Mss. B2 et B3 : bhüusprçac
2. Sic dans les Mss.; lire : sevanakavigraham ? mais vigraha dans ces textes signifiant « corps », le sens ne serait pas plus satisfaisant. Nous croyons qu’il faut corriger en : asecanakavigraham, c’est-à-dire « au corps charmant » : comparez (par ex. dans le Divyavadäna, éd. Cowezc et Nez, p. 366, etc.) l’épithète couramment appliquée au Buddha d’asecanakadarçana, « aimable à voir ».
LE BUDDHA à LEZ
et une seule face : il est jaune; son grand trône royal (supporté par des lions) est flanqué de quatre (démons) Märas et surmonté d’un lotus pleinement épanoui, porteur d’un foudre, sur lequel il se tient
Fic. 1. — Buddha du Vajrasana.
(Dans la cour du temple de Mahäbodhi, à Bodh-Gayà. Hauteur 1".)
dans la posture du foudre (les jambes étroitement croisées à l’indienne) ‘ : dans le côté gauche de son giron repose sa main gauche ; sa main droite fait le geste de toucher la terre (du bout des doigts
1. Nous allons revenir sur l'interprétation de ce passage du texte par les monuments. Le sens technique de simhäsana — trône royal, nous est attesté par Hiuan-tsang (trad. Stan. Jurren, Mémoires, 1, p. 67).
allongés, la paume en dedans); des vêtements de la couleur brunrougeâtre que donne la teinture de bandhuka! l’enveloppent ; il est parfait de corps, membre par membre... ; l'ayant ainsi conçu, qu'avec ces paroles: « En vérité je suis de nature identique à l'essence du Buddha ? », il prenne conscience de son identité.
Puis, à la droite du Bienheureux, le Bodhisattva Martreya, jaune d’or, à deux bras, coiffé d’un chignon en forme de tiare, tenant de la main droite le chasse-mouche, ayant à la main gauche une branche de «crinière-de-dragon ? » ; de même, à sa gauche, le Bodhisattva À valokiteçvara, blanc, coiffé d’un chignon en forme de tiare, portant de la main droite le chasse-mouche, ayant à la main gauche le lotus (rose) : ce couple a les yeux tournés vers le visage du Bienheureux ‘ : c’est ainsi qu'il faut les voir.
Il est intéressant de comparer avec ce texte les nombreux documents figurés que nous possédons. Tout d'abord, l'atti tude et le geste de la figure centrale sont partout conformes sur les sculptures à la description qui nous en estici donnée ; et, à cette concordance, vient encore s'ajouter sur les miniatures celle de la couleur du corps et du vêtement (Voir, par exemple, Cunnivcnam, Mahäbodhi, pl. XVI, XXIV et XXVT; P. E., pl /5%et fig Arret 20, ou icimements1).P0ouR ce qui est des détails accessoires, si nous ne connaissons pas encore d'images qui les reproduisent tous à la fois, 1l n’en est
1. Le bandhuka ou bandhuka — terminalia tomentosa ? Plusieurs sortes de terminalia de l'Inde servent à teindre les étoffes en rouge ou en brun (cf. C. Jorer, Les plantes dans l'antiquité et au moyen âge, I, p. 349 et 350). Les deux autres textes disent simplement qu'il est vêtu de rouge (rakta).
2. Le Dharma-dhatu, le 17° des 18 dhalu ou éléments, qu'il désigne l'idée du bien moral ou celle de l’être, peut être considéré comme un équivalent métaphysique du Buddha, au moins sous sa forme spirituelle {dharma-kaya). Sur l'identité du Buddha et du Dharma, voir d’ailleurs La VarLée-Poussin, loc. laud., p- 100.
3. Mesua Roxburghii ou Michelia Champaka. — Var.: nagakeçarapuspacchataæe, ayant un bouquet de ces mêmes fleurs odorantes et blanches à cœur jaune.
4. Var. : il faut les évoquer comme n’ayant tous deux d’autre occupation que de contempler le visage du Bienheureux : Bhagavanmukhävalokanaparau ca tau
bhävayet.