‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 20 sur 88 · Cf. Villanueva, Vitije litenirio, {:\.c., pp · texte numérisé non relu

Cf. Villanueva, Vitije litenirio, {:\.c., pp

4. « El seniion que yo oi este ai'io iSoj nie parère miiy «{,'«•««) de! espii ilii de la /V/»'.s/i/, que toléra se baga un recuerdo funèbre de este beroe, nuis no un elogio ciial se hieier.i venerandolo en los allares. Es eslo niticbo nias cbi\ante a quien coiio~ca el ptvo molivo que bay para que Geroiia dislinga aqiiel principe con este honor : que cierte non le debe nuis de lo que dehcn Rarcelona y Urgel ./ Ludovico Pio, l'iqne a Odon, Urida v l'ortosa al coude Don Ru mon Berenguer IF, y l'alencia a Don Jaiine el I ; y con U\lo no se ballaran en aqiiellas Iglesias otras nienioria'; de sus hicnbeclhves sino las que la religion quiere que se bagan de los Jinados no dcclarados por Santos v dignos de culto. » Vill.inucva, yiaje literario, etc., XII, pp. 199-200.

5. C'est bien là l'opinion dernière Je \'illaniievi, i]ui, ailleurs, déclare que la prise

ClIAPITRi: H

Il est probable, que, de son temps déjà, Villanueva n'était pas seul à penser ainsi. Selon les tempéraments, certains s'indignaient sans doute, tandis que d'autres souriaient du culte, que Girone continuait à rendre à CharLemagne. Le panégyrique annuel dut à beaucoup sembler excessif. Nous avons la preuve, que, peu d'années après la visite de Villanueva, si l'habitude se conserve encore de prononcer un sermon, le deuxième dimanche de Carême, en l'honneur de saint Charlemagne, le caractère de ce discours est tout différent. Le nom du saint est sans doute prononcé, mais le panégyrique est devenu un sermon moral. C'est l'auteur di^VEspaiia Sagrada, qui nous atteste cette transformation, et qui, publiant son ouvrage en 1819, nous donne la chose comme récente. C'est une transforiuation qu'il a vu s'accomplir sous ses yeux, par les soins, dit-il, du chapitre « actuel » '.

L'existence du culte de Charlemagne à Girone paraît désormais bien précaire. Cette transformation, destinée, sans doute, à apaiser des scrupules, qui s'étaient manifestés, ne réussit pas à sauver d'une disparition complète l'usage de prononcer ce sermon. Un jour vint, ^ù celui-ci disparut complètement du rituel de la cathédrale. Nous ne savons pas la date de cette diminution nouvelle du culte de Charlemagne, mais il y a des raisons de croire, qu'elle est antérieure, au moins, à 1873. Aucun des chanoines du chapitre de Girone ne se rappelle avoir entendu prêcher le sermon en question. Mais de plus, d'un passage curieux de l'ouvrage déjà cité du P. Fidel Fita, on peut tirer la conclusion, qu'en 1873, année de la publication de son ouvrage, l'usage de le prêcher n'existe plus. Il se montre froissé de ce qu'avait dit Villanueva du culte excessif, voué par Girone à Charlemagne. A cet étranger il répond, en protestant de la fidélité de tous les Catalans à conserver le souvenir des services

de Girone par Charlemagne lui-même doit être mise au nombre des fables. Cf. op. cit., XII, p. 137 et pp. 160-161.

I. Il constate la décadence du culte de Charlemagne, qui ne subsiste plus que dans l'Office liturgique, tombé en désuétude, mais conservé par les Bréviaires, et dans l'usage de prononcer un sermon « que la ilustracion del ciibildo actiial convierte en seniioii woral ». Espana Sagrada, XLIII, p. 77. Cf. Rocher, op. cit., p. 49."

i.K CUI.T1-: ni: saint cmakihmac.xe a giroxf. 41

rendus pnr le saint empereur. Le cuire, qu'ils lui ont voué, est si peu suspect au Saint-Siège qu'il permet que sa statue reste en bonne place, à la cathédrale, dans la chapelle même des Martyrs de Girone. « Il l'a toujours permis, dit le P. Fita, il n'a jamais songé à l'interdire, et ne l'interdira jamais '. » Il est intéressant de noter que, pour démontrer la persistance du culte de Charlemaglie, il n'invoque que la présence de la statue du saint, sans parler du sermon moral prononcé, sinon en l'honneur, du moins en commémoration du saint. De son silence on peut légitimement conclure, qu'en icSj^ et, selon toute vraisemblance, depuis longtemps déjà, ce sermon n'était plus prêché.

Une suprême désillusion, dut frapper le P. Pita, le jour, ou, contre son espoir et malgré sa confiance dans la perpétuité du culte de Charlemagne, la statue de l'empereur, dont la pré.sence était le seul vestige de ce culte, fut bannie de la place, qu'elle occupait dans la cathédrale. La mesure fut prise non par le Saint-Siège, mais par le propre évoque de Girone. Nous avons, en effet trouvé dans r//rf/;/r() de la cathédrale, un « decreto » de Don Tomas Sevilla y Gêner, évêque de Girone depuis 1878, et qui occupait encore le siège épiscopal, lors de notre visite en 1902, par lequel il enjoint au chapitre de faire enlever ladite statue de la chapelle des SS. Martyrs et de la placer en un endroit décent, mais non plus sur un autel -.

Cet ordre fut donné à la suite d'une visite de la cathédrale, au cours de laquelle l'évèque avait remarqué la présence de ce dernier témoin du culte. Les raisons invoquées sont le tait que Charlemagne n'a pas été régulièrement canonisé et que le culte, que lui avait voué Girone, avait été déjà condamné par riiiterdiction de l'Oflice édictée par Sixte IV '. Le « dccrcto » esi du 2 mars 188^.

1. « Fins lira y en lo euleveititlor. inenlies oltra cosa 110 niani ht Sale Roiiuvui {que 110 iiiiUhini) la eslalua de Carloniai^nio OiUl\tiit lo hell cini Je li ùifu-lla ileh tjuaire Siiiils Martin, reh y rehra veiieracio legilinia, lo iiialeix que en altras sens île la irisliandad catolica.» P. FidcI Fit;), op. eil., Kcnaxcnsa, III, 22.-}.

2. Nous avons vu, cil cfTct, cette statue dans uiia- armoire d'une salle située entre VAiila Capilnlaris et le secrétariat du chapitre. (Vest une statue de Injis peint, d'un art assez naïf et {gauche, mais sans grand intérêt.

]. Voici les termes mêmes de ce document ; » .V(>;/ conslando la ianoni;aeioii de

Cette date marque la fin du culte de saint Charlemagne à Girone. Aujourd'hui, les chanoines de la cathédrale sourient un peu, quand ils parlent de ce saint et de la dévotion, qu'eurent pour lui leurs prédécesseurs. Mais ils continuent à croire, que Charlemagne a vraiment pris Girone ou qu'il l'a défendue contre les Sarrasins. Les mêmes, qui s'étonnaient devant moi, qu'on ait pu, dans leur église, célébrer un Office liturgique en l'honneur de lui, m'ont montré avec orgueil la tour de Charlemagne, et m'ont expliqué, à leur fliçon, la stratégie de l'empereur, lors du siège de la ville. La légende populaire et locale, qui était antérieure à l'établissement du culte, survit encore à sa disparition.

Tel fut le sort de la fête, établie au xiv^ siècle par l'évêque Arnaud de Montredon. Sa destinée ne serait pas le chapitre le moins curieux de l'histoire de la canonisation et du culte de Charlemagne. Au point de vue particulier qui nous occupe, trois dates sont surtout à retenir, celle de l'institution de la fête en 1345, celle de la suppression de l'Office liturgique en 1484, celle enfin de la disparition complète du culte, condamné définitivement en 1883 par l'évêque de Girone. Chacune d'elles a son importance pour l'étude du texte de l'Office et de sa tradition.

Carlo Maguo, unies al contrario residtanâo de dociinieiifos fehaa'entes que ftie prohihido por el Papa Sixto IV el culto que por algun tieinpo se le trihutara en nuestro catedral, se retirara la iinagen de aquel Eniperador que existe en el altar de las ciiatre SS. Martires,y se deposilara en otro lugar décente pero iio en altar alguno.i^

LE TEXTE DE l'oITICE LITURGIQUE

Le texte de l'Office liturgique, qui, en raison de son usage, pendant cent quarante ans, dans tout le diocèse de Girone, dut être répandu à de nombreux exemplaires, et figurer dans tous les bréviaires, ne nous a été cependant conservé que par l'un d'eux, lequel même, aujourd'hui, semble avoir disparu.

Nous avons déjà vu, qu'il se trouve dans le Bréviaire de 1339, et que, n'appartenant pas à sa rédaction primitive, antérieure à l'établissement de la tête de Charlemagne, il y avait été ajouté, probablement dès l'année 1345. Mais, on prétend qu'il figure dans plusieurs autres bréviaires, et la chose mérite d'être vérifiée, en raison de l'intérêt, qu'elle offre pour l'établissement du texte.

Le P. Fidel Fita, qui est l'un de ceux, qui connaissent le mieux les archives ecclésiastiques de Girone, et auquel M. Rocher, comme M. Schneegans, ont, de façon plus ou moins directe, emprunté les documents qu'ils citent, mentionne surtout, à propos de la tradition de notre texte, deux manuscrits. L'un est le précieux Bréviaire de 1339, contenant la « légende rituelle », c'est-cà-dire l'Office liturgique proprement dit ; l'autre est un manuscrit contenant « une autre légende plus développée et aussi plus ancienne '. »

-En réalité, ce dernier doit être, dès à présent, écarté. Il contient bien un récit de la prise de Girone par Charlemagne, mais la forme en est toute différente de celle de l'Otlice. Il n'est pas rédigé en leçons, et était destiné non pas à être récité, mais à être lu. Il est, comme nous le dit le P. Fita, beaucoup plus développé que la rédaction de l'autre récit mais nous aurons à voir sil lui est vraiment antérieur. En tout cas, il ne concerne en rien la tradition du texte de rOflice liturgique.

I. (^C l'itlcl l'it.i, ('/>. 1/7., Ilcn.ixcns.i, III. p. 22 \.

44 CIIAPITKl-. III

En dehors de ces deux manuscrits, le P, Fita affirme, que deux autres bréviaires, antérieurs à l'invention de l'imprimerie, et qui se rouvent « aux archives du Secrétariat ' », mentionnent, au 29 janvier, la fête de Charlemagne -. Il importe de remarquer, du reste, qu'il parle uniquement des tables, des « indices » de ces bréviaires. Il ne dit pas, que le texte de l'Office soit contenu dans le corps même des manuscrits. En fait, les archives du Secrétariat contiennent, non pas deux, mais trois bréviaires, et aucun ne contient ni office, ni texte présentant quelque analogie avec le récit de la prise de Girone. L'un d'eux, de petites dimensions, appartient à la catégorie spéciale des « Diurnes » et ne fait aucune mention ni au calendrier, ni dans le corps même du bréviaire, de la fête de Charlemagne. Dans un autre, beaucoup plus considérable, et qui forme deux volumes recouverts d'une reliure verte et moderne, le calendrier, qui se trouve en tète du premier, porte bien, mais d'une écriture relativement récente, la mention de la fête « Karoli Magni Itnpcratoris et Confessoris », mais dans le corps même, h la date de la fête, on ne trouve aucune trace d'un office. Cela nous prouve bien, que la mention du calendrier a été ajoutée postérieurement à la confection du Bréviaire.

Enfin, dans le troisième de ces manuscrits, l'office, indiqué au calendrier, figure bien à sa place dans le Bréviaire lui-même, mais le contenu en est si particulier, si étranger à la légende, qui nous

1. Pour rintelligence de ce qui va suivre, il importe de distinguer les différents dépôts, où sont conservés les manuscrits et les archives de la cathédrale et de l'évèché de Girone. Nous avons visité successivement 1' « Archiva » du secrétariat du chapitre, celui auquel fait allusion, ici, le P. Fita, et qui est situé dans une salle voisine de VAuJa Capitiihiris, ï Archiva de la cathédrale comprenant deux dépôts distincts dans les combles de l'église, enfin 1' u Archiva » du Vicariat, ou de la « Nataria » épiscopale, qui contient les archi\'es de l'évèché proprement dit, et qui est situé dans une de ses dépendances. Dans tous ces dépôts, on constate la même richesse et le même désordre. Il est difficile d'y faire des recherches suivies et méthodiques, et les conditions du travail y sonl aussi mauvaises que possible.

2. « Dos altres, hreviaris, anteriors a la inve)i:{io de la iiiiprenta, guarâa la arxiii ciel Secrétariat, en quais indices apareix la Jesta de San Carlaniagua al 29 de Janer. » Cf. Fidel Fita, op. cit., il'ideni, III, p. 224 en note.

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occupe, qu'il nintcresse pas son histoire. On peut même se demander, comment il se trouve dans ce Bréviaire, et si celui-ci appartient bien originairement à l'église de Girone'. Est-ce un manuscrit égaré, que le hasard seul a amené dans les archives de la cathédrale, ou bien leur appartient-il depuis longtemps, pour avoir peut-être servi de modèle à l'évêque Arnaud de Montredon, alors qu'il se préoccupait de constituer l'Office liturgique, dont il voulait doter son diocèse ? Quoi qu'il en soit, en ce qui concerne l'établissement du texte de ce dernier, il ne peut nous être d aucun secours, et ainsi, des différents manuscrits, cités par le P. Inta comme contenant des traces du culte de Charlemagne, il apparaît bien, que le Bréviaire de 1339 est le seul qui contienne notre Office liturgique.

On est donc surpris de voir M. Schneegans, qui pourtant n'a emprunté qu'au P. Fita, par l'intermédiaire de l'ouvrage de Rocher, ce qu'il sait des archives de Girone, affirmer que la tradition du texte repose sur trois Bréviaires 2. Notons tout de suite que ce nom de « Bréviaires » est assez mal employé, puisqu'il ne saurait convenir à l'un des manuscrits en question. Parmi eux, en efiét, M. Schneegans range celui qu'aurait copié le chanoine Bernard Cerda, auteur d'un Vidinius, daté de 1561. Mais l'auteur de ce document dit expressément, qu'il a emprunté le récit qu'il reproduit, non pas à un « bréviaire », mais à un « les^ciidariuni » \ Comment, du reste, ce récit eût-il pu taire partie-* d'un « bréviaire », puisqu'il n'est pas

1. Nous publions en appendice, pour servir à l'histoire du cuite de Cliarleniagne, ce texte jusqu'à présent inédit, qui n'est qu'une biographie sèche, banale et incomplète de l'enipcreur, rédigée sous la forme rituelle de leçons, et accompagnée d'hymnes et d'antiennes que l'on retrouve dans d'autres ofKces, dans celui de Girone notamment, dans ceux aussi d'Halberstadt et de Zurich.

2. Son erreur provient de ce qu'il n'a, pas plus que Rocher, identifié avec le Bréviaire de j^}39, le manuscrit auquel Florez a emprunté le texte de l'Otlice. Cf. Rocher, op. cil., p. 263.

3. Nous reviendrons plus loin sur ce document, dont on a trop grandi l'importance dans l'histoire du texte de l'OtVice. Citons seulement le passage où Bernard Cerda désigne expressément la nature de sa source : « //</« W/.i/// iitliiiiii>, tfiiiiiiiiiis^ Icgitniisel dilii^eiiter insjyi:\iinii.<: iiiiciiidiUii lihiunt {H'igiiiiutiiiiiii , anlitittiuii, poitibui lohojH-i liiiii, I.i%'cii(hii iiini iiiiiiaipiiliiiii iiilei lii;e)nhiiiit et iilioi libioi d.vii eiclcsic ailhctUalis invenlnm, rccoiulilnni cxislcutciii. »

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