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durèrent jusqu’en 1820 et seul l’établissement des chemins de fer et du télégraphe put mettre fin aux idées des séparatistes.
Des trente et un livres contenus dans l’£sprit des Lois, celui qui nous intéresse essentiellement, celui qui a été le plus admiré et le plus loué, celui dont l’influence a été si grande qu'on peut le considérer comme une des bases de la république américaine, est sans conteste le livre XI. Il est consacré aux « lois qui forment la liberté politique dans son rapport avec la constitution », et qu'il distingue de celles qui forment la liberté politique dans son rapport avec le citoyen (M. « La liberté politique ne consiste pas à faire ce que l’on veut, ajoute l’auteur, mais plutôt ce que les lois permettent. » Il pense que l'aristocratie et la démocratie ne sont point des Etats libres par nature, et que « la vraie liberté ne se trouve que dans les gouvernements modérés » ®. Mais, à l’époque de Montesquieu, il n’y avait qu’une seule monarchie en Europe qui possédât un gouvernement modéré : l’Angleterre. Précisément, il continue en disant « Il y a aussi une nation dans le monde qui a pour objet direct de sa constitution la liberté politique. » Suit une analyse de la constitution d'Angleterre, dans laquelle il énonce sa célèbre théorie des trois pouvoirs : puissance législative, puissance exécutrice et puissance judiciaire. Ceci ne correspond pas tout a fart au gouvernement anglais qui fonctionnait en Angleterre en 1729, lors de la visite de Montesquieu dans ce pays.
Les sujets traités dans l’£spril des Lois n’ont pas tous la même importance. Sa théorie du luxe, celle du commerce et des richesses s'appuient sur des exemples insuffisants, et tout cela par conséquent manque d'intérêt pour nous. En ce qui concerne la religion, le juriste s’est montré très tolérant. La théorie des climats plaisait à son esprit scientifique, elle n’était pas entièrement
dolph, de la Virginie, à la législature de cet Etat. (Elliol's Debates, vol. [.)
(1) Espril des Lois, livre XII.
(2) Id. livre XI, chapitre 1,
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nouvelle 4, mais il lui à fait faire un grand pas @. Ses réflexions sur les lois civiles et le Code pénal, la confiscation et l’esclavage, valent la peine d’être méditées. « ne faut pas mener les hommes par les voies extrèmes... ». [l faut plutôt chercher à « ramener les esprits par un juste tempérament des peines et des récoinpenses ; par des maximes de philosophie, de morale et de religion ; par la juste application des règles de l'honneur, par le supplice de la honte... » ®). Aujourd'hui que la France songe à abolir les déportations des condamnés, ces conseils de Montesquieu prennent une nouvelle signification. Qu'on ne s’y trompe pas, il fallait du courage pour attaquer, au xvin siècle, le système des confiscations. Ici encore, l’ancien président à mortier a contribué beaucoup à abolir cette iniquité.
Avec quelle ironie il parle de l’esclavage ! Comme il flétrit ceux qui sont engagés dans cette entreprise ! Ces descriptions remuèrent tellement les consciences d’outremer, que la législature de la Virginie fit une demande formelle à la métropole pour la suppression de ce trafic. Comme l’a fort bien dit Laboulaye : « Si l’on cherchait quel est, au xvin° siècle, l’homme dont les idées ont eu l'influence la plus étendue et la plus heureuse, celui qui a le mieux éclairé et pacifié les esprits en leur donnant le goût de la justice et de la liberté, je ne crains pas de dire que le cri public répondit par le nom de Montesquieu » (.
A lapparition de l'Esprit des Lois, Voltaire disait que « le genre humain avait perdu ses titres et que Montesquieu les avait retrouvés ». On était unanime à citer l’œuvre comme le plus beau livre du siècle. L’Europe entière accueillait avec faveur le nouveau chefd'œuvre du maître F).
1) Cf. Jean Bonn, dans sa Methodus ad facilem hisloriarum cognilionem. (1566) et dans sa République (1976), et, vingt-neuf ans avant l'Esprit des Lois, l’abbé Dugos, dans ses Réflerions criliques sur la poésie et la peinture (1719).
(2) Cf. l'éloge caractéristique de Taie (L'Ancien Régime).
(3) Esprit des Lois, livre VI, chapitre x1r.
(4) Montesquieu, 64. Laboulaye, livre V, page 90.
(2) Cf. »’AzemBerr, Eloge de M. le président de Montesquieu, paru