CHAPITRE VII
Pronostic et traitement.
L'ulcère simple du duodénum ne se révélant le plus souvent par aucun signe manifeste, il sera toujours sage de réserver le pronostic, et le praticien devra baser sa conduite sur ‘cette considération. Toutefois, il ne faudra pas l’exagérer, car il est bien démontré aujourd'hui que l’ulcère gastro-duodénal est susceptible de guérir.
Tous nos efforts devront donc tendre à prolonger les trèves, à immobiliser le processus ulcératif et même à le transformer en une guérison durable et définitive par un tissu cicatriciel.
La thérapeutique de l’ulcère duodénal a été faite moins avec l'observation directe des faits que d’après des analogies.
Pour MM. Debove et Renault, le traitement médical rigoureusement indiqué est l'emploi des alcalins aux mêmes doses et de la même manière que dans l’ulcère de l'estomac. « Il est indispensable de neutraliser tout le suc gastrique au fur et à mesure de sa sécrétion si l’on veut éviter l’irritation de la plaie intestinale et en permettre la cicatrisation (Debove et Renault).
Ce n’est pas cependant toujours l'hyperchlorhydrie qu’il faut combattre, c'est parfois l'hypochlorhydrie.
Parmi les différents cas d’ulcère du duodénum examinés par M. Albert Robin, il s’en trouve trois dans lesquels l’examen du suc gastrique révéla une diminution considérable de l'acide chlorhydrique avec des fermentations lactiques secondaires très intenses, au point que dans un cas on dosa jusqu’à 8 gr. 5 d’acide lactique.
M. Albert Robin considère l’ulcère du duodénum, par opposition à l’ulcère de l'estomac, comme l’ulcère dû aux acides organiques ; l’ulcère gastrique dépendant le plus souvent des excès de l'acide chlorhydrique.
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Le traitement de l’ulcère duodénal différera donc absolument du traitement de l’ulcère stomacal.
Il faut dans l’ulcère duodénal réveiller la fonction chlorhydrique, tandis que dans l'ulcère de l'estomac, il faut chercher à la restreindre.
Exalter la fonction chlorhydrique et restreindre les ferments organiques, telles sont les deux indications majeures du traitement de l'ulcère du duodénum.
M. Albert Robin n'hésite pas à envoyer ces malades à Vichy, dont la cure est souvent contre-indiquée pour les malades atteints d'ulcère rond stomacal.
TRAITEMENT DE Vicay. — Une heure et demie avant chaque repas, absorption graduelle de petites quantités d’eau de l'Hôpital par doses de 60 gr. toutes les vingt minutes jusqu’à 180 gr. L'eau de Vichy employée dans ces conditions active la production de l'acide chlorhydrique qui agit comme antiseptique stomacal.
Parmi les antiseptiques directs, M. Albert Robin donne la préférence au fluorure d’ammonium, en solution à 1 gr. p. 300 gr. d’eau. Une cuillerée à café à la fin de chaque repas avec six gouttes de l’élixir suivant :
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Mêler et filtrer.
ALIMENTATION. — « Tandis que l’état de l'estomac, dans l’ulcère simple de ce viscère, exige pendant longtemps les précautions les plus minutieuses et le régime le plus sévère, il faut savoir qu'à la suite des accidents produits par l’ulcère duodénal, cette rigueur dans le régime est beaucoup moins nécessaire et pourrait n'être pas sans inconvénient. Le malade ne tarde pas à se plaindre que le régime lacté est insuflisant; il a un appétit de convalescent qui réclame une alimentation plus réconfortante. On devra céder dans une juste mesure à ce désir et permettre successivement et progressivement des potages variés, des œufs, des viandes blanches et même du vin » (Bucquoy),
S'il s'agit d'un ulcère en activité le traitement médical peut suffire pour en obtenir la cicatrisation.
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L'intervention chirurgicale n'est véritablement opportune que dans le cas d’un ulcère cicatriciel ayant amené des troubles fonctionnels graves. On aura recours à l’anastomose gastro-intestinale (1) qui assurera définitivement les fonctions digestives et deviendra une opération curative (M. Doyen).
M. Lange (2) a publié une observation de pyloraplastie pratiquée pour un ulcère cicatriciel du duodénum. Guérison.
Le traitement chirurgical de la péritonite générale par perforation (Bryant, Lockwood) consiste à ouvrir largement l'abdomen, à laver le péritoine, à réséquer du même coup, s’il y a lieu, la partie malade et à pratiquer l'affrontement et la suture des lèvres de la plaie (3).
Cette opération n’a pas encore été appliquée à la péritonite par perforation du duodénum.
(1) Lire Doyen. Sem. médicale, 1893, p. 151. — Gross. Sem. médicale, 1893, p. 401. — Jalaguier. Traité de chirurgie, t. VI, p. 425.— M. Moullin. Lancet, 19 août, 1893, p, 428. — Romme, Gaz. hebd. de méd. et de chir., 25 novembre 1898, p. 555.
(2) Lange. Annales of surgery, 1893, II, p. 36.
G) Kriege. Bert. klin. Woch., 1892, n°549 et 50. — Mercredi méd., janvier 1893.
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