‹ Étude sur la blessure des vaisseaux mammaires internesChapitre 14 sur 22 · MARCHE, DURÉE, TERMINAISON · texte numérisé non relu

MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

On ne peut guère fixer de limites bien précises à la durée d’une blessure des vaisseaux mammaires. On conçoit, en effet, que, de la simple piqüre d’une veine mammaire interne à une section de tout le paquet de vaisseaux compliquée de plaies du poumon, du cœur ou du médiastin, il peut y avoir une grande différence, que la lésion se termine par guérison ou par mort du sujet. Si nous prenons pour base les quatorze observations que nous rapportons ici, nous trouvons quatre morts rapides, trois morts à la suite d'accidents prolongés, trois morts après empyème, une mort après ligature ; enfin, une guérison prompte, une à la suite d’accidents graves, mais sans opération, et enfin trois guérisons par l’empyème consécutif. La durée de la maladie a donc été comprise entre quelques heures et cinq mois environ. Ce qui prouve indubitablement qu'elle est essentiellement subordonnée à l’existence ou à l’absence de telle ou telle complication.

Quant à la marche de la lésion, elle est celle de toute plaie des vaisseaux, c’est-à-dire que, sans l'intervention de l’art, l’hémorrhagie aura promptement amené la mort.

La terminaison de ces blessures se résume en deux mots : guérison ou mort. Il pourra y avoir guérison si, appelé de suite et sans perdre de temps, le chirurgien reconnaît qu’il a affaire à une lésion des vaisseaux mammaires et que, immédiatement, il puisse enrayer, par un

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procédé certain, l’hémorrhagie, avant que les complications redoutables amenées par l’épanchement aient eu le temps de se produire. Nous parlons, bien entendu, des cas où aucune autre lésion concomitante ne viendra aggraver la situation. Pour en fournir la preuve, nous citerons le cas de Boyer, où l'artère mammaire interne, blessée dans une opération sur le sternum carié, fut immédiatement liée sur place, sans autre accident. Quand la scène doit se terminer par une issue fatale, la mort peut survenir soit par labondance de lhémorrhagie, soit par un abcès du médiastin, soit encore par labondance de Fépanchement pleural, ou sa décomposition, qui entraine la pyohémie. La mort peut être le résultat de l’asphyxie produite par laccumulation du sang dans la cavité pleurale, d'autant plus que cette asphyxie se trouve facilitée par l'affaiblissement considérable que détermine lhémorrhagie. Une syncope peut aussi déterminer l'issue fatale. Ajoutons à toutes ces causes, la pleurésie produite par la stagnation de l’épanchement et enfin une pneumonie où une péricardite concomitante. Hâtons-nous d'ajouter, cependant, que toutes ces complications n’entrainent pas toujours, et fatalement, la mort du blessé. Plusieurs observations nous montrent, en effet, que, même après des accidents très graves et des complications très sérieuses, la guérison définitive peut encore se produire. [l ne faut donc pas désespérer ; il faut lutter jusqu'au bout pour placer le malade dans les meilleures conditions possibles de résistance, tant au physique qu’au moral.

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