‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 16 sur 88 · Cf. Villanueva, Viaje litei-ario,ttXc.,Xl'V · texte numérisé non relu

Cf. Villanueva, Viaje litei-ario,ttXc.,Xl'V

4. Nous savons en effet que l'église de Saint-Félix marqua toujours une certaine indépendance à l'égard de la cathédrale de Girone, et particulièrement en

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nouvel office. Mais il arriva, que Vital de Blanes, sans cesser d'être abbé de Saint Félix, devint, en 1342, grand archidiacre '. Dès lors, il fliisait partie du clergé de la cathédrale, et, tout naturellement, en 1 345 , quand fut instituée la fête de saint Charlemagne, il fit ajouter à soil bréviaire le nouvel office -. Il profita même de l'occasion pour le taire mettre, en quelque sorte, au courant et fit ajouter l'autre office, qu'avait institué Arnaud de Montredon, cet office en l'honneur de la Conception de la Vierge, qui, dans le bréviaire, fait suite à celui de saint Charlemagne et que Saint-Félix sans doute ne célébrait pas non plus '.

Quoi qu'il en soit, la présence de l'Office de Charlemagne dans le bréviaire dit de 1339, ne prouve nullement, qu'il existait réellement à cette date. File ne vaut pas contre le témoignage si précis et si net de l'acte de fondation d'Arnaud de Montredon. Il n'v a donc qu'à admettre, sans restrictions, les termes mêmes de ce

matière de litur<i;ie. Est-ce l'eflet d'une rivalité, qui pourrait s'expliquer par le fait que Saint-Félix aurait été dépossédée au profit de sa rivale de la dignité d'église cathédrale ? Ce qui est sûr, c'est que, au xv^ siècle, malgré les prescriptions . d'Arnaud de Montredon, et alors que les autres églises célébraient l'Office de saint Charlemagne, Saint-Félix n'en faisait rien. Cf. le texte de la CoiiiueLi cité plus haut, p. 22, note 5. II est probable, qu'il en avait toujours été ainsi, et que, dès l'origine, Saint-Félix ne tint aucun compte des prescriptions de l'évèque. Hlle laissait, sans doute, à la cathédrale et aux églises moins importantes qu'elle les fêtes et les cultes innovés par les évéques et dont naturellement la cathédrale était le centre.

1. Il devait plus tard, en 1 556, devenir évèque de Valence. Cf. Villanueva. op. cit., XIV, p. 1 37.

2. C'est ;\ ce titre que son nom ligure dans un actecapitulaire du 4 octobre i 546 qui confirme l'institution de la fête et qui contient notamment une copie du décret d'.Arnaud de Montredon. Il y est désigné comme ViLilis de Bhiiiia, abluis Saiicli l-'elicis. Cf. Rocher, op cit., p. 262.

3. Villanueva explique de façon un peu diférente l'addition de l'Office de Charlemagne. Selon lui, quoique la fête ne se célébrât pas à Saint-h'élix, Vital de IManes aurait fait ajouter l'Office en 1345 à son bréviaire, par ce qu'en sa qualité d'abbé il siégeait à la cathédrale. Nous ignorons, si, en effet, l'abbé de Saint- Félix faisait, de droit et de fait, partie du chapitre de la cathédrale. Mais l'explication de Villanuevaest surtoutpeu satisfaisante, parce qii'elle n'explique pas. pourquoi Vital de lîlanes a attendu jusqu'en 1345 pourlaire copier l'autre office, qui, depuis longtemps déjà, se célébrait dans cette cathédrale, où lui, dit-on, siégeait régulièrement. Cf. Villaïuieva, riujc liteiaiio, etc., XII, p. 2i>7.

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document. C'est bien l'évêque Arnaud, qui a établi le culte de Charleniagne à Girone, et cela en 1345. L'OfHce liturgique, qui nous a été conservé, est bien celui, qui est expressément visé par l'acte de fondation, celui qui a été composé sur l'ordre et par les soins de l'évêque. Il est, lui aussi, très manifestement, de 1345 '.

Les documents positifs, relatifs à l'histoire ultérieure du culte de saint Charlemagne à Girone, sont très rares. Nous ne .savons pas, en particulier, quel accueil fut fiit, dès l'institution de la fête, à l'initiative d'Arnaud de Montredon, ni si tout son diocèse répondit à son désir de l'associer au culte nouveau.

Il est probable, que les fidèles ne firent aucune difficulté pour l'adopter. Leur patriotisme local avait déjà placé si haut les mérites de l'empereur, qu'ils étaient tout naturellement disposés à les commémorer comme l'etfet de sa piété et de sa sainteté. De même, la .plupart des églises ne durent pas chercher à se soustraire aux prescriptions d'Arnaud de Montredon. Elles avaient à tenir compte des sentiments des fidèles et pouvaient risquer de les choquer, en ,se refusant de célébrer la nouvelle fête. Il n'y eut que celles, qui avaient un bréviaire particulier, et qui étaient assez puissantes pour tenir en échec les ordres de l'évêque, qui purent manifester leur indépendance, en aff'ectant d'ignorer la fête de saint Charlemagne.

Ce fut le cas de cette église de Saint-Félix, dont, à travers les documents qui nous sont parvenus , on devine la constante rivalité à l'égard de la cathédrale-. D'elle, nous savons, qu'au xv'' siècle,

1. C'est l'opinion qui paraissait la plus probable à l'auteur de YE^paila Sagrada.

a. xLiv, p. 62.

2. Cf. sjipi-a, p. 26. D'après r/:^/)rt;7ir5ao'/-,/,/a, c'est Saint-Félix, qui, durant l'occupation musulmane, aurait été l'église du chapitre, la cathédrale ayant été transformée en mosquée. Quand celle-ci aurait été rendue par Charlemagne à sa destination, Saint-Félix n'aurait plus été que la seconde des églises de Girone. Par là s'expliquerait assez naturellement la rivalité des deux églises aux siècles suivants. Cf. Espafia Sagrcuhi, XLV, p. 39.

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