LE BUDDHA
Nous avons déjà remarqué que les miniatures des Mss. enluminés nous présentaient relativement peu d'images du Buddha : les sadhana nous en fournissent encore moins de descriplions. On se faisait apparemment serupule de le mêler à toute cette thaumaturgie ; et, d’ailleurs, pour l'aider dans ses entreprises, le charmeur de divinités avait mieux sous la main qu'un Buddha mort. Les trois seuls textes de la collection qui soient consacrés au Gakya-muni l'invoquent sous le nom de Vajraäsana : « Siège de diamant (ou du foudre)», et confirment ce que nous avaient déjà appris nos miniatures sur le véritable sens de cette expression. Elle sert à désigner proprement la statue miraculeuse du temple de Mahäbodhi. près de Gay, laquelle représentait le Bienheureux au moment où 1l allait atteindre l’illumination suprême”. Détail à noter,
1. Hiuan-tsang, qui l’a vue, le spécifie expressément : « au moment où :ül commença à devenir un Buddha (Stan. Jurren, [, p. 466): when he first reached the condition of Buddha ($. Bear, IT, p. 120). » Ainsi s'explique tout naturellement — et sans qu’il soit besoin de recourir à l'hypothèse, selon nous controuvée, de M. Th. Bloch, d’après laquelle toutes les statues bouddhiques ayant l'épaule droite découverte seraient des Bodhisattvas et non des Buddhas —
nous retrouvons encore 1c1, dans le titre d’un des sädhana, associé à ce vocable dont les témoignages chinois nous prouvent la célébrité dans toute l'Asie, la seigneuriale épithète de Bhaltäraka. Selon la règle que nous avons dù adopter nous donnons seulement l’un des trois textes : mais nous le compléterons ensuite en empruntant aux deux autres les variantes qui peuvent y ajouter quelque précision :
RU Grimad-Vajrasana-Buddha-Bhattärakam ätmäanam « Rt » it nispadayet : Dvibhujaikamukham, pitam, catur-Mära-sañghatitamahäsimhäsanavaram, tadupari viçvapadmavajre vajraparyañkasamsthitam, vamotsañgasthitavamakaram, bhüsparçamudrädaksimakaram !, bandhükarägärunavasträvagunthitatanum, sarvañgam, pratyañgam secanakavigraham ? vicintya : «€ Om ! dharmadhätusvabhävätmako ham » ity advayähamkäram kuryat. j
Tadanu Bhagavato daksine Maitreyam Bodhisattvam, suvarnagauram, dvibhujam, jatamukutadhärinam, grhitacämaradaksinakaram, naägakeçarapallavadharavamakaram ; tathaä vame Lokeçvaram Bodhisattvam, çuklam, jatamukutinam, camaradhäridaksinabhujam, kamaladharivämakaram ; etad dvayam Bhagavan-mukham abhiviksamanam paçyet…
(Vajrasana-sadhana :"Mss’ Bi, 4010 r% et: "Bo, Holmes B3; tal. Su.)
ME Que par la vertu du mot « Rt » il s'identifie avec Notre-Seigneur le Buddha du Siège-de-Diamant (ou du foudre) : il a deux bras
qu'une réplique de cette image puisse être désignée comme une pratima du Bodhisattva (Gunnincnam, Mahäbodhi, pl. XXV; Th. Bcocu, An ancient inscribed Buddhistic statue from Çrévastt, J. A. S.B., LXVII, P.I, n° 4, 1898, p. 282-5) : au moment où elle représente le Maïtre, celui-ci est encore, au point de vue théologique, un Bodhisattva, alors qu'il est déjà, iconographiquement parlant, un Buddha. L'intérêt qu'avait pour les fidèles cet instant décisif de la vie du Tathägata a dû être pour beaucoup dans la vogue de la dévotion particulière au Vayraäsana (V. P. E., p. 90-94, et, pour une réplique de cette image à Java, Bull. Éc. fr. Ext.-Or., LI, 1908, p. 70).