‹ Étude sur l'influence de Montesquieu dans les constitutions américainesChapitre 12 sur 30 · RUES · texte numérisé non relu

RUES

“effet qu'une boule jetée contre une autre doit avoir le sien » (0, « Il n’y à point de tempéraments, de modilications, d’équivalents, de pourparlers, de remontrances : rien d’égal ou de meilleur à proposer ; l’homme est une créature qui doit obéir à une créature qui veut » ®. C’est comme un écho de la 130° Lettre persane, où Rhedi

écrit de Venise à son ami Rica et lui dit : « Il semble que la liberté soit faite pour le génie des peuples d'Europe, et la servitude pour celui des peuples d'Asie... »

Un tel gouvernement « périt par son vice intérieur » W), parce qu'il est dans son essence d’être corrompu.

L'auteur fait encore une distinction plus tranchée entre les trois gouvernements. Il pense que « la propriété naturelle des petits Etats est d’être gouvernés en république ; celle des médiocres, d’être soumis à un monarque ; celle des grands empires, d’être dominés par un despote » . De nouveau, Montesquieu fait l’application de l'expérience à la science politique. Et cependant, il oublie que la République romaine fut le plus grand empire qui ait jamais existé. Cette distinction, même si elle était soutenue par l’histoire en général, était des plus arbitraires. Elle eut presque des conséquences désastreuses aux Etats-Unis, pays où l’influence de FÆsprit des Lois a eu sa plus grande portée sur les hommes d'Etat. Quand, après la révolution, il fut question de fonder une République fédérative, les Américains, se fondant sur les principes énoncés par Montesquieu, considérèrent le territoire occupé alors par les treize colonies comme étant trop vaste pour former une seule République. Pendant un certain nombre d'années, immédiatement après la Révolution, il y eut un parti politique qui réclamait la division du pays en trois ou quatre républiques ayant chacune un territoire plus en conformité avec les théories de Montesquieu ©). Ces discussions

(1) Esprit des Lois, livre IT, chapitre 1x.

(2) Id., ibid.

(3) Id., ibid.

(4) Id., livre VIIT, chap. xx.

(b) Cf. le lédéraliste, lettre, et le discours du gouverneur Ran-

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