Cf. Villanueva, Viaje niemrio,\U. p
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CHAPITRH V
dans les offices célébrés ailleurs en l'honneur de saint Charlemagne.
Nous avons une autre preuve du souci, qu'il eut de modeler l'Office, qu'il créait, sur ce qui était déjà, dans le fiiit, qu'aujourd'hui encore, la cathédrale possède un bréviaire appartenant à un diocèse étranger, dont la légende en neuf leçons raconte tout autre chose que la prise de Girone par Charlemagne '. C'était, sans doute, un bréviaire, que l'auteur de l'Office s'était procuré pour se conformer à la liturijie traditionnelle du saint. L'étude de la constitution de cette liturgie, de ces hymnes et de ces antiennes pourrait être intéressante non seulement pour l'histoire du culte de Charlemagne, mais aussi pour celle de sa légende en général.
Au point de vue particulier, qui nous occupe, c'est uniquement la constitution de la légende en neuf leçons, adoptée par Girone, qui doit retenir notre attention, et il est bien certain, que, sur ce point, la comparaison et l'étude des offices célébrés à Halberstadt, à Zurich ou ailleurs ne put rien fournir au clerc, qui la rédigea. Il voulait commémorer, non pas les mérites généraux de piété, de vertu et de dévotion, que la légende cléricale attribuait à l'empereur devenu saint, mais les services particuliers rendus par lui à la ville et à l'église de Girone. Il voulait célébrer le saint, en quelque sorte, local, qui avait délivré Girone des Musulmans, qui avait aussi fondé la cathédrale et la plupart des églises, couvents et chapelles du diocèse. Sur ce sujet, les offices déjà existants devaient naturellement être muets.
Au surplus, qui, mieux qu'un Gironais, pouvait être au courant des fiiits et gestes, réels ou prétendus tels, de Charlemagne à Girone? Il n'est pas douteux, en effet, que la légende des services rendus par lui n'ait, de beaucoup, précédé à Girone l'institution du culte officiel, que lui voua, en 1345, l'évcque Arnaud de Montredon. A cette date, et depuis longtemps, on était à Girone, habitué à traiter Charlemagne comme un bienfaiteur et comme un saint. Quels qu'aient pu être l'origine et le développement des traditions littéraires, relatives à la prise de la ville par l'empereur, il est certain, qu'à Girone même,