INSCRIPTION
Dans les deux jours qui suivent leur arrivée dans la ville universitaire, les étudiants sont obligés de se faire inscrire sur les rôles de l’université ( Immatriculation ) et dans le registre de la faculté dont ils désirent fréquenter les cours. Pour se faire inscrire, ils déposent préalablement leur diplôme de bachelier ( Maturitaets - ou Abiturientenzeuyniss ) , de même qu’un certificat, délivré par leurs parents ou par leurs tuteurs et constatant qu’ils sont autorisés à se rendre dans telle ville universitaire pour suivre les cours d’une des quatre facultés. De même, ceux qui ont déjà fréquenté une autre université sont obligés de déposer leur diplôme de bachelier et le certificat d’études délivré par l’université qu’ils viennent de quitter.
nnOlTft D'INSCRIPTION
Les droits d’inscription sont ordinairement de 6 tha-
lers (environ 23 francs) pour les nouveaux étudiants, et de la moitié pour ceux qui viennent d’une autre université. Les honoraires pour les cours des professeurs ne sont pas fixés par la loi ; les règlements prescrivent seulement aux Privatdocenlen de ne demander, en aucun cas, moins qu’un professeur ordinaire ou extraordinaire. Les honoraires sont les plus élevés pour les cours de la faculté de médecine, où ils varient entre 5 th. 20 s. et 1 1 th. 10 s. (21 fr. 25 c., 42 fr. 50 c.) par semestre pour des cours de quatre à six heures par semaine. Dans la faculté de droit, il y a des cours de 10, 12 et 15 heures par semaine pour lesquelles étudiants payent de 11 th. 10 s. à 17 th. (42 fr. 50 c. — 03 fr. 75 e.). Dans les deux autres facultés, un cours de trois à six heures par semaine coûte, à Berlin, toujours 5 th. 20 s. (21 fr. 50 c.) par semestre. Dans d’autres universités, la rétribution scolaire est moindre. Les étudiants payent, en outre, une légère rétribution (de 1 à 2 fr.) pour frais de bureau, d’éclairage, etc.
Si les étudiants prouvent, par un lestimonium paupnrtntis , qu'ils ne peuvent s’acquitter immédiatament des frais d’inscription, le questeur peut leur accorder un délai de cinq ou de six ans pour ce payement, ou bien les en exempter complètement sur l’avis préalable duConseil suprême. Tout professeur a, de plus, le droit d’exempter des frais scolaires les auditeurs qui suivent ses cours, et qui n'ont pas le moyen de s’en acquitter '.
* « La l’russo, que je ne puis nie lasser (Je ciler en ce point, est
Apres avoir déposé au secrétariat les diverses pièces dont nous venons de parler, les étudiants signent l’engagement de se soumettre aux lois et aux règlements universitaires. Une fois ces formalités remplies, ils sont libres de suivre les cours qu'ils voudront et de faire ce qui bon leur semble, pourvu qu’ils observent les règlements. Cependant, afin de pouvoir obtenir, au moment de leur départ, les certificats qui constatent qu’ils ont suivi tel et tel cours, et qui leur sont nécessaires quand ils retournent dans leur pays natal, afin de subir l’examen qui leur ouvre l’accès aux diverses carrières publiques, les étudiants sont obligés de prendre les inscriptions pour les cours qu’ils doivent avoir suivis, avant de pouvoir se présentera cet examen (Staalsexameri) . Les droits d’inscription pour les divers cours sont à payer d’avance au questeur qui les perçoit au nom des professeurs et des Privatdocenlen, et qui les leur rembourse, après avoir prélevé sur la somme totale 2 pour 100 pour lui-même, de même que certains droits qui entrent dans la caisse de l’uni-
» bien plus libérale que nous : tout citoyen sans fortune, cl qui se « destine au service de l’filat, peut faire ses études gratuitement, ou « pour mieux dire, a crédit, caria Prusse est aussi économe que
< prudente, et ne donne jamais inutilement son argent. Il y a dans
• toutes les universités d’Allemagne un très-grand nombre de ces
• étudiants à crédit... t.luand ces jeunes gens obtiennent un emploi
• payé, il leur faut justifier d'une quittance des frais d'études univer-
< -liaii es. sinon l'filat fait une retenue sur le traitement jusqu'à parfait « payement de l’arriéré; si l’étudiant meurt ou ne parrient pas, c'est « une faillite que supporte l'université. Voilà ccrles de la démocratie « et rie la meilleure, fade sur une grande éehePe ! •
(Ed. Laboulave: De t' Enseignement el du i.oricial administratif en Allemagne , dans la Reçue d,- législation. Tome II, p. i>9i.)
versilé el <]ui servent à entretenir certaines institutions universitaires.
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Dans la plupart des universités allemandes, on permet à un certain nombre de jeunes gens, non pourvus du diplftine de bachelier, de suivre les cours de faculté; mais ils n’appartiennent pas au nombre des étudiants proprement dits et ils ne peuvent pas entrer dans les carrières publiques.
TRAVAIL DES É Tl 'DI A MTS
Les étudiants jouissent d'une liberté complète dans l'emploi de leur temps et peuvent diriger leurs études comme ils l’entendent 1 . Us suivent les cours de ceux des professeurs qu'ils ont choisis comme maîtres*: ils se préparent pour chaque leçon dont ils connaissent le sujet d’avance; ils prennent des notes pendant la leçon, si le professeur parle librement, ou ils écrivent sous sa dictée, si ce dernier préfère ce mode d’enseignement qui est cependant tout à fait l’exception.
i « Les facultés avertissent sans cesse les etudiants de ne point
• sacrifier la science à l'intérêt, en se liornanl à ce qu’on appelle dé- « daigneuscmcnt en Allemagncles Bro’/slttdien ou études goyne-pain,
• c’esl-idirc aux matières exigées par l'examen. »
(Ed. Labotllavc, laco cil. T. III, p. .103.)
’ « C.e qui distingue l'Allemagne, ce n'est point le dédain de l'or-
• dre cl de la direction, mais c’est le libre choix des méthodes laissé à
• l’étudiant. On le conseille, on ne le contraint pas. »
( Ibidem , p. 306.)
Ensuite, rentrés chez eux, les étudiants revoient les matières du cours ou bien ils les répètent avec leurs camarades ; souvent même ils en font les sujets de discussion dans leurs réunions à l’estaminet ou pendant leurs promenades. Mais bien entendu, chacun est libre de faire comme il le juge bon, et ne doit compte de l’emploi de son temps qu’à lui-même et à la commission d’examen devant laquelle il se présente dans son pays natal à la fin de ses études universitaires ( Staalsprüfung ).
CEIlTIFKLATft ll’AMIIXITÉ
Comme nous l’avons dit plus haut, les règlements demandenLquc la faculté veille à ce que les étudiants suivent assidûment les cours, mais cette surveillance n’existe nulle part, elles professeurs qui ont de nombreux auditeurs sont dans l’impossibilité matérielle de savoir si leurs élèves sont venus régulièrement ou non. Aussi les certificats d’assiduité qu’ils délivrent sont-ils, dans la plupart des cas, et surtout dans les grandes universités, une pure affaire de forme. Il arrive donc fort souvent que les élèves suivent certains cours d’une manière plus ou moins régulière sans avoir pris d’inscriplions (Hospitiren), mais il est rare que les étudiants laborieux et consciencieux manquent des leçons aux cours pour lesquels ils ont pris des inscriptions, parce qu’ils auraient dans leurs cahiers des lacunes qu’il serait difficile de combler plus tard. D’ailleurs, ils ont tant
de cours nécessaires à sui\re, à préparer el â répéter, qu’il leur serait difficile de mener de front leurs études professionnelles el d’aulres travaux accessoires.