CHAPITRE in
nous dise qu'il « revint » vers Gironc, dont Barufa est une posi-' tion environnante. L'emploi de « rcdiii » n'est pas plus choquani que celui de « recedeiis » dans cette mcme phrase '. L'Office était! du reste, destiné à être récité par des gens fiuniliers avec la topographie de la région de Girone. L'auteur n'avait donc pas à précisei| avec une rigoureuse exactitude les étapes d'une marche, que chacun se représentait fort bien. Surtout il ne voulait pas fiiire montre d'une stratégie impeccable et il ne faut point chercher à retrouver dans son récit un itinéraire et un plan de campagne de tous points corrects et logiques. Son véritable objet est ailleurs. Pour toutes ces raisons, il est inutile de supposer, à l'endroit indiqué, l'existence d'une lacune et il faut admettre, que le texte de ce début de la dernière leçon nous a été bien conservé.
L'autre lacune, signalée par M. Schneegans, dans cette même leçon, n'a pas plus de réalité. C'est aussi, et uniquement, la comparaison avec l'autre récit, qui a paru établir, qu'il manquait quelque chose au texte de l'Office. Celui-ci, comme on sait, se termine par la mention des prodiges, qui marquèrent la victoire de Charlemagne. L'autre, au contraire, i'aconte, qu'à la suite de ces prodiges, les Sarrasins, pris d'épouvante, abandonnèrent la ville. L'empereur entra alors dans Girone et fit célébrer deux messes d'actions de grâces dans la mosquée des Sarrasins, qui devient dès lors la cathédrale. A la nouvelle église, Charles fit difierentes donations, et il établit alors comme évèque de Girone un chanoine de Notre-Dame du Puy-en-Velay. C'est la mention de ces différents faits, qui, d'après M. Schneegans, manquerait au texte de l'Office -. Il pensait, sans doute, encore qu'il ne l'ait dit nulle part bien clairement, qu'elle devait former la matière d'une leçon perdue, la neuvième, puis-
1. Dans cette phrase, en etTet, rcccderc ne signifie pas « revenir sur ses pas » mais simplement « partir ». Dans l'autre récit de la prise de Girone, le mot est même employé pour désigner la marche « en avant » de Charlemagne. Après avoir occupé le Perthus, l'empereur, nous est-il dit, partit, « recessit inde » et pour reprendre sa marche sur Girone.