‹ Etude sur l'Iliade d'HomèreChapitre 20 sur 35 · XII · texte numérisé non relu

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ses pas, ou bien elle les efface avec sa queue ; quelquefois même, lorsque l'inquiétude est grande, elle transporte ailleurs ses petits, et quand on veut les lui enlever, elle devient furieuse et les défend jusqu'à la dernière extrémité. » C'est à un incident semblable, dans la vie de la lionne, qu'Homère, sans doute, fait allusion. Ici encore, son exactitude n'est point en défaut.

Parmi les traits relatifs aux chiens, il en est un qui peut surprendre le lecteur moderne. Les chiens d'Homère se nourrissent de cadavres, comme les chacals. Priam prévoit qu'un jour ses chiens, nourris par lui des débris de sa table, lécheront le sang de ses plaies et se repaîtront de sa chair. Que devient l'assertion de Buffon, prétendant que le corps d'un ennemi ne sent jamais bon pour un chien? Que deviennent tant d'anecdotes sur la fidélité des chiens qui se laissent mourir de faim, auprès du corps de leur maître ou sur son tombeau ? Mais Homère a en vue ces chiens de l'Orient, véritables bêtes féroces, que le sang enivre et aveugle ; ce sont ces chiens qui, suivant la légende, auraient dévoré Euripide ; ce sont ces chiens qui, dans la bible, se sont disputé les cadavres de Naboth, d'Achab et de Jézabel .

Enfin, pour aller au-devant de toutes les objections, peutêtre est-il à propos de rappeler ici qu'Homère fait nourrir des chevaux avec le pyros ou le pur froment, et qu'il fait verser, par la main d'Andromaque, le vin au cheval d'Hector ^ Le vin, sans doute, était donné au cheval comme aujourd'hui Teau-de-vie, à titre de boisson excitante. Quant au blé, c'était évidemment une nourriture de choix et d'exception, qui assimilait, comme le vin, le cheval à l'homme. Le cheval l'aimait ou était censé l'aimer ; aussi est-elle appelée par le poète « douce comme le miel. » C'est à tort, d'ailleurs, que descom-

1) VIII, 188-9. Le vers 189 était rejeté par Aristarque yt^otÔTa-roî t7r\ t'îTTrwv b OTÎj^oç. Cf. Ludwich, Ai'istarks hom.textkritik.

mentateurs ont déclaré le blé une mauvaise nourriture pour le cheval ; dans l'échelle des fourrages, au point de vue alimentaire, le blé occupe au contraire le premier rang ^ .

L'Iliade mentionne aussi un certain nombre de plantes et de minéraux. Quand l'assimilation des noms anciens et modernes est possible, nous retrouvons, dans le choix des épithètes, l'exactitude habituelle du poète ; toutefois, comme ses connaissances à cet égard, toutes très générales, ne sauraient servir de preuve ni à sa clairvoyance ni à son esprit d'observation, nous n'avons point ici à nous en occuper.

1) Voir sur ce point le Livre de la Ferme.

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