‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 15 sur 88 · Cf. Schneegans, ibid · texte numérisé non relu

Cf. Schneegans, ibid

5. Cf. l'acte de fondation, /'// Rocher, o/>. c'//., pp. 26i,sq.

LE CULTE DE SAINT CHAKLE.\L\c;NE A (,IKO\E

Le seul ;iri,^uineiu en faveur de rhypothèse de M. Schneegans, qui mérite d'être retenu, est la présence du texte de l'Office dans un bréviaire, que l'on date de 1339 '. Ce bréviaire, dont on appréciera plus loin l'importance pour la tradition du texte de l'Oftice, porte, en effet, une note très explicite, qui nous donne le nom du scribe, qui l'a copié, celui de son possesseur, et surtout la date de sa confection ^ 1:11e est ainsi conçue :

« A)ino J)oiiiini M(JC(^XXXIX ciirrit aiirciis nituicrus in dccciii : ninlc fiiil Pcischa illo anno dominica pas! FI. Kal. Aprilisiii qno annobreviariiint islitd fuit complctmii pcr inaniiiii Pctri Arnaldi de Podiolo itinc clerici Sancti Pctri de Gal/icaiitii. Est aiitoii l'reviaritim Vitalis de Blanis abhatis '. »

Il semble donc prouvé par là, que l'Office de saint Charlemagne figurant dans ce bréviaire, et la fête elle-même existaient avant 1345, et au moins dès 1339. Mais il eût fallu tenir compte aussi du fait, que si l'Office fiiit bien actuellement parti du bréviaire, il n'en a pas toujours été ainsi. Deux des offices, qui \- figurent, ne sont pas de la même main que le reste du manuscrit : tous deux sont des offices d'institution récente et qui ont été établis précisément, par les soins d'Arnaud de Montredon. L'un est l'office, qin se récitait à la fête en l'honneur de la Conception de la \'ierge ; l'autre est précisément

1. Déjà (îaston l'aris avait ctù frappé de l'iniportaiice de ce fait. Dans un compte rendu de l'ouvraj^e de Rociier, paru dans la Roiiuinia, III, p. 510, il déclarait formel lement : « Un bréviaire manuscrit conservé à (îironeet daté de 1 5>j contient les 9 leçons de l'office. Arnaud de Montredon n'a donc fait que confirmer un usage antérieur. » Il ajoutait encore : « L'n acte de 1552 parle déjà d'une fontaine appelée Foui de Caries Marnes. » Mais il est évident que ce détail, précieux pour l'iiistoire des traditions locales concernant les rapports de {'harlemagne cl de (iirone, n'intéresse en rien celle du culte et de l'Office liturgique. Les traditions locales attribuant la prise de la ville \ l'empereur sont antérieures, et de beaucoup, à l'établissement de la fùte de saint Charlemagne.

2. Cette note avait éié publiée de iaçon fautive et incomplète par Rocher, ('/>. (■//., p. 265, note, et reproduite telle quelle par Schneegans, c/'. c//., p. )\ note I . Que penser en effet, de l'expression « anitus iiiiuienin » ?

5. Nous empruntons le texte correct de cette note .i \'ill.inueva, Vi.tje liteijrio, etc., XII, p. 207 .

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notre Otficc de saint Chiirlemagnc. Là-dessus aucun doute n'est possible. Nous n'avons pu retrouver nulle part, à Girone, le précieux bréviaire, mais l'auteur de VEspaha Sa^^rada, et Villanueva, qui l'ont eu entre les mains, et qui ont pu l'examiner, sont très nets sur ce point '. Les deux offices ne faisaient pas originairement partie du bréviaire exécuté par le clerc de Saint-Pierre de Galligans ; ils n'y ont été ajoutés qu'après coup, postérieurement à 1339.

Si l'on en croyait VEspaha Sagracia, leur incorporation serait même très récente, puisque l'écriture de la seconde main a paru à son auteur être du xvf siècle. Mais il n'y a pas lieu de s'arrêter à cette « conjecture » ^ Nous croyons, au contraire, que les deux offices ont été ajoutés peu après 1339, et au lendemafn de l'institution de la fête de saint Charlemagne par Arnaud de Montredon. Nous croyons même deviner pourquoi. Le possesseur de ce bréviaire, Vital de Blanes, n'est pas en effet, un inconnu. La note, que nous avons citée, lui donne le titre d'abbé et, en effet, il fut pendant longtemps abbé de Saint-Félix '. En 1339, quand il fit exécuter le bréviaire en question, il occupait son siège abbatial. Il aurait continué à l'occuper toujours, en restant étranger au chapitre de la cathédrale, que, peut-être, jamais l'idée ne lui serait venue ■*, lors de l'institution de la fête de saint Charlemagne, de foire ajouter à son bréviaire le

1 . Parlant des leçons de l'Office liturgique, VEspana Sagrada dit expressément « Hallanse estas en un Breviario escrito en vitela el afio de i}j^ coino dixivws en otraocasion, y aiin este oficio, como el de la œncepcion de Nuestra Sefiorq, que esta a continuacion, son anadidos al ciierpo del Breviario y acaso escritos posterioniiente » XLIV- p. 358. Ailleurs son témoignage n'est pas moins formel. Cf. XLIII, p. 42 et XLIV, p. 62. A propos de l'office en l'honneur delà Conception de la Vierge, elle dit encore ; « Es seguramente anadido como el de Carlo Magno, y atin nos indinamos a créer sa escritura del siglo siguiente. Eundanios nuestra conjectura ademas del caracter de letra. » XLIV, p. 54. Villanueva ne dit pas autre chose. Cf. Viaje literario, etc, XII, p. 207.

2. On sait, en effet, combien il est difficile d'apprécier l'âge d'un document manuscrit d'après son écriture, et Flores ne saurait passer pour une autorité en pareille matière.

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