LA CLASSE
Le nombre des classes journalières est plus grand dans les Gymnases allemands que dans les Lycées français ; il y a des établissements où les élèves ont jusqu’à sept heures de classe par jour, trois ou quatre le matin et deux l’après-midi. A l’ordinaire, les classes du matin commencent, en été, àsept heures pour durer jusqu'à dix ou onze heures, tandis qu’en hiver elles ne commencent qu’à huit heures cl durent jusqu'à onze heures ou midi. Les classes du soir se font presque toujours de deux à quatre heures. Mais cette division du temps n’est pas partout la même, les usages locaux y apportent quelquefois des modifications. Dans un seul Gymnase, à Hambourg, les classes commencent à neuf heures du malin et durent jusqu’à deux heures de l’après-midi ; on s’est arrêté à cette combinaison peu heureuse, parce que, dans la plupart des familles, on dîne sur les trois heures et qu’on a voulu épargner aux élèves une grande perte de temps qui résulterait de voyages trop multipliés de la maison au Gymnase cl vice versa.
DLREE DES CLASSES
Pour parer aux inconvénients qui seraient la con-
séquence naturelle de ce grand nombre de classes, on a presque partout adopté en principe la règle de ne faire durer chaque classe que trois quarts d’heure. A un signal donne, tous les élèves se rendent dans les cours ou ils jouent sous la surveillance d’un des professeurs; la classé suivante ne commence qu’un quart d’heure après, de sorte que les élèves ont eu le temps de prendre l'air et de se reposer un peu.
MATIÈRES F..\*EH1NÉEH. - CXAHHEH RE LATIN ET RE SREC
Les matières enseignées dans les Gymnases allemands sont à peu près partout les - mêmes. Dans les classes supérieures, on fait expliquer les auteurs latins et grecs de manière à lire autant que possible de longs morceaux du même écrivain, sans que celte lecture rapide nuise cependant à l’explication en détail à laquelle le professeur réserve un certain nombre d heures. Souvent les élèves ont à rendre compte, en langue latine et de vive voix, de ce qu’ils ont lu, ou bien le professeur choisit les morceaux expliqués pour sujets de narrations ou de discours latins, afin de se convaincre que les élèves ont lu leurs auteurs avec fruit. D’autres encore consacrent une heure par semaine aux exercices de langue parlée, en professant en latin et en habituant les élèves à répondre à leurs questions dans la même langue.
m-IVCIRS ÉCRITS
Outre les devoirs écrits en latin (narrations, dis-
cours, thèmes, vers latins) ', les élèves ont à faire des extemporalia, c’est-à-dirc ils traduisent en latin, sous la dictée du maître, les morceaux qu’il leur lit en allemand. Pour le grec, les élèves font les mêmes exercices : ils traduisent, de vive voix, soit à livre ouvert, soit les morceaux qu’ils ont [(réparés préalablement: ils font des thèmes et des vers grecs.
LECTl RK
Les maîtres font faire peu de versions écrites ; généralement ils 'préfèrent que les élèves expliquent de vive voix et couramment un grand nombre de chapitres, pour qu’ils s’habituent ainsi à s’exprimer avec facilité, à trouver à l'instant l’expression juste, et pour qu’ils acquièrent une connaissance plus étendue et plus vraie de l’auteur dont ils s’occupent.
Pour donner un exemple, pendant la durée d’une v année scolaire, les élèves de Prima à Schulpforla ont expliqué Cicéron : Brutm, c. 21 jusqu’à la fin ; Horace : Epistol. 11, 1-3; Tacite : Annales XIII, 1-33; Horace : Carmin. I., Satir. I; Cicéron : De fin. lib. V; Tacite : Annal. I, 1-3 ; Cicéron : Tu.mil. lib. V ; Tacite : Annal. XIV, 1 à 50, et en grec : Démos-
« Par exemple : KtoquenlUr romance ætates. — Ceesaris de betlo civiti commentarios non sine qundam Pompejanarum partium abtreclatiottt conscriptos esse — Quales su b pii mis Cae sari bus mores Romanorum fuerint, secundum Taciti dialoguai explicelur. — Rectene Tacilus statuai Tiberium egreyium v Ha famaque fuisse, dum privatus vcl cum imperiis sub Augusto esset?—Qua »'n re Tartlus masimam ciris Romani sua; <etatis tandem posueril. - Qualis sit apud Homerum Hercules et quali s non sit f etc. (Devoirs donnés à Scliulpforta, Prima /).
tliênes : 111 Oli/ntli., Dcpace; la 2* Philipp.: Plalon: Protagoras; Sophocle : Trachin. — Il va sans dire ijue dans les classes inférieures, où les élèves suivent le même genre d’enseignement, les maîtres entrent plus dans les détails philologiques et consacrent un temps plus considérable à l’explication de la grammaire, à la correction des thèmes, etc ; mais là encore, surtout vers la fin de l'année, les élèves lisent rapidement, soit ce qu’ils ont déjà expliqué au commencement de l’année, soit des morceaux d’une certaine étendue pris dans un auteur plus facile.