I.H CULTE DE SAINT CHAKI.Ii.MAGNE A (ÎIRONE
ment intégral du culte de saint Charleinagne ? A tout le moins, l'ambassadeur dut deviner le désir de ses interlocuteurs et il offrit de s'entremettre auprès d'Alexandre VI. Les chanoines de Girone ne demandaient pas autre chose. Non seulement ils acceptent, mais ils envoient à don Lope/c de Haro une délégation pour le remercier et lui dire la reconnaissance, qu'il lui vouent pour un si grand service. Ils considéreront, disent-ils, le rétablissement de l'Office liturgique non pas comme une grâce banale, mais comme une faveur de la plus haute importance.
On voit, par là, tout le prix, que Girone attachait au droit de célébrer la fête de Charlemagne, telle que l'avait instituée Arnaud de Montredon. Malheureusement, elle en fut pour ses illusions, et l'Office resta bien et dûment supprimé. L'intervention de l'ambassadeur, si elle se produisit, n'eut pas de succès '. Alexandre W ne rapporta pas la mesure prise par son prédécesseur et ceux qui vinrent après lui laissèrent également subsister l'interdiction qui pesait sur l'Office de Girone. Enfin vint le concile de Trente, qui imposa à l'Eglise tout entière l'usage du seul Bréviaire Romain. Après quelques essais de résistance, Girone, dont le rituel propre était si célèbre -, dut, elle aussi, obéir à l'ordre de Pie V '. L'acte, par lequel le chapitre de la cathédrale adopte sans restrictions le Bréviaire Romain, est du 4 février 1 574 '. Celui-ci n'admettant pas le culte de saint Charlemagne, rOflice liturgique ne pouvait plus jamais être récité à Girone.
Ce qui reste obscur, ce sont les raisons de la prohibition très spéciale édictée par Sixte IV. Un document précieux, à supposer que la chancellerie pontificale s'y départit de la discrétion, dont elle use d'ordinaire dans la rédaction de ses actes, serait le bref lui-même, par lequel le pape condamna l'Office de saint Charlemagne récité dans le diocèse de Cjirone. Malheureusement, ce
1. Cf. l'idel 1-it.i, o{y. (•/■/., RL'ii.ixi.n>.i, 111. 22. |.