CI". .Suchier, Ias Wirboiiiiais, II, pp. iii, v. 178, sq
^. Cl. Aiiiifii <lf Niithoiiiu-, édition Demaison, v. .1545, sq.
.[. Cf. F. Meyer, Gininl <lf Roussillon, ■', 192.
5. On sait que le tait n'est pas certain, et que, notamment, M. .Suchier croit qu'il s'agit d'un siège de Narbonnc Nous ex.miinerons la question dans imc étude sur ce texte, que nous comptons publier prochainement.
différemment. A certains indices, M. Suchier a cru reconnaître, qu'au moment où se place le récit, la ville vient seulement d'être reprise parles Sarrasins. Auparavant, dit-il, elle était aux mains des chrétiens et ceux-ci en auraient été dépossédés à la suite d'un long siège '. Mais, même dans cette hypothèse, rien n'indique, que c'est la valeur d'Ernaut, qui l'a mise d'abord au pouvoir des chrétiens. S'il combat avec Bernart, Bertran et Guibelin, pour la reprendre, c'est afin de la rendre à son possesseur, à ce « dux », à cet « homo vafer », qui, dans le Fragment, reste anonyme, et dont M. Suchier fait, sans raison selon nous, le père de Bernart et de Ernaut luimême. En tout cas, c'est cet inconnu, et non pas Ernaut, qui, avant le retour offensif des Sarrasins, aurait tenu la ville, à la façon du comte Savari dans le Dépariement des fils Aimeri. Rien n'autorise à penser, que cet inconnu l'avait reçue d'abord d'Ernaut, lequel l'aurait, le premier, conquise sur les Sarrasins.
Il est plus naturel de supposer, qu'elle lui avait été commise en garde, peut-être par Charlemagne lui-même. C'est, en effet, l'empereur, qui vient à son secours, en même temps qu'Ernaut et que ses frères, quand il s'agit de la reconquérir -. Si donc le Fragment nous a bien conservé la traduction partielle d'une Prise de Gironc, on peut affirmer, que ce récit non plus n'attribuait pas à Ernaut l'honneur d'avoir, le premier, enlevé la ville aux Sarrasins. Comme tous les textes, où figure le personnage, il suppose, que Girone, ville païenne depuis l'invasion musulmane, a été une première fois conquise par les chrétiens. Ernaut ne fait jamais que la reprendre. Toute sa légende, quelle qu'en soit l'origine, — historique ou purement littéraire — , semble faire suite à des traditions se rapportant à une époque antérieure de l'histoire de la ville.
Or, l'Office liturgique, qui se récitait à Girone au jour de la Saint-Charlemagne, a pour fond principal le récit d'une prise de la ville, qui, elle, paraît être la première. C'est l'empereur, qui en est le héros, et on nous la présente comme un épisode de sa