CHAPITRE IV
LE rRJCTATUS DE CAPTIOXH GLRUXDn
On expliquait, jusqu'ici, la plupart des particularités de TOffice liturgique et sa composition elle-même par l'hypothèse d'un récit très antérieur de la prise de Girone, dont il ne serait que l'abrégé. Les obscurités ou les invraisemblances, qu'on y croyait relever, ne seraient qu'un effet de l'extrême concision, apportée par l'auteur dans son travail de rédaction. C'était l'opinion de Rocher ', que guid;iit, il est vrai, surtout le désir de vieillir la légende de la prise de Girone pour en faire une réalité historique, mais c'est celle aussi, à laquelle se sont arrêtés, après une étude plus sérieuse, Gaston Paris - et M. Schneegans '.
On n'a certes pas retrouvé cette forme antérieure de la légende de Girone, et personne n'a pu produire ce récit primitif, qu'en 1345, l'auteur deTOiFice liturgique aurait résumé pour lui imposer la forme rituelle et traditionnelle. Mais, pour aHirmer son existence, on s'est appuyé sur le fiiit, que l'on a une autre version de cette prise de Girone, identique pour le fond au récit de l'Office, et qui, plus largement développée, reproduirait plus fidèlement les dimensions et les détails de l'original, auxquels tous deux auraient puisé.
Ce récit, auquel nous avons déjà fait plusieurs fois allusion, se présente à nous sous une forme différente de celle de l'Office. Toute
1. Cf. Rocher, op. cit., pp. 49-50. Il ne faisait du reste en cela que suivre l'opinion du P. Fita, qui considérait en etîet la ritiutl la^'cnihi, c'est-à-dire l'Office liturgique, comme calùida sobre iina altra mes innphi y mes aiitii^hi. Cf. KeniixeusHy III, p. 22^.