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pneumonie traumatique, complication redoutable, en ce sens qu'elle vient se greffer sur un état général déjà bien assez grave. Quant aux symptômes rationnels, ce sont ceux qui accompagnent tout traumatisme violent : pâleur, petitesse du pouls, tendance aux syncopes, etc., etc., et que nous avons dèjà signalés.
6° Le cœur ou le péricarde sont atteints. — Si l’on se rappelle ce que nous avons dit, au chapitre de l’Anatomie, on voit que l'artère mammaire interne passe du côté gauche sur le péricarde au niveau du quatrième et du cinquième espace intercostal. Il en résulte que Partère peut parfaitement verser du sang dans la cavité péricardique quand elle a été ouverte au-dessous du vaisseau. C’est ce qui a lieu dans l'observation de Larrey. Or, que se passe-t-il, en pareil cas ? Tantôt le sang est fluide, tantôt il est pris en caillot, accompagné de sérosité. Dans l’un ou l’autre cas, les accidents sont également redoutables : c’est d’abord une irritation du sac péricardique, produisant rapidement une péricardite, s’annonçant par une exacerbation subite des troubles fonctionnels, de la fièvre, et les signes physiques d’un épanchement dans le péricarde, péricardite qui, le plus souvent, entraine la mort du sujet par obstacle mécanique apporté aux fonctions du cœur.
On la reconnaïîtra à une douleur dans la région précordiale, de l'anxiété de la même région, des palpitations revenant par accès et s’accompagnant d’irrégularité dans le pouls ; joindre à cela l’augmentation de la matité du cœur, l’affaiblissement ou l'abolition des pulsations, quelquefois une voussure assez prononcée de la région, enfin, un bruit de frottement s’entendant aux deux temps de la révolution cardiaque ; puis, plus tard, éloignement et affaiblissement
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des bruits du cœur, et bruit de moulin signalé par les auteurs comme caractéristique d’un hémopéricarde.
Que le cœur lui-mème vienne à être lésé, les symptômes spéciaux des blessures du cœur vont venir se grefler sur ceux déjà signalés et rendront le diagnostic encore plus obscur. Dans ce eas, la production de lhémopéricarde se fera avec une rapidité extraordinaire, étant donné que non seulement la blessure artérielle y déversera le liquide sanguin, mais encore que cette issue se fera directement du cœur lui-même. Le sang, a-t-on dit, sera noirâtre s’il provient du ventricule droit, rutilant s’il provient du ventricule gauche ; on comprend, au milieu des lésions concomitantes, combien de variétés du rouge clair au noir pourra présenter le sang mélangé à celui des artères et des veines et encore à celui du poumon ; c’est donc là un caractère sur lequel il ne faut guère s’appesantir. Autrement concluante sera la déduction tirée de la direction de la blessure et l’examen de l’arme, qui pourra indiquer à quelle profondeur elle a pénétré. La syncope, les faiblesses, l’irrégularité du pouls, les symptômes généraux déjà signalés sont des signes communs à toutes les plaies de poitrine, qu’elles soient pénétrantes simples ou pénétrantes compliquées ; aussi ne saurions-nous les invoquer pour porter un diagnostic précis. Les signes les plus constants sont encore les troubles circulatoires. Les battements du cœur sont généralement tumultueux ; puis viennent les palpitations, l’irrégularité dans les contractions, et enfin la diminution d'intensité de choc du cœur survenant avec la formation rapide d’un hémopéricarde. Signalons encore le bruit du susurrus analogue à celui de l’anévrisme artérioso-veineux, signalé par la plupart des auteurs, et qui cesserait si un caillot vient obstruer la plaie du cœur, et enfin le bruit de moulin dont Bouillaud nous a appris la valeur diagnostique.
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On voit, au milieu de tous ces symptômes, combien il est difficile de s’y reconnaître et de porter le véritable diagnostie: on comprend, dès lors, comment des chirurgiens éminents comme M. Laurencin, par exemple, ont pu eraire à une blessure du cœur et ne pas songer un seul instant à la lésion d'une veine mammaire interne, ainsi que cela à eu lieu dans notre première observation. étant donné surtout que la plaie siégeait à gauche dans le quatrième intercostal. À cette époque, du reste, les observations étaient bien restreintes, circonstance qui explique d'autant mieux l'erreur, qu'elle n'a pas été commise dans le second cas survenu tmis semaines après, au moment où toute l'École de médecine navale se trouvait encore sous l'impression causée par le cas intéressant du sieur Réteaud.
7° Il y a hémo-médastin. — Nous ahonions là dernière des complications dont nous parlerons dans notre travail.
La disposition anatomique et la délimitation de la région des vaisseaux mammaires telle que nous l'avons établie , nous montre la possibilité d’une telle éventnalité. Elle est prouvée, du reste, par une des observations empruniées à M. Tourdes.
lei, comme dans tous les cas envisagés précédemment, on le comprend facilement, il nous faudra compter avec deux facteurs : d'une part, l'hémorrhagie artérielle ou veineuse, avec tous les phénomènes qui l'accompagnent, et ensuite l'épanchement sanguin, qui oceasionnera prinoïpalement des phénomènes de compression. Cette compression portera tout d’abord sur la région tout entière, dont elle pourra entrainer la déformation, puis elle agira sur les organes contenus dans la cavité médiastine. Nous aurons donc affaire, suivant les cas, à la compression des vaisseaux arteriels Qu veineux, des