Cl". Suchier, Les Narbonnais, II, Lxxiv
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guerre d'Espagne. Elle aurait eu lieu, sans doute, lors de l'expédition f;imeuse, qui dans l'imagination populaire prit les proportions que l'on sait, c'est-à-dire aux environs de 780.
L'événement, il est vrai, n'a rien d'historique. Il n'y a pas lieu de s'arrêter aux dires de certains historiens trop partiaux, qui n'admettent même pas, qu'on puisse mettre en doute la réalité de la prise de Girone par Charlemagne. C'est ainsi, que l'auteur d'un travail, auquel nous aurons souvent l'occasion de renvoyer le lecteur, la considère « comme un fait de la plus frappante exactitude » ^ Il est vrai, qu'il ne se préoccupe pas de savoir, quand elle eut lieu - et qu'une affirmation de la Chanson de Roland l'emporte, à ses yeux, sur le témoignage des documents les plus authentiques \ Quand il veut nous convaincre par le déploiement d'une érudition sans critique, il ne remarque pas, qu'aucun des nomhreux textes rassemblés par lui n'atteste formellement la prise de Girone par Charlemagne '.
Toutes ces chroniques ne mentionnent, en effet, à l'année 778, que son entrée en Espagne et la prise de Pampelune, qui fut, à n'en pas douter, l'épisode le plus marquant de l'expédition. Elles parlent bien d'autres villes, emportées d'assaut par Charlemagne, ou qui auraient fait leur soumission entre ses mains, mais rien ne nous autorise à penser, que Girone était nécessairement du nombre. Si l'on excepte deux notes, dont Dom Bouquet et les Bollandistes accompagnent le passage de la Fila Karoli d'l\ginhard, où est mentionnée cette expédition», il n'v a qu'une chronique, — les Annales
1. Cf. Rocher, Lfs rapports de rii^Une du Ptiy et de Ut ville de Girone, pp. 43-.}4.
2. « Ce siège eut-il lieu en 778 ou 785, cela nous importe peu ». Rocher, op. cit., p. 284.
3. Comme Charlemagne n'est allé qu'une lois en Espagne, en 778, et pour très peu de temps, on ne voit pas le nio\en de situer dans le cours de cette expédition la prise particulière de Girone. Mais cela n'embarrasse pas M. Rocher. Faisant allusion aux premiers vers du poème, il déclare sans hésit nion : « La Chiinson de Roland dit qu'il est resté sept ans, et elle ne peut reposer sur un mensonge. » Cf. op. cil., p. 43.