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CHAPITRE III Étiologie

L'ulcère du duodénum est une affection rarement observée, si nous en jugeons d’après les lectures que la présente thèse nous a imposées, i

Fréquence. — Ainsi Klinger, en 1861, dans un intervalle de dix années, récoltait un ensemble de 13 cas, dont 3 lui étaient personnels.

Deux ans plus tard, Trier ajoutait aux faits déjà publiés, 24 observations recueillies pour la plupart à l'hôpital de Copenhague, du 1°" avril 1842 au 1° janvier 1863. ;

Grünfeld, en 1883, sur 1159 autopsies de malades morts d’affections diverses, trouvait 4 cas d’ulcère duodénal ou une moyenne de 1 p. 300.

D'autres statistiques plus nombreuses fournissent quelques points plus précis sur la fréquence relative de l’ulcère de l'estomac et de l’ulcère du duodénum.

Trier, en 1864, additionnant les observations de Rokitansky, de Jaksch, de Müller et y joignant les siennes, arrive à un total de 261 ulcères, dans lesquels, 28 fois (10,7 p. 100) l’ulcère siégeait dans le duodénum.

Starke, sur 34 ulcères, note 3 fois l’ulcère duodénal (8,8 p. 100).

Grünfeld et Willigk donnent des résultats qui diffèrent sensiblements des deux précédents : l’un, arrive à un total de 128 cas, dans lesquels 4 fois le duodénum est le siège de l’ulcère (3,2 p. 100) ; l’autre, sur 232 ulcères, en trouve 6 dans le duodénum (2,58 p. 100).

Réunissant à la fois les faits de Trier, de Stark, de Grünfeld et de Willigk, nous trouvons que sur 655 autopsies de malades atteints d'ulcère simple, ils ont rencontré 41 fois (6,25 p. 100) l’ulcère .duodénal, soit seul, soit associé à celui de la muqueuse gastrique.

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Il résulte de tous ces chiffres : que l’ulcère du duodénum est 15 fois moins fréquent que l'ulcère de l'estomac, et que si Brinton, sur 100 ouvertures de cadavres a pu trouver une moyenne de 5 cas, pour 100 d'ulcères de l'estomac, ce qui paraît une proportion extraordinaire, on ne rencontrera guère plus d’un ulcère du duodénum pour

300 autopsies.

Age. — Relativement moins rare dans l'enfance que l’ulcère gastrique, l’ulcère du duodénum, comme celui de l'estomac se rencontre à tout âge. De 30 à 60 ans, cequi donnecomme âge moyen 42 ansetdeux tiers d’après Trier ; de 30 à 40 ans d’après Krauss, Chvostek et Krannhals; de 21 à 60 ansd'aprèsO ppenheimer. C’est donc principalement une maladie de l’âge adulte. Toutes les statistiques anatomo-pathologiques concordent sur ce détail.

TABLEAU V AGE DE KRAUSS CHVOSTEK OPPENHEIMER Nbre Res 1865 1883 1891 tési 1894 (2)

1 jour à 10 ans. 4 20 @

11 ans à 20 ans. 4 14

5bl — à 60 — 8

On voit, par le tableau V, que notre relevé donne au-dessous de 30 ans à peu près la même proportion d’ulcères du duodénum que

(1) 17 cas d’uleères simples du duodénum chez des nouveau-nés morts de melæna. (2) Avec 38 cas d’ulcère duodénal chez les brûlés ; 3 cas chez les érysipélateux, ete,

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Non Er

celui de Oppenheimer, 31 p. 100, au lieu de 30 p. 100. Entre 30 et 60, le chiffre monte à 57 p. 100; de 60 à 80 il tombe à 10,9 p- 100. Au delà de 80, l'affection peut être considérée comme une rareté. Le maximum de fréquence paraît être de 30 à 40 ans. « Mais comme dans tous les cas, il s’agit de trouvailles anatomiques, et qu'en dehors de cela on se trouve très souvent en présence d’ulcères cicatrisés ou guéris, dont la genèse peut remonter à une dizaine d'années, on s’aperçoit que les statistiques anatomiques ne répondent pas à la réalité clinique » (1).

Dans l'enfance proprement dite, l'ulcère simple est une rareté. C'est peut-être vrai pour l'estomac, mais non pour le duodénum. Notre statistique, sur 20 cas d'ulcère infantile (8,9 p. 100), donne les chiffres suivants : 17 au-dessous d’un an; 3 entre 1 et 10 ans. Les cas les plus précoces sont ceux observés chez les nouveau-nés morts de melæna. Dans ces 20 observations, ils’agit d’une perte de substance, présentant tous les caractères de l’ulcère simpledes adultes. De forme arrondie ou evalaire, d’un diamètre qui varie entre 5 et 13 millimètres, elle entame la paroi duodénale plus ou moins profondément et siège dans la portion horizontale supérieure, 62 fois pour 100 d’après Oppenheimer. Cette proportion ne paraît pas exagérée, si l'on tient compte des petites pertes de substance qui SH RÉREON ordinairement à un examen superficiel.

Zerschwitz, en 1888, publie un cas de melæna et d’ulcère duodénal chez un nouveau-né, mort trois jours après la naissance ; à un centimètre au-dessus de la papille du canal cholédoque, ulcère de forme ovalaire, mesurant 13 millim. et 7"",5 ; artère entamée au niveau de la couche musculaire. La même année, Henoch relève un cas identique. Dusser, dans sa thèse inaugurale de 1890, mentionne quatre observations d’ulcère duodénal chez le nouveau-né. Bourrus et Valton rapportent un exemple d’hémorrhagie intestinale chez un nouveau-né, mort trente-six heures après la naissance : ulcère rond, à environ 1 centim. du pylore, de 6 millim. de diamètre et perforant complètement le duodénum ; aucune autre ulcération de l'appareil digestif. Enfin, Oppenheimer résume (p.69, 70) une quinzaine d'observations de melæna néonatorum avec ulcère duodénal.

(1 \Eichhorst. Traité de path. interne et de thérapeutique. Trad, Fat Paris, 1880, t. IT, p. 242.

Arrêtons cette liste déjà longue, et ajoutons cependant queKrannhals en a rencontré un, chez un enfant de 5 ans (obs. 39), Haman (obs. 38) chez un garçon de 10 ans; Clark, Gibert, Balfour, Loomis, etc... chez des sujets de 10, 17, 18, 19 et 20 ans; Krannhals chez une femme de 79 ans (obs. 41), Merkel chez une femme de 94 ans ; ces ceux derniers cas sont de véritables exceptions.

Pourquoi l’ulcère simple duodénal est-il à ce point fréquent dans la première enfance et chez l'adulte ? Ii est difficile de rien dire de précis à cet égard pour ce dernier. Chez l'enfant, physiologiquement, il y a, peu après la naissance, lorsque la fonction respiratoire s’établit, une hyperhémie très marquée de la muqueuse intestinale dans tout le domaine de la veine porte (Kundrat). Cette fluxion atteint son maximum, lorsqu'il y a gêne dans la petite circulation, ou quand il y a respiration prématurée. Dès lors, il peut se produire une hémorrhag'ie artérielle qui, interrompant la circulation à ce‘niveau et étant soumise à l’action du suc gastrique, donne lieu à un ulcère aigu.

Sexe. — La fréquence toute spéciale de l'ulcère duodénal chez l’homme paraît évidente d’après les statistiques :

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