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dans un état des plus graves ; loppression est considérable, le thermomètre est à 40, 41, la respiration entrecoupée est suspirieuse, le blessé est incapable du moindre mouvement ; la face est pâle, violacée, les traits expriment une profonde angoisse ; les téguments présentent une teinte subictérique, les extrémités sont froides, les lèvres livides ; enfin, on note des frissons et des sueurs profuses; bientôt, et c’est encore le cas chez Réteaud, bien que la lésion soit à gauche, le blessé accuse de vives souffrances au niveau de l’hypocondre droit, les parois du thorax sont œdémateuses, et une ecchymose se montre sur la région lombaire. Tantôt, le blessé reste étendu sur le dos, le décubitus latéral droit ou gauche lui étant également pénible ; tantôt, il se couche sur le côté atteint, pour laisser toute liberté d'action à l’autre côté, qui doit à lui seul assurer l’hématose.
Vient-on à pratiquer la percussion, matité dans toute l'étendue occupée par l’épanchement et bruit skodique sous la clavicule ; à l'oreille, suppression du murmure vésiculaire dans la région mate, souffle et quelquefois résonnance amphorique au-dessus, quelquefois même (Réteaud) égophonie à la surface liquide ; abolition des vibrations thoraciques, élargissement des espaces intercostaux du côté malade, respiration supplémentaire du côté sain.
Tels sont les signes de l’épanchement pleural, auxquels nous devons ajouter comme caractéristique de l’hémothorax : rapidité extraordinaire de formation de l’épanchement, les signes physiques en prouvant l'existence, la rapidité de son apparition en faisant reconnaître la nature.
Tels sont les phénomènes qui accompagnent la formation de l’hémothorax ; mais, si les choses se passent toujours ainsi, tout d’abord, la scène se change bientôt, sui-
vant que l'épanchement va s’enkyser et se résorber, ou bien s’il détermine l'irritation de la plèvre.
Supposons qu'il doive se résorber. Les symptômes de pénétration, tout aussi violents au début, vont s’amender graduellement. A partir du cinquième jour environ, ils vont diminuer d'intensité ; de jour en jour, le mieux va se prononcer, et le blessé va marcher rapidement vers la guérison.
Au contraire, l’épanchement doit-il s’altérer au lieu de s’amender”? Les symptômes augmentent de gravité de jour en jour, jusqu’à ce que la septicémie vienne terminer la scène en entraînant la mort du malade, avec son cortège de symptômes ordinaires : frissons erratiques, élévation considérable de température, etc., etc., ainsi que cela a été observé chez le sieur Réteaud.
Ajoutons que, même au milieu des accidents les plus graves, les choses peuvent tout-à-coup s’amender, soit qu’une vomique vienne débarrasser par les bronches la plèvre du liquide qui l’irrite, soit qu’il se forme un abcès, qui, à un moment donné, vient s'ouvrir dans les parois thoraciques.
5° La blessure intéresse les vaisseaux, la plèvre et le poumon. — Nous n'avons pas la prétention de faire, ici, l’histoire des plaies pénétrantes de poitrine; ce serait d’abord sortir du cadre que nous nous sommes tracé et, d’un autre côté, ce sujet a été traité par trop d’auteurs éminents pour que nous osions risquer la comparaison. Nous nous contenterons donc, pour être complet, d’en rappeler les principaux symptômes et les principales complications.
Les symptômes des plaies pénétrantes du poumon sont divisés par tous les auteurs, en signes physiques et signes rationnels.
MS Dies
Parmi les signes physiques, nous citerons la dyspnée, l'écoulement du sang, qui, ainsi que nous l'avons vu, appartiennent aussi bien aux plaies pénétrantes simples, et enfin la sortie de l'air par la plaie extérieure, et l’hémoptysie, signe pathognomonique de lésion du poumon, mais qui malheureusement n’ést pas constant: témoin le fait du docteur Berchon, déjà rapporté par Velpeau, et qui a trait à un forçat, décédé à l'Hôpital maritime de Rochefort-sur-mer, chez lequel on trouva, à l’autopsie, et sans que rien eût pu en faire soupçonner l'existence pendant la vie, un bout de fleuret, long de 8 centimètres, fixé entre deux côtes par des ostéophytes, et traversant le poumon, dont il se trouvait séparé par des concrétions calcaires. Il est évident que les signes physiques ne présentent pas toujours les mêmes caractères : tantôt l’hémoptysie se présente avec une gravité tout exceptionnelle, quand, par exemple, un gros vaisseau a été atteint: tantôt elle consiste en une évacuation de salive, légèrement teintée de sang. Remarquons encore que quand la plaie est très étroite, sinueuse, l'issue de l'air par la plaie peut très bien ne pas exister. Dans ce cas, les symptômes se bornent à un léger crachement de sang.
Ajoutons de suite que dans le cas que nous envisageons, les vaisseaux mammaires internes étant intéressés, nous devons avoir à la fois les signes de l’hémorrhagie et ceux de la plaie pénétrante, soit un hémo-pneumothorax reconnu à la matité, abolition des vibrations thoraciques, souffle amphorique, tintement métallique et bruit d’airain, et enfin la succussion hippocratique, pratique que l'on fera aussi bien d’omettre, car elle n’est pas sans quelque danger.
De plus, à la suite de la blessure, il peut se déclarer une