‹ Étude sur l'intervention chirurgicale dans les luxations traumatiques irréductibles de l'épauleChapitre 22 sur 31 · QE · texte numérisé non relu

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OBSERVATION XV (Warson)

Traduite d'après The Edimburg medical Journal.

Le malade, un gentleman d’une quarantaine d'années, se mit au lit un soir, à minuit, pendant l'été dernier (1888). Environ deux heures après, il éveilla par ses plaintes son frère, qui dormait dans le même lit. Il se plaignait d’une grande douleur à l’épaule gauche, et ne pouvait remuer le bras. Le médecin qui le vit le traita pour une névralgie, et lui fit des injections sous-cutanées de morphine pour diminuer la douleur. Le bras devint très enflé et décoloré. Au bout d’une quinzaine, le malade retourna à ses affaires, mais ne pouvait encore remuer le bras. Un mois après l’accident, il vit le docteur Watson, qui reconnut une luxation sous-coracoïdienne de l’humérus. Quelques jours après, le chloroforme fut administré, et le docteur Watson tenta la réduction par le talon dans l’aisselle, et ensuite par sa potence (appareil inventé par lui pour les luxations de l’épaule), mais ne put remettre l’os en place. Quatre jours après, les deux méthodes furent de nouveau employées, et finalement les moufles, mais sans succès. On eut grand soin de ne pas employer une force excessive. Le docteur Watson se décida alors à ouvrir l’articulation, et quand le malade fut placé sur la table à opération, il perçut une crépitation légère, mais distincte, en pressant fortement au-dessous de l’acromion.

Une incision d’environ 8 pouces de long fut faite dans l’intervalle entre le deltoïde et le grand pectoral, de manière à donner accès dans la cavité de la jointure. La capsule fut trouvée complètement arrachée. Le doigt rencontrait d’abord la cavité glénoïde, et ensuite une surface raboteuse sur la tête de l’humérus. A cet endroit, un morceau d'os, comprenant les deux facettes supérieures de la grosse tubérosité, avait été arraché. Le fragment fut trouvé attaché à la surface inférieure des tendons qui s’y inséraient, et était à une petite distance de la cavité glénoïde, mais non pas dedans. Le tendon du biceps était en place. La tête était sous l’apophyse coracoïde. Quoi qu'il fût difficile de voir ce qui empêchait la réduction, on ne put, au moyen des mains, réduire la luxation. En conséquence, le docteur Watson glissa dans la plaie une curette étroite (a narrow lithotomy-scoop), et la passant sous la partie interne et inférieure de la tête, réussit à faire rentrer celle-ci dans la

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cavité glénoïde. Un tube à drainage fut introduit, et la plaie fut suturée et pansée. Le pansement fut renouvelé au bout de huit jours ; la plaie était guérie en grande partie. Environ une semaine plus tard, l'esprit du malade commença à s'égarer. (Ici, description de l’état mental du malade, qui éprouva les symptômes de la paralysie générale au début.) A la longue, ces symptômes disparurent graduellement, et sept semaines après le commencement de son dérangement mental, il était de nouveau tout-à-fait bien. Huit semaines après l’opération, des mouvements passifs furent commencés. Le malade peut maintenant, 8 mois après l’opération, toucher avec le bras opéré le sommet de sa tête, l’épaule opposée et la hanche du même côté. Il peut écarter le bras du corps d’environ 70e, mais le mouvement de rotation externe est très limité. Il est intéressant de noter que la supination est diminuée.

OBSERVATION XVI (Gersrer).

Traduite d’après The New-York medical Journal.

Jennie M..., 20 ans, a été projetée violemment contre un cuvier ; luxation sous-coracoïdienne de l’humérus. La nature de l’accident semble avoir été méconnue par les médecins qui l’ont vue peu après, car ils l’ont traitée par des pommades et par la faradisation. Sept semaines après l’accident, la malade entre dans le service du D’ Gerster, à l’hôpital du Mont-Sinaï. Le diagnostic de luxation, compliquée de paralysie du grand dentelé du côté correspondant, fut fait aisément. La réduction n’offrit pas la moindre difficulté, mais le poids seul du membre suffit à causer la reproduction de la luxation. L’humérus réduit fut maintenu en position normale pendant cinq semaines, au moyen d’un grand appareil plâtré enveloppant le bras, l’épaule et le thorax. Quand on l’enleva, on trouva que la tendance à la reproduction de la luxation n’était pas modifiée, ce qui fit décider l’intervention opératoire.

L’arthrotomie par incision antérieure fut faite, le 11 décembre 1883. On trouva que la partie inférieure de la capsule, du côté regardant l’aisselle, était anormalement relâchée. Un morceau d’un pouce de long sur un demi pouce de large en fut excisé pendant que le bras était maintenu en rotation forcée en dehors. Une contre-incision fut faite à

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la partie postérieure, pour le drainage, qui fut fait au moyen d’un faisceau de fils de catgut. L'ouverture antérieure fut suturée.

Six heures après l’opération se montra une fièvre assez violente, avec une grande dépression. Bien qu’il n’y eût aucun phénomène anormal du côté de la plaie, le Dr Gerster jugea prudent de l’ouvrir en enlevant les points de suture, et de rechercher la cause de l’infection. Des sept sutures au Catgut appliquées sur l’ouverture capsulaire, trois furent trouvées très gonflées, troubles, et infiltrées de pus. Les autres étaient légèrement gonflées, mais transparentes ; le reste de la plaie normal. Suspectant la qualité du catgut employé pour le drainage de l’articulation, le Dr Gerster enleva le faisceau et le remplaça par un tube de caoutchouc. La plaie fut traitée par le pansement ouvert. La température retomba à la normale, et la guérison marcha rapidement ; le tube fut enlevé au bout de la deuxième semaine, et au bout d’un mois, la plaie était guérie, malgré une poussée érysipélateuse qui débuta par l’ouverture faite par le drain, au moment où la plaie ètait presque fermée.

Les fonctions de la jointure sont maintenant satisfaisantes (mars 1884), et promettent de s'améliorer et de redevenir normales, car la mobilité ‘est considérable, bien qu’on n’ait fait qu’un traitement orthopédique incomplet.

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