MONTESQUIEU ET L'INFLUENCE ANGLAISE
Dans le chapitre précédent, nous avons parlé du séjour de Montesquieu en Angleterre. Comme on à pu s'en rendre compte, l'opinion que l'écrivain français s'était faite du gouvernement d’outre-Manche, avant son arrivée dans ce pays, n'était pas très favorable. « Les Anglais, croit-1l, ont aboli les puissances intermédiaires qui formaient leur monarchie, » Et lui qui était si passionné pour les prérogatives de sa classe, lui qui était si épris de ses nobles ancêtres qu'il faisait faire sa généalogie et disait au mariage de son fils : « Il v a furieusement de la baronnie dans notre famille », comment pouvait-il être complaisant envers un pays dont le gouvernement faisait si peu de cas des privilèges des nobles ? C’est pourquoi on remarque une certaine antipathie dans ses premières Notes sur l'Angleterre.
Cependant Montesquieu était trop droit, trop juste et trop épris de la vérité pour ne pas se rendre à l'évidence. Aussi cette antipathie disparaît-elle vite et finit-elle par se tourner en une vraie anglomanie ; de telle sorte que bientôt on l’entendra dire que l'Angleterre est le pays le plus libre du monde. Une sympathie si vive pour le pays d’outre-Manche ne pouvait qu'influencer les pensées et les - théories de l’éminent juriste. Si, autrefois, il avait dit que les Parlements n'étaient que des ruines qu’on foulait aux pieds, cette opinion allait bientôt se modifier au contact des réalités étudiées en Angleterre.
On sait comment les études classiques de Montesquien lui avait inspiré le culte de l'antiquité, particulièrement