‹ Etude sur l'Iliade d'HomèreChapitre 8 sur 35 · VUI · texte numérisé non relu

VUI

2) XI, 385. Sur le sens de xÉpa àyXotc, voir Helbig, D. h.Epos, p. 165.

118 l'invention

Les discours Nous avons déjà parlé des discours que les héros, avant la de'^bàtaiîle!"'^ bataille, adressent à difTérents guerriers ou aux leurs, sur le ton soit de l'éloge, soit du reproche. Pendant la mêlée on entend de semblables paroles ; seulement elles ont un accent plus vif et plus passionné. Très brèves quelquefois, elles ressemblent à un cri de guerre prolongé ; quand elles s'étendent, elles' n'offrent guère qu'un trait caractéristique. Les chefs étant les plus riches en vignes et en blé, ayant dans les festins les meilleures places et les meilleures parts, sont tenus de donner l'exemple du courage ^ Hector, seul parmi les Troyens, prononce le mot de patrie ; c'est pour la patrie qu'il se bat, c'est pour la patrie qu'il exhorte les siens à vaincre ou à mourir ^. Un pareil sentiment sans doute est naturel chez Hector ; mais comme il ne serait pas moins déplacé chez les autres héros troyens, on peut croire que le poète, en l'attribuant au seul Hector, a pour ce héros une complaisance particulière : Hector doit être aussi grand par le cœur que par la bravoure ; l'amour de la patrie doit se personnifier en lui ; le héros ainsi ne sera comparable à personne ; on n'en comprendra que mieux tout ce que Troie perdra lorsqu'il tombera sous le fer d'Achille.

Hector, qui surpasse tous les Troyens par sa force et par sa bravoure, est dans son rôle quand il encourage les autres ou leur reproche leur indolence. Ses paroles ont une âpreté particulière et qui n'est point faite pour déplaire quand il s'adresse à Paris, Entre ces deux hommes le contraste est grand ; il ne saurait y avoir, malgré la parenté, une vive sympathie. Aussi quelle énergie dans l'invective ! quel mépris chez le héros pour l'homme de plaisir ! mais aussi quel ascendant de l'âme forte sur l'âme défaillante ! Paris, qui ne manque pas de courage, mais qui succombe aisément à la mollesse, se redresse sous l'aiguillon et se montre digne de sa race. Il adoucit même

1) xu, 310, dise, de Sarpédon à Glaucos.

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