‹ Étude sur l'office de Girone et l'honneur de saint Charlemagne [microform]Chapitre 87 sur 114 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ne portât la trace du développement de la croyance à la venue de l'empereur. Nous savons, qu'en 1332 une fontaine de la banlieue de Girone était déjà appelée Font de Caries Magnes '. Hlle était située sur une des hauteuis environnantes, la Barnja, où, disait-on, Charlemagne avait campé, et qui, appelée le Mont de Bnruja par TOffice liturgique y est aussi représentée comme une des étapes de l'empereur dans sa marche sur Girone. D'autres endroits encore et d'autres monuments devaient, sans doute, porter déjà le nom de Charlemagne, mais on ne peut l'affirmer en l'absence de tout document positif.

On savait donc, que l'empereur était venu à Girone et aussi, très probablement, qu'il avait eu, non à défendre la ville, mais à la conquérir sur les Sarrasins. Peut-être même la légende avait-elle déjà la forme, qu'attestent l'Office liturgique et le Tractatus, et présentaitelle le triomphe de Charlemagne comme dû à une intervention de la toute-puissance divine.

En eflet, parmi les textes, où l'on retrouve les traces des traditions relatives à la prise de Girone par Charlemagne, il en est un, qui rapporte l'événement en le faisant, lui aussi, coïncider avec toute une série de prodiges, et qui pourrait bien avoir été influencé par la légende, qui s'était développée à Girone même. Ce texte, auquel on donne assez improprement le nom de Chronique de Ripoll, n'est, en réalité, qu'une copie, fliite dans le monastère catalan de Ripoll, de l'ancienne et célèbre Chronique de Moissac ^ Elle n'en diflere guère que par un certain nombre de variantes, imputables au clerc de Ripoll qui l'écrivit, et dont, précisément, le passage relatif à la prise de Girone est l'une des plus importantes. ■ Nous avons vu, en effet, que la Chronique de Moissac, comme toutes les autres annales et chroniques carolingiennes, se bornait à noter, qu'en 785 une partie de la population de Girone avait livré la ville à Charlemagne, sans doute en la personne d'un de ses repré-

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