PLAN DU TRAVAIL
nous n'avons fait qu'en réduire la manifestation au strict nécessaire. Dans l'espèce, nos extraits, roulant tous au fond sur le même sujet, ne comportent qu’un vocabulaire des plus restreints, ou, pour mieux dire, ne font que ressasser, en un sanskrit qui veut être correct, une série d'expressions consacrées : si l’on fait encore entrer en ligne de compte le nombre de nos manuscrits et l'excellence des plus anciens d’entre eux, on admeltra volontiers qu'il soit aisé de tirer de tous ces passages parallèles une lecture pleinement satisfaisante, sans que l'éditeur ait à introduire aucune correction ou conjecture qui soit de son cru et doive, par suite, être notée. Quant à relever pieusement, comme autant de variantes, les constantes bévues orthographiques du scribe du Ms. Dev. 125, par exemple, 1l va de soi que ce serait perdre son temps et celui d'autrui. Enfin, que les indianistes nous excusent d'avoir joint une traduction française à des textes d’apparence aussi facile : le nombre sans cesse croissant des images bouddhiques dans les collections européennes et l'intérêt grandissant quis y attache, peuvent rendre cette étude utile, el, par suite, nous ont fait un devoir de la rendre accessible à d'autres encore qu'à eux.
Nous adoptons naturellement pour cette nouvelle étude l'ordre déjà suivi dans la première et qui correspond d’ailleurs assez bien à celui des manuscrits, sauf que dans ces derniers les déesses semblentavoir la préséance sur la plupart des dieux. Nous passerons donc tour à tour en revue les divinités masculines (Buddhas, Bodhisattvas et génies d'ordre secondaire), puis les féminines, à commencer par Tara. Étant donné le caractère spécial de nos documents, nous verrons défiler un nombre particuhèrement grand de ces déités qu'on a coutume et sujet d'appeler tantriques, en raison du fait que leur culte est préconisé dans les {antra. À propos de quelques-unes seulement d’entre elles nous pourrons dès à présent trouver dans les peintures et les sculptures de l'Inde les éléments
d'une comparaison entre la littérature et l’art indigènes du Bouddhisme, soit que nous nous servions des miniatures et des statues déjà publiées ou que nous donnions quelques nouvelles reproductions. Mais si nous continuons à nous imposer la règle absolue de n'’éditer que des monuments purement indiens, nous ne nous interdisons pas, comme bien on pense, derenvoyer aux productions de l’art lamaïque, alors surtout que la tradition indienne s'y est conservée d'une façon si frappante et si instructive. Aux ouvrages déjà énumérés dans notre première Étude (p. 10) sont venues s'ajouter la Mythologie du Bouddhisme au Tibet el en Mongolie de M. Grünwedel et la récente publication de cent planches, représentant trois cents divinités, par M. Serge d'Oldenbourg dans la Bibliotheca buddhica (t. V, Saint-Pétersbourg, 1903): elles achèveront de fournir au lecteur les 1llustrations dont il peut avoir besoin pour éclairer la lettre des sädhana”.
1. Nous devons des remerciments particuliers à M. V. Henry, professeur à l'Université de Paris, et à M. S. Lévi, professeur au Collège de France, qui ont bien voulu lire, le premier le manuscrit, et le second les épreuves, de ce travail.
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