‹ Étude sur l'iconographie bouddhique de l'IndeChapitre 36 sur 53 · la lance (çakti) la coupe fcasaka · texte numérisé non relu

la lance (çakti) la coupe fcasaka

8. le marteau {mudqara) le lotus bleu (utpala) 9. la massue /musala) la clochette {ghanta) 10. le couteau (karttrka) la hache (paraçu) 11. le tambourin {damaru) la tête de Brahma (brahma-ciras) 12. le rosaire {aksamala) le crâne {kapala)

Après cela il faut tirer l'échelle. Bornons-nous à signaler, pour finir, une Tara à quatre bras et qui pousserait l'éclectisme jusqu'à être à la fois de toute forme et de toute couleur’. Le programme paraît assez difficile à réaliser ; mais 1l ne faut jamais défier un artiste bouddhique en veine de ce que nous appellerions & byzantinisme » : et, en fait, il existe de ces images de divinités viçvarapa*!

1. Caturbhujam, raktaçyämakrsnaçuklavarnam, viçvarüupam, etc. (Mss. Br, fol. 86 r° ; B2, fol. 103 ro; B3,;.fol. 75 vo.)

2. Collection Hodgson, à la Bibliothèque de l’Institut de France ; Nép. 2. — Pour épuiser la liste des Tara, citons enfin celle « au piédestal » (Pitha-Tara) qui ne parait que dans les Mss. Bo, fol. 250 r° et vo et B5, fol. 1g1 ro.

La figure de Tarä présente ainsi un curieux mélange de formes bénignes saumya) ou terrifiantes /ghora). Peut-être ce petit fait d'expérience nous fournit-1l provisoirement le meilleur indice de classification pour les divinités féminines qu'il nous reste encore à examiner. Sur le nombre nous en trouvons au moins quatre qui semblent garder en toute circonstance leur aspect propice, ou, comme disent les Indiens, (apaisé » {çanta): c'est à savoir Cundä, Vasudhära, Prajñapäramila et Usnisavijaya: de toutes, nous possédons des images. Chose curieuse à constater, ce sont les monuments figurés qui nous en présentent les types les plus complexes et les plus chargés d'accessoires. Au contraire nos textes ont fait à leur sujet la gageure de nous étonner par la sobriété

inattendue de leurs évocations.

S 1. —— Cunda.

Prenons pour commencer Cundä (cf. P. E., p. 142 et sqq.). Nos miniatures nous en montrent deux répliques, l’une à quatre bras (P. Æ., man. I, 58 [pl. VIE, 3 et cf. fig. 24] et II, 32), l’autre à seize (P. B., min I, 51: pl. VHL 4 et cf. fig. 25). Notre collection de sadhana, plus raisonnable, ne

GUNDÀ SI

connaît que la première. En voici, choisie entre trois, une description commune à nos quatre manuscrits :

… Tataç cum-nispannäm Cundäm ! çaraccandraprabhäm, (ekamukhäm?), caturbhujäm, sarvalañkärabhüsitam, daksine varadäm, vame pustakapadmadharäm, çesabhujabhyäm ? patradharam ; padmacandre sattvaparyañkäsinam bhävayet…

(Cunda-sadhana : Mss. À, fol. 113 vw; Br, fol. 95 ve; B2, fol. 114 r° ; SEA C 0er MP SE)

« Puis, qu'on réalise, née de la syllabe : « Cum! », Cunda: elle a l'éclat de la lune d'automne “, une face, quatre bras; elle est parée de tous les ornements ; à droite elle fait le geste de la charité, à gauche elle tient un lotus rose surmonté d’un livre’: des deux bras qui lui restent elle tient un vase à aumônes : elle est assise, sur la lune d’un lotus, dans l'attitude dite sattva..…. »

Un autre texte ajoute qu'elle porte Vajrasattva dans sa coiffure *. En comparant cette description à nos peintures, on aura vite fait de voir que celles-ci ne s’en écartent matériellement que sur deux points : au lieu d’abaisser l’une des mains droites en varamudra, elles la font se redresser pour élever, symétriquement au livre, le rosaire, sans que d’ailleurs ces altributs aient pour support un lotus”: la seconde différence, plus grave, porte sur la couleur, que les sädhana disent blanche, que les miniatures font rougeâtre. Nous insistons

Le Ms. B2 écrit : Cundram.

Suppléé du texte précédent.

Sic dans Ms. À ; Br et B2 ont °bbujam ; B3 a: chhuja°.

Nous avons déjà vu que cette phraséologie revient à dire qu’elle est blanche. Var. précisant le sens : pustakankitapadmadharam.

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