas constante et fait quelquefois place au blanc: on conçoit que ce flottement ait pu favoriser entre ses images et celles d'Avalokitecvara des confusions dont nous avons trouvé la trace dans la figure du Simhanäda (cf. p. 37).

Type Humain Au Lorus. — Sous celte forme, Mañjucçri reçoit presque indifféremment les noms de Mañjughosa, Mañjunäatha, Mañjukumära, Mañjuvajra, ou de Vädiray, Vädiraja, Vagiçvara, elc. Type et épithètes sont connus des miniatures et de leurs inscriptions et le texte suivant — supplémenté à l'habitude par des variantes empruntées aux versions analogues — peut servir de commentaire aux

figures déjà publiées(P. E., pl. VI, 5 [min. I, 64] etfig. 17).

Namah. Cri-Vadirän-Mañjughosaya.

Prathamam tävan mukhapraksälanaädikam krtva .... ätmäanam Mañjuçrirüpam vibhävayet: pitavarnam, vyakhyänamudrädharam, ratnabharanam, ratnamukutinam, vämenotpalam, simhäsanastham, Aksobhyäkräntamaulinam bhävayed ätmänam.

Tato daksinaparçve su-kärabijasambhavah Sudhanakumaro!, nanaratnäbharanojjvalo, ratnamukuti, sarvadharmaikapustakakaksaniksiptah, samputañjalipürvakas tisthet ; väamapärçve Yamärih, krsnavarno, humkärabïjodbhavo, vikrtänano, mudgarahastah, piñgalordhvakeco, nagabharanabhüsitah.

Tato daksinottaraparçve candraprabhasüryaprabhau. Pürvadidig-

1. Les Mss., entraînés par l'habitude, mettent machinalement le sujet Sudhanakumära et ses épithètes à l’accusatif; à noter encore qu'ils écrivent : © kakseniksipla 0.

MANJUCRI 1

bhäge(su) Vairocanaratnasambhavamitabhämoghasiddhayah ; ägneyadikonesu Locanämamakïpandarataraç ceti…

(Mañjugrti-sadhana : Br, fol. 31 v°; B2, fol. 36 r° et u°, B3, fol. 28 PILOR UP)

Hommage à N.-S. Mañjughosa, le roi des controversistes ! ! Après avoir commencé par se laver le visage, etc., qu'on se réalise sous la forme de Mañjucçri : de couleur jaune ?, les mains faisant le geste de l’enseignement *, paré de joyaux, couronné de joyaux‘, le lotus bleu sur le côté gauche *, assis sur un trône (de lions)f, (son Dhyani-Buddha) Aksobhya installé dans sa coiffure ; qu'on se réalise soi-même ainsi.

Puis, du côté droit, que Sudhanakumära se tienne, né de la syllabe : « Su! » comme germe, resplendissant de joyaux; couronné de joyaux, le livre unique qui contient toute la loi jeté sous l’aisselle, en saluant de ses deux mains soulevées et réunies en coupe ; et, du côté gauche, Yamari, de couleur noire, sorti de la syllabe « Häm ! » comme germe, le visage difforme, la masse à la main, ses cheveux roux hérissés, ayant des serpents pour parure ?.

Puis, à droite et à gauche, Candraprabha et Süryaprabha à. Aux quatre points cardinaux, en commençant par l'Est, Vairocana, Ratnasambhava, Amitaäbha, Amoghasiddhi*; aux points colla-

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