Cf. Schneegans, op. cit., p
2. Au moins en ce qui concerne Suclusa, M. Schneegans avait recorinu son erreur primitive et la présence dans ce mot de l’article catalan féminin. Cf. Gesta Karoli Magni aa Carcassonam et Nurbonam, édit. Schneegans, p. 36.
3. Cf. Morel-Fatio, Das Catalanische (Grôber, Grundriss der romanischen Philologie, I, p. 682).
des auteurs de l'Office et de Tractatus, tous deux catalans, a pu employer, de préférence, la forme qui lui était la plus familière, alors même qu’il aurait eu l’autre sous les yeux.
Pour ce qui est de l’autre nom de lieu, les variantes sont plus nombreuses encore que ne l’imaginait M. Schneegans. Si, en effet, en face de Malpartus de l'Office, le Vidimus avait Espartus et Portus, le Tractatus donne, de son côté, Pertus et Espertus. De la comparaison de ces différentes formes, il apparait, tout d’abord, que la primitive est Pertus — lat. *pertus(um), qui convient très bien à la percée, au passage qu'elle sert à désigner. Les autres n’en sont que des formes dérivées ou des équivalents. Il apparaît, en outre que dans Espertus et dans Espartus, à écrire respectivement Es Périus et Es Partus, il faut faut reconnaître l’article masculin catalan es — lat. ipse précédant le subtantif. Partus n’est qu’une variante phonétique de Pertus, où nous trouvons le changement de e protonique initial en 4, fréquent en ancien catalan ‘. Quant à Portus, donné par le Widimus à côté de Es Partus, s'il n’est pas simplement une faute de Bernard Cerda ?, on pourrait le considérer comme un équivalent latin, mais très imparfait de Pertus. Enfin, le Malpartus de l'Office pourrait bien être le nom populaire au lieu de pertus ou de partus, le nom géographique. L'Office pourrait procéder directement du Tractatus où inversement, la substitution de l’un de ces noms à l’autre serait, dans les deux cas, aisément explicable.
On relèverait encore, entre les deux textes, d’autres variantes dans la forme des noms de lieux. C’est ainsi que pour le Collum de Panissas de l'Office, on trouve dans le Vidimus Ja forme latine Collum Panissari, et dans le Tarctatus, à côté de Panissas une autre forme catalane attestant le passage à e de l’a suivi d’une nasale. Le même phénomène nous est présenté par la forme Sent Madir de l'Office 3.