f. l'idel l'iia, 0/'. (//., Rcnaxcnsa, III
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bref n'a pas été retrouvé dans les archives du N'atican. Les recherches, qu'on a pu faire sont restées sans résultat; ce texte s'est égaré ou n'a pas été recueiUi '. Les documents de Girone, relatifs à l'interdiction, étant muets sur les raisons qui Tout provoquée, nous en sommes nous-mêmes réduits aux conjectures.
On pourrait croire, au premier abord, que cette mesure fut l'effet d'un scrupule tardif du Saint-Siège, touchant la régularité de la canonisation de Charlemagne. Mais cette supposition doit être écartée, si l'on songe, qu'aucune interdiction pareille n'atteignit les nombreux cultes locaux, voués à l'empereur devenu saint, en Allemagne, en Suisse, en Flandre ou en France. Au moins jusqu'au concile de Trente, toutes les villes, qui le voulurent, purent, semble-t-il, célébrer la Saint-Charlemagne à leur gré. Au moment, où Sixte IV enlève à Girone le droit de réciter l'Office liturgique, et encore au siècle suivant, les papes laissent le culte de Charlemagne prendre ailleurs une extension considérable ^
La mesure prise par Sixte IV ne vise donc pas la canonisation de Charlemagne et l'illégalité, qui entachait son origine. Elle ne visait même pas toutes les manifestations du culte, et le culte lui-même voué par Girone au saint, mais uniquement une de ces manifestations. Le Saint-Siège s'est borné, en effet à proscrire la célébration de l'Office liturgique, mais, après comme avant 1484, le panégyrique, qu'il était, depuis un certain temps, coutume de prononcer, continuera à être prononcé, et la statue du saint restera à la place, que lui avait réservée l'évêque Arnaud de Montredon, dans la chapelle des
1 . Nous devons des remerciements à Mgr Duchesne, l'éminent directeur de l'Ecole française de Rome, qui avait bien voulu faire rechercher câ bref dans les registres de Sixte IV. En nous communiquant le résultat tout négatif de cette recherche il ajoutait : « Cela ne prouve pas que le bref en question n'ait pas existé. «
2. Nous avons vu (cf. siipru, p. 19) que, selon certains, ce culte aurait été introduit en France au xve siècle et par Louis XI En 1488, les étudiants allemands de l'Université de Paris choisissent Charlemagne pour patron. Au xvi^ siècle, les Carlomngualia deviennent une fête obligatoire pour toute l'Université, et cette institution se voit confirmée encore au siècle suivant en 1661. Cf. Rauschen, Die Légende lûirls des Grosscii in/ XI. und XII. Jiibibundcii, p. 155.
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Martyrs de Girone. Le culte de Charlemngne se perpétuera à Girone, même après l'adoption du Bréviaire Romain, et, sous une forme atténuée mais encore très significative, il v vivra presque jusqu'à la fin du siècle dernier. Le seul Office liturgique a été condamné par Sixte IV et l'est resté depuis.
Pour expliquer cette condamnation si spéciale, M. Rocher suppose, que c'est la forme liturgique et le rituel de cet Office, qui, avant paru étranges à Rome, amenèrent son interdiction. Mais, si on compare l'Office de Girone à ceux qui se récitaient ailleurs, à Halberstadt ou à Zurich par exemple, on ne voit pas, qu'il fût constitué très différemment. Les hymnes et les antiennes, qui le composent, sont assez analogues, quand elles ne sont pas communes à ces difierents offices, ou même empruntées au « commun » des Confesseurs. Quant aux leçons, elles sont sans doute difierentes, mais ce n'est assurément pas la nature du récit, qui constitue celles de l'Office de Girone, qui dut choquer les susceptibilités du Saint-Siège. De plus, on ne voit pas, pourquoi le Saint-Siège aurait toléré, pendant cent quarante ans, la récitation de l'Office de Girone, si, un jour, sa constitution devait lui paraître suspecte au point d'entraîner sa suppression à tout jamais. Si l'Office liturgique est resté tel qu'il était à l'origine, tel que l'avait constitué l'évêque Arnaud de Montredon, et tel que nous le montre le Bréviaire dit de 1339, on ne s'explique pas la condamnation si tardive du Saint-Siège.
Le P. Lidel Fita, qui s'est trouvé embarrassé pour expliquer la persistance des successeurs de Sixte IV à maintenir l'interdiction portée par lui, émet l'idée, que les papes purent avoir des raisons d'être désagréables au chapitre de Girone '. Jl faudrait encore rendre compte de ce fait, que leur ressentiment a eu poiu' ellet de proscrire non pas le culte tout entier voué par Girone à C^harlemagne, mais le seul Office liturgique. Si le Saint-Siège a voulu montrer au chapitre de Ciirone ses mauvaises dispositions, sous cette forme toute spéciale, on est eu droit de supposer, que ces mauvaises dispositions avaient pour cause l'Office lui-même, et Ton en vient ."i se
I. Cf. I-idcl l'itn, !>/'. (//.. Ri.ii.i\t.ns.i. III, p. ^j|.
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demander, si ce ne serait pas une innovation, un changement quelconque, survenus dans la constitution de cet Office, qui, ayant déplu à Sixte IV, l'auraient déterminé à renoncer à la bienveillante tolérance, dont le Saint-Siège avait usé, à l'égard de l'Office, tout autant qu'il était resté ce que l'avait fait l'évêque Arnaud de Montredon .
Ce n'est là qu'une hypothèse, mais qui est rendue assez vraisemblable par la façon même, dont les faits se présentent à nous, et par l'insuffisance de toutes les autres explications. Nous verrons plus loin, qu'elle peut trouver sa confirmation dans certaines circonstances de l'histoire de la cathédrale de Girone, que nous aurons à préciser pour l'étude de la tradition du texte de l'Office. Il nous suffit, pour le moment, d'avoir marqué l'intérêt, qui s'attache à la mesure prise par Sixte IV, et établi le fait certain de la suppression en 1484 de l'Office liturgique
A partir de 1484, le culte de Charlemagne ne se manifeste plus, à Girone, que par la prédication, le jour de la fête, du panégyrique du saint, et par la présence de sa statue dans la chapelle de la cathédrale consacrée aux SS. Martyrs. Sans qu'aucun document nous l'atteste positivement, il est permis de supposer, que, dès lors, ce culte a perdu son caractère primitif, qu'il n'est plus commun h tout le diocèse, mais propre à la ville et, plus particulièrement, à la cathédrale de Girone. La statue du saint est à la cathédrale, et c'est là aussi que se prêche le sermon en son honneur. L'existence d'un pareil sermon n'est prouvé pour aucune autre église du diocèse. C'est l'Office liturgique, qui, jusqu'alors, avait fait communier toute l'Église de Girone dans la même dévotion à saint Charlemagne. Sa suppression dut naturellement rompre ce lien ; chaque église conserva peut-être, et plus ou moins, le souvenir du saint, mais son culte ne se perpétua vraiment qu'à la cathédrale.
Celle-ci continua à célébrer solennellement, et dans un discours spécial, ses mérites et sa sainteté. Avant la prohibition de Sixte IV,
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le panégyrique de Charlemagne était prononcé en chapitre « post praiidiiiiii ' ». Même après 1574, l'usage de ce sermon se maintint et il devait subsister jusqu'au siècle dernier ^. Il semble cependant, qu'à une date, que nous ne connaissons pas, peut-être pour condescendre à des scrupules plus marques du Saint-Siège, touchant la canonisation de Charlemagne, au lieu de prononcer ce sermon au jour primitivement choisi pour sa fête, on fît de lui une des prédications du Carême. En 1807, Villanueva visitant la cathédrale de Giroiie, l'y entendit prêcher, et c'était le deuxième dimanche de Carême ', dans l'après-midi, « a la 11 un de la tarde ».
La chose du reste le choqua profondément. Le sermon, conçu comme il l'était, lui parut contraire aux sentiments de l'Kglise touchant le personnage. Celle-ci pouvait tolérer, qu'on accordât un souvenir au héros, elle n'admettait pas, qu'on fît de lui un panégyrique, connue on fiiit pour les saints que l'on vénère sur les autels. Ce qui le froissa surtout, c'est la disproportion, qui existait entre un tel culte et le peu de titres que Charlemagne avait à y prétendre. L'empereur, dit-il, n'a été pour l'église de Girone qu'un simple bienfaiteur. D'autres églises ont su reconnaître les grâces, reçues d'autres princes, d'une façon plus convenable et plus mesurée. Elles conservent leur mémoire, sans leur accorder les honneurs, que l'Église réserve aux saints véritables 1. De ce témoignage curieux il résulte, que, pour Villanueva, qui n'est pas Gironais, et qui juge froidement les choses, Charlemagne n'est pas un .saint et qu'il n'a jamais, sans doute, délivré la ville des Sarrasins K
i. Cf. Rocher, op. cil., p. 49.