‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 46 sur 114 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

plus correcte, mais l'ellipse du pronom, sujet ou régime, n'est pas rare dans les textes de la même époque ' .

Une conséquence de cette interprétation est de nous révéler, malgré tout, l'existence d'une lacune dans le texte transmis par le Bréviaire de 1339. Il est clair, qu'ainsi entendu, le xcrhe contigit ne peut servir à annoncer la proposition intinitive, où est consignée la manifestation des prodiges, laquelle a dès lors besoin qu'un autre verbe l'introduise. Mais la lacune est sans douto assez peu importante. C'est tout au plus une ligne, qui a été sautée par l'auteur du Bréviaire. Peut-être même, n'est-il pas impossible de suppléer, à peu près, à son omission. L'autre récit de la prise de Girone, en mentionnant l'événement, prend soin d'en marquer le caractère et qu'il se produisit avec l'aide divine, ilivina opérante virhite. Quel que soit le rapport des deux récits, étant donnée la similitude générale des expressions, on peut, non sans quelque vraisemblance, supposer, que les mêmes mots figuraient dans l'Office liturgique, amenant ainsi la mention des prodiges. Quant à la proposition infinitive, où celle-ci se trouve, il suffit de supposer, qu'elle était introduite par un verbe déclaratif quelconque /tv7//r, dicitur, uarratnr ou constat. Peut-être est-ce ce dernier qu'il faut rétablir de préférence ; sa ressemblance générale avec conligit expliquerait peut-être l'erreur et l'omission du

copiste.

Celles-ci, au surplus, ne doivent pas nous surprendre, après ce que nous avons vu de l'état déplorable des livres liturgiques des églises d'Espagne au moyen âge, et de l'ignorance comme des négligences de leurs auteurs \ En tout cas, si l'on entend, comme nous, ce passage de l'Office liturgique, et si l'on est d'accord avec nous pour mesurer l'importance de la lacune, on voit, qu'il est inutile de recourir à

1. Nous relevons en etîct une omission assez analogue du pronom régime dans l'autre récit, que nous étudierons plus loin de la prise de Girone : « Scd partem

exercitiis misit ut trausirct pcr viam que voùîtur Colin m Panissarii Et videntes

Sariaccni t'nuucruul ut hoc fieret » Régulièrement on aurait dû

exprimer le régime de v'uleiites par Tun des pronoms hoc ou illud, mais Tomission

ne huit en rien à la clarté de la phrase.

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