MONTESQUIEU EN ANGLETERRE
En quittant l'Angleterre au printemps de 1729, Voltaire écrivait : « Le soleil des Anglais, c’est le feu du génie, c’est l'amour de la gloire et de l’humanité, celui de la patrie et de la liberté. » Montesquieu arrivait dans ce pays quelques mois après le départ de l’auteur des Leltres Anglaises. Mieux que lui, il saura apprécier toute l'étendue de la liberté politique dont on pouvait alors jeuir en Angleterre, par contraste avec les autres pays d'Europe. Aussi écrira-t-il plus tard que « la vraie liberté ne se trouve qu’en Angleterre » (),
Malheureusement, tandis que les notes laissées par Montesquieu sur ses voyages en Allemagne, en Italie et dans les autres pays sont assez abondantes, celles que nous possédons sur son séjour en Angleterre sont plutôt maigres. La plupart d’entre elles ont été détruites ou perdues, les rares documents qui nous restent semblent avoir passé par un examen des plus minutieux. Comment el par qui ce triage fut-il opéré ? Laboulaye en donne lexplication suivante.
A la mort de Montesquieu, en 1755, son fils, Jean- Baptiste, passa en possession des manuscrits du père. Quelques années après, la librairie Richer, qui préparait une édition nouvelle des œuvres du grand philosophe, sollicita la permission de publier ses manuscrits inédits. Jean-Baptiste consulla un ami du nom de Palapie,
(1) Dans ce chapitre, je me suis servi de l'édition Laboulaye comme source principale.
(2) Notes sur l'Angleterre (dans l'édition Laboulaye, liv. VIP.
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