‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint CharlemagneChapitre 68 sur 88 · Cf. De Marca, Marca hispanica, col · texte numérisé non relu

Cf. De Marca, Marca hispanica, col

LES SOURCES DE L Ol 1 ICh LlTUlU-IdUE 125

qu'il l'aurait alors transféré à l'année 786 pour lui donner tout un accompagnement de prodiges ?

L'hypothèse en elle-même est assez peu vraisemblable. La part de l'imagination et de l'invention pure est, en effet, assez faible, même dans les chroniques les plus suspectes. Si elles accueillent pêle-mêle les informations et si elles les utilisent sans critique, leurs histoires les moins vraisemblabless'appuient toujours sur quelque témoignage, et lem-s erreurs les plus manifestes reposent sur une autorité. Leur ■ ambition est toujours de faire de l'histoire et c'est ce qui garde leurs auteurs d'imaginer ou d'inventer de toutes pièces ce qu'ils racontent.

Il est donc probable, que, si, au sujet de la prise de Girone, l'auteur du manuscrit de Ripoll s'est écarté du texte de la Chronique de Moissac, pour rapporter le fait de façon si différente, c'est qu'il l'avait lui-même vu ou entendu raconter de la sorte. Il n'a écarté le témoignage de la Chronique de Moissac, qu'en faveur d'une tradition, qui lui semblait, h la fois, plus dramatique et plus vraie. S'il a pu se tromper sur leur valeur respective, et s'il n'a su distinguer l'histoire de la légende, il n'en reste pas mcVms, qu'à la date, où il écrivit, à côté de la vérité historique relative à la reddition Jde Girone, il existait une légende, originaire, selon toute vraisemblance, de Girone, et qui, dès lors, racontait, que la ville avait été prise par l'empereur lui-même. Déjà aussi, cette prise de Girone avait revêtu la orme que lui attribue le moine de Ripoll. Elle était donnée comme un effet de la toute-puissance divine. C'est là, sans doute, ce qui a déterminé ce moine à changer la date de l'événement, afïn de le faire coïncider avec les prodiges, rapportés par les autres chroniques à l'année 786, et qui, dès lors, deviennent le signe de l'intervention divine.

A ce point de vue, il est intéressant de rapprocher du récit de la Chronique de Ripoll le texte d'une autre chronique, également con- .servée à Ripoll, et qu'on ne semble pas avoir jusqu'ici remarquée. C'est Villanue\a, qui, nous la désignant des termes un peu vagues de Chroiiicoii (ilti'rKiii RivipiiUeusc, en .1 publié le premier des extraits et notamment le passage relatif à Girone '. Son témoignage est

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