‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'IndeChapitre 22 sur 53 · Lire : °cudabhir · texte numérisé non relu

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ram, vyäghracarmanivasanam ; daksine khadgamudgaravajrani, vame ghantavajrapaçamusalan dhärayantam, mukute”ksobhyam vibhävayet.…

(Krsnayamari-sadhana : Mss. A, fol. 130 r°; Br, fol. 208 v°; Bo, fol %250 0 1BSMOL EE TEE)

« Hommage à Yamaäntaka! Qu'on développe le germe : « Häm ! » jusques et y compris (la méditation sur la notion de) pureté! : puis, sur un soleil ?, de la syllabe « Hüm ! » surgit Yamaäantaka, furieux, les cheveux hérissés, noir, à six faces, à six bras, à six pieds : il est monté sur un buffle, debout et fendu vers la droite ; une guirlande de têtes humaines enfilées par leurs mèches le pare*; il est on ne peut plus épouvantable : une peau de tigre le vêt; à droite, il tient l'épée. le marteau et le foudre; à gauche, la clochette, le lacet à poignées de foudre, la massue ; dans sa tiare siège Aksobhya: qu'on le réalise

ainsi #... »

Il serait difficile de renchérir sur tant de hideur: 1l ne le serait pas moins de reculer les bornes de l'indécence au delà des descriptions du Yamäri rouge: nous prenons, ici encore, le premier texte qui se présente dans les ma-

nuscrits :

Etat sarvam parinamya, Yamaäntakam vicintayed ätmänam : raktavarnam, pratyalidhapade sthitam, ekamukham, dvibhujam, vamakare raktapurnakapalam , daksinakare mundañkitasitadandadharam, sarpabharanabhüsitam, bhayänakam, piñgalordhvakeçam, galadvya-

1. On sait que celte notion est identique à celle, ordinairement mentionnée,

du « vide ». Cf. plus haut, p. 9.

2 ACFAD-09: 040:

3. C'est ce qu’on voit sur les monuments: autrement on aurait encore pu entendre qu’il s'agissait d’une guirlande de scalps.

k. Cette description s'applique fort exactement à une statue que nous avons vue dans le monastère brahmanique de Bodh-Gaya à côté de la fig. 4 (cf. p. 58), mais dont nous ne possédons pas de photographie. Un médiocre dessin, accompagné d’une identification erronée, en a été publié par R. Mirra, Buddha-Gayd, pl. XXXI, 4.

UM UDT: raktaparipurna®.

TRAILOKYAVIJAYA 97

ghracarmaämbaram, svabhaprajñaya vicitrabharanay'alidhapadasthita®yaähñgitam ätmänam bhävayet.…

(Aryaraktayamari-sadhana : Mss. A, fol. 129 bis, r° et u°; Br, lol. 200 bar iobassu Bo, fol. 1080)

« .. Avant développé tout cela, qu'il s'identilie en pensée avec Yamäntaka : 1l est rouge, debout et fendu vers la droite, à une seule face, à deux bras: dans sa main gauche, il tient un crâne rempli de sang et, dans sa main droite, le bâton blanc orné d’un crâne: des serpents composent sa parure; il est épouvantable; ses cheveux sont hérissés ; une peau de tigre, encore toute dégouttante, le vêt ; sa prajña, de même couleur que lui, très parée, debout et fendue vers la gauche, le tient embrassé * : qu’on réalise (sous cette forme) son identification avec lui. »

S 1v. — Trailokyavijaya.

Il semble que nous pourrions en rester là: tout ce qu'il était utile de prouver par des citations, c'est que l'horreur ou l’obscénité des images tibétaines ne fait, en somme, que s'inspirer complaisamment de la tradition indienne. L'impression que nous avaient laissée sur ce point les miniatures”, se trouve ainsi confirmée par les textes. Quant à répéter vingt descriptions toutes plus ou moins pareilles, nul apparemment n'en a cure, et volontiers l’on penserait que le reste de cette bande démoniaque ne vaut pas l’honneur d’être nommé. Ce serait toutefois une erreur de le croire. Le hasard

1. Sic, dans Ms, A. Les Mss. B ont : vicitrabharanam älidhao, ce qui est une faute manifeste.

2. Sic, dans Ms. A. Les Mss. B ont: alidhapadasthitasthitayao ; le çakti se tiendrait sur lui qui se tiendrait en aldha ; c’est une erreur : il est dit en pratyalidha (dans la pose du tireur à l'épée) et sa çakti qui lui fait face est dans la pose symétriquement inverse (du tireur à l’arc). Cf. p. 38. | __ 3. Tout ceci est l’exacte description (sanskrite) de la fig. (tibétaine) 147 de la Myth. de M. GRÜNWEDEL.

42 CF: PE, p. 165.

de la rencontre d'une statue peut, en effet, jeter des flots de lumière sur la plus obscure de ces personnalités. C’est ainsi que nous avons vu l’une d'elles prendre soudain à nos yeux le relief le plus inattendu. Nous avions eu l’occasion de photographier, dans une sorte de petit caveau, au coin de la

grande cour du couvent brahmanique de Bodh-Gayä, une

image dont l'allure caractéristique nous avait frappé, mais dont l'identité nous était inconnue (fig. 4). Or, lisez et comparez :

Pürvoktavidhänena sürye nila-hüm-kärajam Trailokyavijayabhattarakam nilam, caturmukham, astabhujam ; prathamamukham krodhaçrügaram, daksinam raudram, vämam bibhatsam, prstham virarasam ; dvabhyam ghantavajranvitahastabhyam hrdi vajra-hüm-karamudrädharam, daksinatrikaraih khadgaäñnkuçabanadharam!, vamatrikaraiç capapaçacakradharam ?; pratyalidhena vämapadakräntamaheevaramastakam, daksinapadavastabdhagauristanayugalam : buddhasragdamamaladivicitrabharanadhärinam * ätmäanam vicintya, mudram bandhayet: tatra mustidvayam prsthalagnam krtva kanïyasidvayam çrükhalakarena yojayed iti mantrah : Om, etc.

(Trailokyavijaya-sadhana : Mss. À, fol. 128 v° et 129 r°; Br, fol. 194 r° et ut: 1PBa;tol, 217 et085 1593 Mol 050)

« Qu'on procède comme ci-dessus: sur un soleil’, de la syllabe « Ham! » bleue naît le Seigneur Trailokyavijaya : 1l est bleu, à quatre faces, à huit bras : son premier visage exprime une amoureuse fureur, celui de droite la colère, celui de gauche le dégoût, celui de derrière l’héroïsmef; de ses deux mains (originelles) munies de la clochette et.

1. Mss. Br : khatvangankuça® (sceptre magique et croc) ; B2 et B3: khatvankuça. La leçon de À est confirmée par la fig. 4.

2. Ex conj.: Mss.: °vajradharam ; mais le vajra parait déjà dans la première , main de droite; cf. fig. 4.

3. Mss. À : buddhao ; Mss. B : baddha° : la première leçon est évidemment la bonne (cf. fig. 4), mais peut-être les scribes ne la comprenaient-ils plus.

h. Mss. À : Ovicitrambaranadhärinam ; Br, °vicitravarabharanam ; B2 et B3: ovicitrambarabharanam.

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